Notre chroniqueur Driss Ghali répond à ceux qui l’accusent de « taqiyya » dans les commentaires


On dit souvent que la France a la droite la plus bête du monde. Ce n’est peut-être pas complètement faux à en juger par l’engouement d’une partie du peuple de droite pour la notion de taqiyya. Pour les islamistes, pratiquer la taqiyya(1) revient à se faire passer pour un musulman inoffensif voire assimilé dans l’espoir d’infiltrer entreprises, associations et administrations. Une fois en place, le masque tombe et la dissimulation cède la place à l’activisme voire à la violence. De ce que je lis sur les réseaux sociaux, la panique s’est emparée d’une part croissante des sympathisants de droite qui croient déceler des indices de taqiyya chez tous les musulmans de France qui s’arrêtent au feu rouge et paient leurs impôts. Comme s’il valait mieux cracher par terre et taxer des cigarettes aux passants pour passer inaperçu.

L’islamisme n’a plus besoin de se cacher en France

Craindre la taqiyya en 2019 témoigne d’une lecture tout à fait erronée de la réalité. C’est se tromper d’époque car le processus d’installation de l’islamisme en France est bien plus avancé que ce que l’on croit. En effet, seuls les faibles utilisent la dissimulation et la duplicité. Et l’islamisme lui n’est ni faible ni fragile, il n’a donc plus besoin de pratiquer l’entrisme. D’ailleurs, tous ceux qui osent lui marcher sur les pieds vivent sous haute protection policière.

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La taqiyya a peut-être été utile dans les années 1980 et 1990 lorsque l’islamisme était encore marginal. Désormais, il est devenu un fait de société incontournable. Plus besoin de se cacher, les islamistes se pavanent librement et sans complexe, protégés par les idiots utiles – les progressistes et les élus clientélistes des banlieues – et la racaille qui sanctuarise les territoires perdus de la République.

Plus fort encore que la taqiyya, le concept d’islamophobie

Les islamistes n’ont plus besoin de pratiquer la taqiyya, ils ont trouvé mieux : l’islamophobie. Ils savent très bien que cette accusation tétanise les Français comme le venin du serpent paralyse sa proie.

Pas besoin de taqiyya pour déconstruire la France. Pas besoin de dissimulation pour la dominer. Il suffit d’exhiber un voile lors d’une sortie scolaire, de refuser de serrer la main à une femme ou de se réjouir ouvertement des attentats commis au nom de l’Islam : aucune de ces provocations n’engage la réponse adéquate. Tout le monde a peur de se faire traiter d’islamophobe. Cracher sur le drapeau et sur le peuple français constitue ainsi le crime parfait : il est impuni et vous attire même la sympathie de progressistes, trop ravis de voir un supplétif détricoter ce qui reste de la France d’avant.

Laxisme généralisé

La chienlit actuelle est due à la désertion des Français et non à la bravoure de leurs ennemis. Un rappeur ose appeler au viol des femmes blanches parce qu’il sait qu’aucun homme ne lui arrachera le micro. Un imam salafiste fait l’apologie du terrorisme parce qu’il sait qu’il ne sera jamais reconduit à la frontière. À croire que les Français préfèrent mourir égorgés que d’être taxés de racistes ou d’islamophobes.

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Plus j’entends le peuple de droite (auquel je m’identifie à plus d’un titre) crier à la taqiyya, plus je pense à ce mari cocu qui découvre sur le tard que sa femme a passé sa vie à le tromper et qui décide de se méfier de tous les hommes qui fréquentent sa maison : le facteur, le jardinier, le livreur de pizza, ses propres frères et amis… C’est peine perdue. Il ferait mieux de divorcer et d’aller refaire sa vie.

Eh bien c’est peut-être cela que devraient faire les Français révoltés par la trahison de leurs élites. Ils devraient demander le divorce et en tirer toutes les conséquences. Leurs élites les ont faits cocu depuis quarante ans en introduisant de manière massive un lumpen prolétariat musulman porté à incandescence par l’intégrisme. Elles ont permis l’implantation d’une civilisation islamique en métropole au point où la France envoie aujourd’hui autant de pèlerins à la Mecque que le Mali et le Sénégal réunis (22 000 en 2017) ! A ce rythme, Paris pourra bientôt exiger un siège à l’Organisation de la Coopération Islamique !

Musulmans, islamistes et gladiateurs de pacotille criant taqiyya sur Facebook

Au lieu de se remettre en question, le mari cocu passe ses nerfs sur ses voisins les plus aimables et bienveillants. Ceux qui ne lui veulent que du bien. Bien à l’abri derrière un clavier et un pseudo, ce gladiateur de pacotilles crie « taqiyya ! » sur les réseaux sociaux comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo. Protégé par son anonymat, il extériorise un racisme bête et stérile, nourri de l’idée que le musulman est traître et dissimulateur par essence.

C’est à croire que les délinquants et les islamistes ont gagné la bataille de la communication puisque personne ou presque ne se souvient des nombreuses marques de loyauté données par les musulmans à la France. Des preuves teintées de sang qui habitent les livres d’Histoire et les mausolées à la gloire des anciens combattants.

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Pendant la Seconde guerre mondiale, goumiers et tirailleurs sont morts pour la France. Mon propre grand-père s’est retrouvé prisonnier dans un camp nazi en pleine Forêt Noire. Il avait 18 ans, faisait ses cinq prières quotidiennes et avait rejoint l’armée française volontairement. Sa carte d’ancien combattant était sa plus grande fierté.

Ces musulmans attachés à la France

Il a failli partir en Indochine en 1948 mais sa femme l’en a empêché. De 1948 à 1954, les Marocains, par milliers, se sont portés volontaires pour défendre le drapeau tricolore au Vietnam et au Laos. Un certain Oufkir s’infiltrait derrière les lignes ennemies en se faisant passer pour un déserteur. Et une fois au contact des rebelles viêt-minh qui ne se doutaient de rien, il canardait tout le monde sans la moindre hésitation. Alors qu’Oufkir et d’autres musulmans risquaient leur vie pour la France, des dockers de la CGT et le PCF sabotaient l’effort de guerre en métropole.

Durant la Guerre d’Algérie, il y avait plus de musulmans sous le drapeau français que dans les rangs de FLN. Ils étaient 200 000 appelés musulmans, harkis et autres supplétifs contre à peine 30 000 combattants FLN. Un rapport d’un à six ! Malheureusement, la droite française (au pouvoir en 1962) a honteusement abandonné ces justes qui ont cru dans le mirage d’une Algérie Française.

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Ces musulmans-là étaient des héros. Des héros au service de la République Française. Ils l’ont prouvé dans les terres froides d’Europe, dans la jungle tropicale et dans le maquis algérien. Qui s’en souvient encore ? Quelle ville de France prend la peine de nommer des rues et des places en leur mémoire ?

Aujourd’hui, les musulmans qui ont encore de la testostérone et un attachement à la France sont attaqués de toutes parts : les racistes d’une certaine droite les accusent de duplicité tandis que les islamistes les qualifient de traîtres. Tout cela, sous le regard bovin des progressistes qui croient que tout sera résolu par le dialogue et les allocations familiales.

Si la droite française renaît un jour de ses cendres, elle devra faire une place à toutes les bonnes volontés prêtes à former un front uni contre l’islamisme. La droite n’a rien à gagner des racistes et des xénophobes, ils ont raté leur chance de s’opposer à l’islamisation du pays. Ils font partie du passé. Place à la relève maintenant.

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Driss Ghali
Ecrivain et diplômé en sciences politiques, il vient de publier 'Mon père, le Maroc et moi" aux Editions de l’Artilleur ainsi que "David Galula et la théorie de la contre-insurrection" aux Editions Complicités.
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