« Non, rien de rien, non, je ne regrette rien
Ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal
Tout ça m’est bien égal
Non, rien de rien, non, je ne regrette rien
C’est payé, balayé, oublié, je me fous du passé »

Pour qui chanterait aujourd’hui la môme Piaf: pour l’Unesco qui biffe les noms hébreux des monuments de Jérusalem et d’Hébron ? Pour l’ONU qui, rien de rien, soulève une bronca à l’annonce du déplacement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, capitale d’Israël ? Pour les Israéliens, qui, à leur manière, ne s’inclinent pas devant des siècles de persécution ?

Yerushaläyim, un nom gaulois

Ce n’est peut-être pas une raison pour accorder par un silence assourdissant nos voix occidentales à celles de la populace qui tonitrue dans les pays arabes : que Jérusalem n’est pas plus juive qu’Israël dont on peut toujours se demander d’où provient l’invention.

Selon nos savants, il est bien évident que Yerushaläyim n’a jamais été juive comme l’atteste le fait, vérifié par moult historiens, que David, pas plus que son fils Salomon, n’était juif. Des études sérieuses démontrent que ces deux rois, ou prétendus tels, qui certes s’installèrent dans ce village, étaient originaires de la Gaule d’où David émigra avec son jeune fils, né très probablement en ce lieu qui aujourd’hui porte le nom d’Ambert, à moins que ne ce fût Issoire selon certains.

Jérusalem n’est donc pas plus juive, à supposer qu’elle le fut un jour, que les deux bourgades précitées n’appartiennent au royaume de Sion. Une histoire de copains lourde de sens. Pas plus que Poitiers ne saurait être rétroactivement attribuée aux Omeyyades. Que l’on se rassure donc dans les chaumières.

Au pied du mur

Si tant de mahométans réclament aujourd’hui Jérusalem en lui déniant le droit d’être juive, c’est bien qu’ils en firent jadis la conquête et y imposèrent leur loi après celle des Romains. Ces derniers avaient précipité sur les chemins de l’exil les Juifs survivants de l’anéantissement de leur ville par Titus, après une résistance acharnée. Raccourci historique, bien sûr. On ne saluera jamais assez la valeur militaire de cet Islam qui prit avec vigueur la suite de ce ratiboisage. Qui fait penser à Erdogan déclarant: « les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats. » C’est bien dit de la part du président d’un grand pays membre de l’OTAN.

D’ailleurs, oui, d’ailleurs, les Juifs ne possèdent là-bas, en Israël, qu’un mur. Et encore, à y regarder de plus près, ce vestige des vestiges du Temple de Salomon reconstruit par Hérode, ne serait, après tout, que la sous-fondation de l’esplanade radieuse (qu’ils entretiennent) de la mosquée d’Al-Aqsâ dont les titres de propriété sont autrement plus solides.

N’est-il pas écrit dans la sourate Al-Isrâ ou Banû Isrâ’Îl (17-1) (je cite la traduction d’André Chouraqui) :

« Louange à celui qui a transporté
son serviteur de nuit
de la Mosquée interdite
à la Mosquée Al-Aqsâ
[…]
nous avons décidé pour les fils d’Isrâ’îl,
dans l’Ecrit :
« Vous serez détruits deux fois sur terre,
puis vous vous élèverez en grande élévation. »

Pour la destruction promise, c’est, reconnaissons-le, assez prophétique. Même si certains (trop nombreux pour être tous cités sans faire de jaloux) trouvent cela encore insuffisant. Mais, en ce qui concerne Al-Aqsâ, il n’est pas du tout prouvé que cette dernière ait été située à Jérusalem pour Mohamed. En témoigne, notamment, l’article d’Ahmed Mohammed Arafa, chroniqueur de l’hebdomadaire égyptien Al-Qahira (5 août 2003). L’auteur y soutient que la sourate, dite « Du voyage nocturne », ne fait pas référence au voyage miraculeux de La Mecque à Jérusalem, mais à l’émigration du prophète (Hégire) de la Mecque à Médine. Le prophète s’était bien tourné pour prier vers Aelia (Jérusalem), ville de culture juive, mais Jérusalem n’avait pas encore été conquise par les musulmans. Il se serait alors détourné de cette direction pour la prière (quibla) pour s’orienter de Médine vers la mosquée, « la plus lointaine » (Al Aqsâ) soit celle d’Al Haram à La Mecque.

Pierres de détail

Ce serait à des fins politiques que bien plus tard, le calife Abd El-Malik fit construire une nouvelle mosquée à Jérusalem comme nouveau lieu de pèlerinage dans le but de détourner le peuple des pèlerins de La Mecque alors dominée par son rival Ibn Al-Zubayr Marwan.

C’est toujours à des fins politiques qu’est utilisée Al-Aqsâ aujourd’hui contre Israël. C’est ainsi que son esplanade recèle des réserves de pierres destinées à canarder les fidèles juifs rassemblés au pied du Kotel: une tradition.

L’Unesco ne moufte pas sur la question, « pierre qui roule n’amasse pas mousse » pourrait être sa devise. Comme nous le laissions entendre, il ne resterait plus alors aux mânes de Salomon qu’à s’en retourner à Ambert ou à Issoire, en même temps. Mais n’est-ce pas là un détail ?

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