Partir à la conquête de l’Amérique latine, voilà la solution à la crise migratoire!


Ils arrivent et ils seront toujours plus nombreux, c’est inéluctable. Soyez prêts chers amis, car les cinquante prochaines années, des millions d’Africains se rueront vers l’Europe. L’Europe, ce vieux continent, ce vieux monde raciste et misogyne qui mérite tant d’expier ses péchés. La purge a déjà commencé : « votre monde se termine », s’est réjoui la brillante Maboula Soumahoro a la télé. On n’arrête pas le progrès.

Risquer la soif pour venir en France

C’est marrant, mais notre vieille France raciste, misogyne et tout ce qu’on veut reste le centre des attentions de la jeunesse d’Afrique. Dans les banlieues de Kinshasa ou de Khartoum, des jeunes hommes reliés au monde grâce à la 4G rêvent de liberté et de centres commerciaux. Sont-ils masochistes au point de braver le Sahara afin de venir dans notre pays peuplé de beaufs négrophobes ?

Madame Maboula Soumahoro affirme n’avoir « aucune gratitude à exprimer » au pays où elle mange visiblement bien. Si elle y est si malheureuse, je lui suggérerais d’en partir pour laisser sa place à un autre. Fût-il un Noir du Darfour, cet « autre », je suis convaincu que les Français n’y verraient aucun problème, pour une raison simple: les Français aiment les étrangers qui aiment la France.

Pourquoi pas l’Amérique latine?

J’ai moi même quitté la France. J’ai vécu ailleurs plusieurs années et j’y suis revenu. Je sais tout ce que je dois à mon pays et je suis redevable à Dieu, s’il existe, d’y être né et d’y avoir été instruit. Malgré tout le mal que la France leur aurait fait, les disciples de Maboula Soumahoro n’en partiront jamais. Et pour cause: où iraient-ils ?

J’aurais bien une idée de destination: l’Amérique latine. Cinq siècles après Amerigo Vespucci, des dizaines de milliers de conquérants africains naviguant à bord de bateaux gracieusement affrétés par des associations humanistes, avouons que ça en jetterait. Peut-être que Maboula Soumahoro pourrait se tailler une place dans un des navires parmi les «siens». Mais sans doute a-t-elle trop peur de perdre le confort matériel et les honneurs des médias que lui offre le pays qui la malmène tant.

Une revanche sur le commerce triangulaire

Le Parti Communiste Français plaide pour un «accueil digne des réfugiés». Pourquoi ne pas faire, tel Christophe Colomb, escale à Cuba? Imaginez la terre de Fidel accueillir tous ces damnés d’Afrique et d’Orient. La grande utopie internationaliste concrétisée face à l’hydre capitaliste. Trop petit pensez-vous ? Le vaste Venezuela, autre gloire du socialisme regorge de richesses qui ne demandent qu’à être valorisées. Son président devrait être ravi d’accueillir ce flot d’opprimés.

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Cette nouvelle conquête de l’Amérique sonnerait l’heure de la revanche sur le commerce triangulaire. Le Brésil ayant été le dernier pays d’Amérique à abolir l’esclavage, ne devrait-il pas lui aussi expier ses pêchés ? Ainsi, des dizaines de milliers d’ «Autres» gambaderaient dans les contrées de Jair Bolsonaro. Lors d’une visite en Arabie Saoudite à la fin du mois d’octobre, ce dernier a déclaré: « je pense que tout le monde aimerait passer un après-midi avec un prince, principalement vous les femmes ». N y a-t-il pas là une formidable occasion pour le petit capitaine d’initier son pays aux délices de l’islam? Imaginez les Brésiliennes troquant bikinis pour djilbabs et niqabs, sous les yeux doux de jeunes barbus en djellaba sur la plage de Copacabana.

Curieusement, je doute que malgré leur beaux discours humanistes, les Raul Castro, Maduro ou autres belles âmes latinos soient disposées à accueillir les damnés d’Afrique. Moi qui pensais que le communisme avait vocation à protéger tous les opprimés de ce bas monde, je me suis fait avoir en beauté.

La France reste la terre sainte

Reste le catholicisme. Les migrants seraient «l’image du Christ qui frappe à notre porte», a déclaré le Pape François en mars dernier. L’Amérique latine est la terre catholique par excellence. L’Argentine du Pape François pourrait montrer la voie. Ce pays immense aurait largement la place d’accueillir des milliers de Christ. Ces dernières décennies pourtant, il ne semble guère que l’Argentine soit la terre de prédilection des migrants. De même pour le Mexique ou le Brésil. Très sincèrement, je doute que les habitants de ces pays soient aussi ouverts que nous à l’accueil des migrants d’Afrique. Je doute qu’ils estiment que les accueillir leur garantira une place au Paradis. Je doute que ça en fasse pour autant de mauvais catholiques.

Il faut donc s’y résoudre: la terre sainte des migrants d’Afrique, c’est chez nous. La France, terre islamophobe qui accueille des dizaines de milliers de musulmans chaque année. La terre raciste qui accueille des dizaines de milliers d’Africains. Et en plus, la terre qui laisse Maboula Soumahoro exprimer ses diatribes à la télévision. La terre dont les autochtones sont de bonne composition finalement. N’en déplaise aux adeptes des jérémiades, notre pays reste fidèle à sa réputation de patrie des Droits de l’homme, et son peuple reste sans doute l’un des moins xénophobes au monde. Pourvu que ça dure…

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Alexis Brunet
est professeur.
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