Grâce à ses interventions hebdomadaires sur RMC et CNews, il est devenu incontournable dans le débat public! Le fondateur d’Avocats Sans Frontières vient carrément de créer sa propre Web TV, www.goldnadel.tv pour satisfaire ses fans. Un site de VOD (Video On Demand) sans publicité ni aide publique, et qui vit grâce à un principe de « souscription de soutien », à la discrétion de chaque abonné. Au programme de la chaîne chaque jour, un édito politique signé alternativement Gilles-William Goldnadel, Jean-Patrick Grumberg, Guy Millière et Yves Mamou. Loin, très loin du politiquement correct. Entretien avec une véritable star médiatique.


Causeur. Pourquoi avez-vous lancé votre Web TV ?

Gilles-William Goldnadel. Pour contrebalancer l’ostracisme des chaînes publiques! Alors que la loi oblige en théorie les médias d’Etat à donner la parole à toutes les sensibilités politiques du pays, je ne suis jamais invité ni sur Radio France ni sur France Télévisions. Un bannissement subi par de très nombreuses voix à droite, telles que l’universitaire Guy Millière, l’ancien journaliste du Monde Yves Mamou, ou Jean-Patrick Grumberg, bien connu des lecteurs de Dreuz, qui tous ont trouvé asile sur Goldnadel TV.

L’humoriste Pablo Mira n’a jamais été rappelé à l’ordre quand il a évoqué sur France Inter « l’espoir » que Donald Trump soit « assassiné avant son investiture »

Bref, n’en déplaise aux partisans d’une « société ouverte » et d’un « nouveau monde », il y a, en 2019, davantage de pluralisme sur les chaînes d’Etat polonaises que dans l’audiovisuel public français…

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Ne devriez-vous pas vous plaindre auprès des autorités ?

Pour cela, il faudrait s’adresser au Conseil supérieur de l’audiovisuel, seule juridiction compétente en la matière. Or je n’ai pas suffisamment de recul s’agissant de son nouveau président, Roch-Olivier Maistre, nommé en février dernier. Mais je peux vous dire qu’avec son prédécesseur Olivier Schrameck, ne telle requête n’aurait jamais abouti.

En êtes-vous certain ?

Oui, ce haut fonctionnaire de gauche, qui fut le directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon, se montrait aussi impitoyable envers les radios et TV privées que laxiste avec les chaines publiques. Ainsi, sous son mandat, l’émission « Les Grandes Gueules » sur RMC, dont je suis un sociétaire, a été mise en demeure suite à une plaisanterie sur le physique de Nafissatou Diallo. Tandis que l’humoriste Pablo Mira, lui, n’a jamais été rappelé à l’ordre quand il a évoqué sur France Inter « l’espoir » que Donald Trump soit « assassiné avant son investiture ». Par une sorte de paradoxe dont on comprend bien le soubassement idéologique, le gendarme des ondes veille à ce que l’argent de la redevance soit intégralement mis au service de la pensée unique.

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En a-t-il toujours été ainsi ?

J’ai connu une époque moins sectaire. Ainsi, quand le regretté Dominique Baudis était président du CSA, je lui avais écrit au nom d’un syndicat d’enseignants de tendance conservatrice pour m’étonner que seuls les représentants de la FEN soient conviés sur les chaines publiques. Très vite après, une circulaire a été émise par le CSA invitant à plus de pluralisme. Je crains hélas que cette époque de fair-play soit révolue.

Si l’on vous comprend bien, c’est dans un but purement symbolique que vous venez de déposer plainte devant le CSA contre Yassine Belattar, pour avoir appelé Jean-Michel Blanquer, sur RFI le 22 octobre dernier, à ne pas « mettre les pieds » en Seine-Saint-Denis?

Oui, mes chances d’avoir gain de cause sont faibles. Et je tiens à préciser que je n’aurais pas intenté cette action si Yassine Balattar n’était pas un ami du chef de l’Etat, si RFI n’était pas une chaîne publique et si Eric Zemmour ne faisait pas, au même moment, l’objet de toutes les attentions du CSA, qui a carrément communiqué au parquet son discours à la Convention de la droite. Devant tant d’énergie et de mauvaise foi déployées par nos adversaires, il fallait quand même réagir un tant soit peu.

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