Tout le monde connait l’expression: « En France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées »…


En France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ? Ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a plusieurs dizaines de sites d’extraction de pétrole brut en activité, principalement dans le bassin parisien, en Auvergne et en Alsace. À Nonville, petite commune située au sud de la Seine-et-Marne, à 64 kilomètres à vol d’oiseau de Paris, la société Bridgeoil, exploite, depuis 2015, deux puits. Elle demande l’autorisation de forer dix puits supplémentaires, au grand dam des riverains.

En effet, ce site est à proximité immédiate d’un centre équestre et d’une ferme détenue par un négociant en paille. Les premières habitations sont à moins de 150 mètres. Le risque d’incendie est la première crainte évoquée par le maire, Gérard Balland. « Certes le pétrole est pompé par 1500 mètres de fond, mais on n’est pas à l’abri d’un accident, explique-t-il, d’autant que le fait d’aller forer à cette profondeur amène à la surface des odeurs d’œufs pourris dues au sulfure d’hydrogène (H2S), gaz toxique et fortement irritant à haute dose. » Depuis le 28 septembre dernier, un dispositif anti-odeur a été mis en place mais on constate encore de fortes odeurs, selon les voisins. Ces nuisances seraient multipliées par quatre avec les puits supplémentaires. Autres nuisances: le bruit des balanciers des derricks qui supportent les tiges de forage. « Ils seront remplacés ensuite par des pompes de fond mais il y en a bien pour un et demi an de travaux, 24/24, 7/7 », explique Monsieur Balland. Le conseil municipal s’est prononcé contre le projet, à l’unanimité.

Côté environnemental, on s’inquiète aussi de la proximité de zones humides classées et de massifs forestiers protégés. On est à quatre kilomètres de la forêt de Fontainebleau. Selon son propre rapport, Bridgeoil déclare que « les impacts sur les eaux souterraines sont jugés moyens à faibles. » Le site d’exploitation pétrolière chevauche une des plus importantes sources d’eau potable de la région parisienne qui fournit directement par aqueducs plus de 300 000 Parisiens en eau potable. Une enquête publique a été ouverte et une pétition circule, les citoyens se mobilisent. La décision finale sera prise par le préfet courant 2021. Entre l’eau et le pétrole, est-ce qu’il va se mouiller ?

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