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Et Macron fit sangloter Yann Wehrling…

Il l’a viré comme ça, sans un mot de remerciement

Et Macron fit sangloter Yann Wehrling…
Yann Wehrling lors d'un congrès du MoDem, Paris, 2017 © Jacques Witt / Sipa/SIPA Numéro de reportage : 00836467_000014

Depuis 2018, Yann Wehrling était ambassadeur à l’environnement. Mais comme il soutient Valérie Pecresse plutôt que Laurent Saint-Martin aux élections régionales en Ile-de-France, on a mis fin à ses fonctions le 9 juin.


Au XIXe siècle, les explorateurs européens débarquaient sur les côtes africaines avec des malles remplies de verroterie. Pour se faire bien voir et respecter, ils en distribuaient aux bons sauvages. Ces derniers, séduits par cette pacotille brillante et multicolore se prosternaient, éblouis, devant leurs futurs maîtres blancs. À l’époque moderne, cette touchante pratique n’a plus cours. La verroterie a été remplacée par des hochets et des breloques. Plus de bons sauvages mais des serviteurs loyaux et fidèles du président de la République. Et c’est Macron qui est le maître généreux de ces hochets.

Il y a deux ans, il en a octroyé un à Yann Wehrling en le nommant ambassadeur chargé de l’environnement. On ne sait pas à quoi ça sert mais à une époque où on a vu Ségolène Royal occuper la fonction d’ambassadrice auprès des pingouins de l’Arctique et de l’Antarctique, il ne faut s’étonner de rien. Yann Wehrling avait tout fait pour mériter ce poste. Il avait été secrétaire général des Verts, puis était allé faire un tour au MoDem. Puis, avait rallié la macronie. Ce qui lui avait donc valu de devenir ambassadeur chargé de l’environnement.

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Mais trop sûr de lui, il a pris quelques libertés avec son maître. Il a, le malheureux, annoncé son soutien à la candidature en Ile-de-France de Valérie Pécresse. Ensuite, de plus en plus inconscient, il a fondé un groupuscule du nom de Parti de la nature dans le but de titiller les climatosceptiques de LREM. Ça n’a pas traîné et son destin a été scellé rapidement. Il a été convoqué au Quai d’Orsay où on lui a sèchement signifié qu’on mettait fin à ses fonctions. Meurtri, Yann Wehrling a confié sa souffrance aux médias. Il s’est dit victime d’une « incorrection humaine ». Ça c’est bien vrai : Macron n’a pas trouvé le temps de l’appeler.

Dans le temps, on avait quand même plus de savoir-vivre. Quand un riche bourgeois voulait se débarrasser de sa bonne, il lui donnait ses « huit jours ». Le temps pour elle de plier ses tabliers et de ranger ses tenues de soubrette. Yann Wehrling n’a même pas eu ses huit jours. On reconnaît bien là l’immense goujaterie du président de la République…


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est journaliste et essayiste

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