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Comment les professeurs apprennent à désapprendre

L'inquiétant endoctrinement en cours...

Comment les professeurs apprennent à désapprendre
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, en visite à l'école élémentaire Richomme dans une classe de Ce1, Paris, le 16 Novembre 2021. © Jacques Witt/SIPA. Numéro de reportage : 01048946_000001

Il n’y a pas que les médias qui intoxiquent nos jeunes. L’école endoctrine bien nos enfants, quoi qu’en disent tous ceux qui sont tombés à bras raccourcis sur la dernière une du Figaro Magazine. Les déconstructeurs s’en foutent de ce que peuvent dire les médias réac, ils gagneront, car ils tiennent les programmes scolaires…


Voici comment nos futurs professeurs sont formés à l’idéologie LGBT, à la théorie du genre, et au wokisme en général

Sur son site, L’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires retranscrit une conférence donnée à l’ESPE (École supérieure du professorat et de l’éducation) de l’Académie de Paris intitulée “Enseigner l’égalité des sexualités : Penser les pratiques pédagogiques en terme de ruptures et de dilemmes”, et destinée aux professeurs en formation[1]. Cette conférence est en réalité une opération d’entrisme militant LGBT dans l’école via le déconstructivisme wokiste : il n’est plus seulement question de lutter contre les discriminations ou contre l’homophobie mais de déconstruire le monde de « celles et ceux qui incarnent la norme, à savoir les hommes, les hétérosexuels mais aussi les Blancs » qui ne respecteraient pas « ceux qui sont considérés comme différents, c’est-à-dire les LGBTQI, les non-Blancs, les filles et les femmes », assène Gaël Pasquier, maître de conférence en sociologie, enseignant à l’ESPE de Paris Est Créteil et présentateur de ladite conférence.

Leurs aînés en âneries sont aux manettes et considèrent la langue oppressive ou l’Histoire de France dégoûtante

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À bas l’hétérocentrisme

Après avoir critiqué l’Éducation nationale et ses « formulations problématiques » (L’École de la bienveillance, le Respect des différences, etc.) jugées trop complaisantes, Gaël Pasquier, s’aidant de diapositives écrites en écriture inclusive, arrive au cœur du sujet, c’est-à-dire l’objectif réel de cette formation destinée à « éveiller » les futurs professeurs : « Il s’agit de déconstruire un modèle social et idéologique, l’hétérosexisme qui stipule (sic) l’inégalité des sexualités et des orientations sexuelles ». Il faut donc « promouvoir à l’école des représentations positives d’autres sexualités que la sexualité hétérosexuelle » et « diversifier les représentations proposées aux élèves en termes d’agencements familiaux, sexuels ou sentimentaux », et ce dès « les premières années de la maternelle ».

Judith Butler, Francfort, Allemagne, 11 septembre 2012 © Thomas Lohnes/AP/SIPA, Numéro de reportage : AP21294249_000004

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Après avoir évoqué à plusieurs reprises Judith Butler, Gaël Pasquier présente aux étudiants-professeurs un livre qui s’intitule “Jean a deux mamans”. Ce livre s’adresse « à des enfants de trois ans pour parler d’homoparentalité », mais il y a un hic : « la maman qui porte l’enfant elle va faire de la cuisine et de la couture, et la maman qui l’a pas porté elle va être bricoleuse », ce qui reproduit un discours « hétéronormatif » alors même que ce type d’ouvrages est censé valoriser une vie en couple homosexuel débarrassée des normes imposées par une société « hétérocentrée », selon Gaël Pasquier. Ce dernier propose finalement d’utiliser ce livre pour « questionner cette représentation » et de le compléter par la lecture d’un autre livre édifiant intitulé “Mes deux mamans s’aiment comme un papa et une maman”, livre qui, précise l’orateur, « peut être lu dans des classes qui accueillent majoritairement des enfants qui ne sont pas issus de familles homoparentales ». C’est-à-dire dans toutes les classes (sauf si quelque chose m’a échappé, tout va tellement vite).

L’ESPE aux commandes

Cette conférence s’est déroulée en présence du directeur de l’ESPE de l’Académie de Paris et d’un inspecteur général, ce qui laisse à penser que ces formations sont connues et validées par le ministère de l’Éducation nationale. Les futurs professeurs sont donc formés à toutes les idéologies du moment dans le but d’endoctriner les enfants dès le plus jeune âge. Les manuels scolaires et les livres « recontextualisés » à l’aune de ces idéologies, les historiographies repentantes et décolonialistes, les formations à l’antiracisme racialiste, à l’écologie thunbergienne, à la théorie du genre, etc., empiètent considérablement sur la transmission des connaissances. Les enseignants sont formés à la déconstruction des stéréotypes de genre et aux luttes contre des discriminations le plus souvent fantasmées : « Privilège blanc », « blanchité », « intersectionnalité », « culture du viol », « hétérocentrisme », etc. sont des termes qui apparaissent maintenant dans les formations des professeurs. L’Académie de Poitiers liste sur son site les actions attendues, dont : « Inciter les garçons à se projeter dans des formations et dans des carrières du “care” et des sciences humaines » ; « Proposer des séances d’éducation aux médias pour amener les élèves à repérer et déconstruire les stéréotypes de genre, notamment dans les médias » ; « Repérer, acquérir et valoriser des ouvrages de littérature de jeunesse offrant aux élèves des modèles alternatifs à ceux emprunts de stéréotypes de genre » (sic) – magnanime, je ne retire que deux points à la copie académique pour avoir écrit « emprunts » au lieu d’« empreints ». Comment s’étonner de voir émerger une génération de connards (cf. l’article de Jean-Paul Brighelli), quand leurs aînés en âneries sont aux manettes et décident qu’il est plus urgent de lutter contre les stéréotypes de genre en “déconstruisant” la littérature ou en “dégenrant” les toilettes et les cours de récréation que de faire apprendre la langue (de toute manière oppressive) ou l’Histoire de France (de toute manière dégoûtante).

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L’idéologie wokiste et identitaire gangrène aussi bien l’école que les milieux dit culturels ou certaines associations et formations politiques. L’écriture inclusive, interdite par le ministère de l’Éducation nationale, est promue dans les universités plongées jusqu’au cou dans la théorie du genre et les thèses racialistes. Laure Adler pense que s’émouvoir de ne plus entendre parler français dans certains quartiers français est « tendancieux » et reflète une mentalité de Blanc raciste, et que Judith Butler n’est pas suffisamment enseignée. Pascal Blanchard, historien, idéologue et entrepreneur décolonialiste chargé par Emmanuel Macron de proposer des noms de personnalités « issues de la diversité » pour rebaptiser nos rues, lâche le morceau à Éric Zemmour après un débat houleux à la télé : « Tu pourras dire ce que tu veux. On s’en fout, on gagnera, on tient les programmes scolaires. »[2] Ce qui est vrai de l’histoire repentante voulue par Blanchard est vrai de l’antiracisme racialiste ou de la promotion des “diversités sexuelles”. Pour appréhender l’ampleur du phénomène je ne peux que conseiller la lecture de l’édifiante enquête parue dans Le Figaro et intitulé “Antiracisme, idéologie LGBT+, décolonialisme… comment on endoctrine nos enfants”.

Appel pour une République “multiculturelle et postraciale” à Paris, 20 janvier 2010. De gauche à droite: Pascal Blanchard, Marc Cheb Sun, Rokhaya Diallo, Lilian Thuram et François Durpaire © FRED DUFOUR / AFP

Jean-Luc Mélenchon a tweeté que cette enquête de « l’extrême droite médiatique » (sic) était « une accusation sans fondement, grossièrement manipulatoire ». Le Syndicat Sud Éducation vient de faire un communiqué de presse pour condamner « les propos indignes » du Figaro.

Qu’un adorateur du régime cubain et un syndicat gauchiste adepte des formations « en non-mixité raciale » nous expliquent ce qui relève ou non de l’endoctrinement, voilà qui est plaisant ! Nous attendons maintenant les commentaires de Fabien Roussel et de Philippe Poutou…


[1] Cette conférence a eu lieu en 2019. L’enquête du Figaro laisse craindre que ce type de formations continue, soit via des sociologues spécialisés en théorie du genre, soit via les associations LGBTQIA+ très actives dès qu’il s’agit de promouvoir les « diversités sexuelles » et la « transidentité ». Ainsi, écrit Le Figaro, Le réputé lycée Fénelon a accueilli en mai dernier « une série de conférences organisées sous l’égide de l’Observatoire académique des LGBT + phobies. Outre l’exposé de Marie de la Chenelière, «consultante en transidentité», sur «Théorie et pratique de la transidentité», était programmée une session sur le «sexe neutre» au cours de laquelle Marie Mesnil, maîtresse de conférences en droit privé à l’université de Rennes-I, s’est livrée à un long plaidoyer en faveur de la disparition de la mention du sexe à l’état civil ».

[2] Propos rapportés par Éric Zemmour dans son dernier livre La France n’a pas dit son dernier mot.

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Amateur de livres et de musique. Auteur de Lettre sur les chauves (éditions Ovadia, juin 2021) et de Les Gobeurs (éditions Ovadia, juin 2021).

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