Je l’admets, je ne sais si c’est une faiblesse ou une force mais je ne me lasserai jamais d’aller chercher dans les tréfonds d’un être, en l’occurrence notre président de la République, les raisons d’une incompréhension, voire d’une désaffection…


Ce n’est pas d’aujourd’hui que sa psychologie singulière m’intéresse puisque dans le livre où je le faisais monologuer(1) j’abordais déjà, en ayant osé me placer dans son esprit, un certain nombre de pensées et de problématiques qui me semblaient essentielles à son sujet.

En particulier, celle d’un Emmanuel Macron préférant une approche culturelle de la vie à l’appréhension simplement naturelle de celle-ci. Il ne s’agit pas de discuter ses choix politiques, son rapport avec l’écologie. Pas davantage que je n’ai l’intention de me pencher sur la réalité de sa culture littéraire et philosophique que certains, avec trop de mépris, lui dénient en la réduisant à sa proximité avec Paul Ricoeur et à ses travaux pour lui.

Ce n’est pas de cette culture banalement et classiquement entendue que j’ai envie de débattre mais de la profondeur d’une personnalité qui éprouve, malgré ses efforts, beaucoup de mal à franchir le mur la séparant d’une authentique empathie avec les citoyens, à instaurer une véritable relation avec le peuple.

Il a beau l’évoquer, l’invoquer et je ne suis pas de ceux qui tournent en dérision cette volonté chez lui. Le drame, à mon sens, est que justement cette empathie tant recherchée se dérobe parce qu’il y a dans son tempérament quelque chose qui crée de la distance, un obstacle qui bloque une adhésion sinon enthousiaste du moins large, à ce qu’il montre, à sa façon ostensible de tenter d’aller quérir ce qui lui est refusé. Plus cette appétence de sa part est éclatante et parfois même courageuse, plus l’élan vers lui paraît faire défaut. Il faut considérer que le souci vient de la perception qu’on a de ses attitudes. De la fabrication, un manque de naturel ?

Comme si on sentait instinctivement que ce n’est pas lui qui se présente dans sa vérité, dans son intégrité, mais une construction qu’il a édifiée, mettant en évidence une posture artificielle plus qu’une naturelle connivence. Emmanuel Macron, sur ce plan, se distingue nettement de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

Un article récent dans M, le Magazine du Monde, « L’ombre des pères » n’a fait qu’ajouter une pierre importante à mon analyse tendant à déchiffrer un Emmanuel Macron fuyant l’instinct pour se réfugier dans le « réfléchi 

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