Accueil Édition Abonné Décembre 2024 Ce que l’Amérique a fait le 5 novembre

Ce que l’Amérique a fait le 5 novembre

Un texte traduit par Jeremy Stubbs


Ce que l’Amérique a fait le 5 novembre
Des partisans de Donald Trump se rassemblent devant son domaine de Mar-a-Lago, à West Palm Beach (Floride), dans l'attente des résultats finaux de l'élection présidentielle, 5 novembre 2024 © Dave Decker/ZUMA Press Wire/Shutterstock

L’élection de Donald Trump représente-t-elle une aberration extraordinaire dans l’histoire des États-Unis, ou constitue-t-elle un tournant politique majeur, à l’image du New Deal de Franklin D. Roosevelt dans les années 1930, qui a profondément modifié le rapport des Américains à l’État ? Pour le correspondant permanent de la chaîne d’information continue Newsmax à la Maison-Blanche, cet événement décoiffant est d’abord la marque d’un pays pragmatique.


La victoire de Donald Trump lors du dernier scrutin présidentiel américain est tout simplement le plus grand come-back politique de l’histoire. Ni Richard Nixon, qui a essuyé deux défaites électorales majeures avant de gagner la course à la Maison-Blanche, ni Juan Perón, qui a vécu en exil pendant dix ans avant de reconquérir le pouvoir en Argentine, ni Winston Churchill, qui a été « congédié, écarté, abandonné, rejeté et détesté » avant de revenir aux affaires en 1940, ni Charles de Gaulle passé lui aussi par une longue traversée du désert avant de fonder la Ve République, n’ont rencontré autant d’obstacles que Trump ces quatre dernières années.

Après avoir quitté Washington dans la disgrâce en janvier 2020, puis avoir été tenu responsable des violences commises lors de l’attaque du Capitole, Trump a dû surmonter deux mises en accusation (« impeachments ») au Sénat, deux tentatives d’assassinat, quatre procès criminels et une condamnation pénale pour 34 chefs d’accusation dans l’affaire Stormy Daniels, où il a été convaincu, en première instance, de falsification de documents aux fins de dissimuler des paiements lui ayant permis d’acheter le silence de cette actrice pornographique.

Son élection est un triomphe. Trump a non seulement obtenu la majorité du suffrage populaire (une première pour un candidat républicain depuis vingt ans), mais aussi remporté 31 États sur 50, et raflé 312 voix au collège électoral contre 226 pour son adversaire Kamala Harris. Les chiffres révèlent en outre la transformation de l’électorat du « Grand Old Party ». À la surprise de nombreux commentateurs, Trump a engrangé 20 % des votes afro-américains (il faut remonter à Richard Nixon en 1960 pour retrouver un tel résultat pour un candidat républicain), mais aussi 39 % des votes hispaniques (meilleur score républicain depuis George W. Bush en 2004), et 32 % des votes juifs (seul Ronald Reagan a fait mieux chez les républicains, en 1980). Il a également récolté un tiers des votes musulmans.

La « cerise sur le gâteau » de cette élection est la prise de contrôle du Sénat par les partisans de Trump, ainsi que le maintien de leur majorité à la Chambre des représentants. Le président élu devrait ainsi avoir les mains libres pour faire adopter son programme


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Décembre 2024 - Causeur #129

Article extrait du Magazine Causeur




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Journaliste américain. Correspondant permanent de la chaîne d'informations Newsmax à la Maison-Blanche.

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