La menace verte


Les Verts et leurs alliés sont donc les grands vainqueurs des élections municipales. L’écologie politique, en vogue chez les derniers citoyens qui se déplacent encore aux urnes, a rallié à la décroissance et aux thèses « effondristes » (la fin du monde serait proche) une bonne partie des mouvements politiques en déshérence.

La gauche de gouvernement PS, subclaquante, se dit déjà prête à se ranger derrière le futur candidat vert aux prochaines présidentielles. Le Président de la République lui-même, qui a été élu en faisant l’éloge de la verticalité et de l’innovation, a repeint en vert la façade de l’Acte 2 du quinquennat : en vrac fermeture de la centrale de Fessenheim (injustifiable scientifiquement), sacrifice programmé de notre industrie nucléaire, investissements massifs dans les énergies renouvelables, ou encore adoubement des propositions des 150 anonymes, experts en rien, de la Convention citoyenne pour le climat…

Macron se convertit à la co-construction

Emmanuel Macron, l’homme de la « verticalité en politique », jadis allergique à la « démocratie participative » (ce processus, véritable insulte à la science et aux experts, qui consiste à demander à un aréopage de plombiers leur avis sur le pilotage d’une fusée), qui misait en 2016 sur les nouvelles opportunités économiques offertes par l’intelligence artificielle, gouverne à présent par tirage au sort, draguant ouvertement un électorat écolo anti-mondialisation, anti sciences, anti mobilité, voire parfois communautariste (1) et anti vaccins pour les plus illuminés d’entre eux (2)

Le carrosse du fringuant JFK français s’est transformé en citrouille bio. Le nouveau monde, que ses électeurs espéraient en votant Macron, lorgne désormais vers le «monde d’après » fantasmé par les bobos collapsologues qui ont porté au pouvoir des maires EELV. Le plus joli coup politique de l’Histoire de la Veme, réussi par un homme seul et sans parti, se terminera-t-il en escroquerie ?

Malthusianisme des nouveaux temps

La tragédie de notre vieux pays, dont la grandeur et la puissance s’étiolent de gouvernement en gouvernement, c’est l’immobilisme et la peur. Notre paupérisation économique, associée à notre perte de souveraineté numérique, génère de l’anxiété dans une population que plus personne ne parvient à rassurer. Le grand déclassement nous plombe. Le mal-être est si profond que les délires millénaristes d’une simple adolescente déscolarisée avec des nattes provoque la panique sur l’échiquier politique.

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En votant pour la décroissance, les électeurs rêvent d’arrêter le temps. La peur de l’avenir pousse à l’immobilisme, voire à l’obscurantisme anti-sciences. Le progrès et le futur, qui s’inventent ailleurs (Silicon Valley, zone Asie-Pacifique), sont devenus des ennemis à abattre.

Nous voilà revenu au 18eme siècle, quand le révérend Malthus expliquait qu’il fallait limiter la croissance de la population pour préserver le niveau de vie. Parallèlement, la première révolution industrielle déjoua les sombres pronostics de Malthus, libérant une incroyable productivité et une hausse sans précédent du niveau de vie à travers le monde. En 2020, le malthusianisme des écologistes et de la « génération climat », qui s’est déplacé massivement dans les urnes, repose sur les mêmes peurs irrationnelles.

N’en déplaise aux effondristes hexagonaux, qui annoncent la fin du monde, l’économie mondiale se situe à la veille d’un cycle d’innovations comparable à la Renaissance. Les nanotechnologies, l’intelligence artificielle, les imprimantes 3D, les biotechnologies, la robotique, la médecine personnalisée, les véhicules autonomes, et bien d’autres révolutions encore embryonnaires – qui n’intéressent pas les écologistes et leurs alliés de circonstances -, vont chambouler le monde et générer un cycle de croissance extraordinaire. Seule l’innovation permettra de lutter efficacement contre le réchauffement climatique (smart grid, IA, stockage energie, dépollution, moteurs propres…). Pas le retour à la bougie et à la brouette !

Notre modèle en danger

La France, exemplaire en matière d’émissions de Co2 grâce à son parc nucléaire, produit à peine 1% des émissions mondiales. Vouloir faire encore mieux, quitte à tous vivre dans une yourte sans électricité et tuer notre économie, ne changerait rien à la lutte contre le changement climatique. Nous sommes hors sujet. Nos investissements devraient être tournés vers la science et l’innovation, la création d’emplois dans les technologies exponentielles, et bien entendu la réforme de l’éducation et de la formation professionnelle, pour adapter les compétences de chacun au monde de demain. Sauver l’économie française, et donc être en mesure demain d’augmenter à terme les salaires des profs ou des soignants sans exploser la dette publique, ne sera rendu possible que par un programme politique pragmatique et ambitieux. Le progrès technologique est aussi et surtout un progrès économique, social et environnemental. Notre modèle de protection sociale, unique au monde, est une conquête de la République. Ne rêvons pas : il ne durera pas éternellement sans croissance et sans entreprises pour le financer.

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La France a pourtant tous les atouts pour devenir un acteur du futur, à condition de cesser de gémir et de regarder dans le rétroviseur. Les nouvelles technologies exponentielles sont une chance, à condition d’en finir avec le malthusianisme d’EELV, et de prendre le train du progrès en marche. Il n’y a aura pas de croissance, pas d’emplois non subventionnés, pas de survie de l’Etat providence, pas de liberté avec l’obscurantisme scientifique au pouvoir. La France ne doit pas devenir le Kodak des nations.

Fin du monde et fin de mois

Le monde change vite. La Révolution industrielle bouleverse notre économie et le monde du travail à grande vitesse. On parle de crise, de déclin, mais on assiste en réalité au remplacement d’un monde par un autre. Le tsunami numérique et l’émergence des géants du Net, GAFA et BATX, a pris tout le monde par surprise. La 3ème révolution industrielle est là. Ne pas y participer serait suicidaire.

Les industries du 21ème siècle doivent avoir leur place en France. Les pays inadaptés à la nouvelle donne vont souffrir dans des proportions considérables. Ces secteurs économiques, qui vont connaître une croissance sans précédent dans les années qui viennent, ne sont pas incompatibles avec un monde plus durable. Ils sont même la seule et unique voie du succès pour lutter « contre la fin du monde » et boucler « la fin du mois », pour reprendre la formule du Président de la République.

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La « génération climat », dont les préoccupations environnementales sont nobles et légitimes, est aussi friande des réseaux sociaux, des jeux vidéo, de voyages en avion, et de la technologie en général. Elle ne doit pas se faire duper plus longtemps. Les solutions pour lutter contre le dérèglement climatique et la pollution reposent sur l’innovation. Pas sur l’interdiction de la 5G, la calèche pour tous, le blocage du progrès technologique, et autres délires défendus par l’écologie politique.

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