Pendant un an, l’exposition « Archéo-Sexisme » a fait le tour de France des campus pour alerter sur le sexisme qui règnerait dans le milieu de l’archéologie


Rapportée par un article du Monde, une exposition « Archéo-sexisme » fait actuellement le grand tour des facultés françaises. Témoignages d’étudiantes à l’appui, on y découvre que les gestes goujats, déplacés voire délictueux font le quotidien des chantiers de fouilles. Les faits peuvent varier des regards déplacés ou mains aux fesses en plein travail jusqu’au sable déposé dans la culotte par un collègue et autres pratiques obscènes alors que les fouilles sur un chantier archéologique – souvent assez physiques – favorisent toutes les proximités et génuflexions érotiques. Les croisés #metoo entendent alors « sensibiliser le public ». Et la chasse aux porcs a déjà commencé : l’université de Paris 1 a suspendu un harceleur patenté, pourtant chercheur, dès 2019.

Virilisme épistémologique

Souvent, ces faits seraient couverts par l’institution. Le protohistorien Jean-Paul Demoule parle même d’« omerta ». En cause, un fonctionnement de la recherche où les carrières valorisent autant les proximités entre maîtres et élèves que les qualifications et diplômes. Ce sexisme ferait d’ailleurs système. Dans un entretien, l’archéologue Chloé Bélard regrette que l’archéologie du genre soit encore trop peu étudiée, incriminant les préjugés d’un virilisme épistémologique.

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En bonnes élèves des facultés occidentales, les étudiantes-chercheuses voient le mâle partout. Jusque dans l’inégale répartition des tâches pénibles : « Porter les seaux de terre, manier la pioche… Ces rôles sont plutôt attribués aux garçons. Aux jeunes femmes, on préfère confier les travaux de minutie ou d’analyse, dans les laboratoires attenants aux fouilles. »

Revendication inattendue

Cela devait arriver : le beau sexe, d’ordinaire accablé par la charge mentale, rêve de « piocher sous le cagnard » ! Voilà une revendication inattendue d’un privilège masculin que le commun associait plutôt au bagne. Et une chercheuse d’expliquer doctement que « piocher n’est pas tant un travail de force qu’un geste technique. Il suffit d’apprendre la bonne ergonomie. » Avant qu’une jeune témoin ne s’indigne « du concours de virilité auquel elle a assisté […] c’était à qui piocherait le plus longtemps jusqu’à en vomir ».

Mesdames les archéologues, piochez les premières !

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