30 mai 1992. En fin de journée, on traverse au pas de course le Musée d’Art Moderne de Nice, jouant des coudes au milieu de cinquante mille horreurs contemporaines pour atteindre les « Dubuffet de Dubuffet », l’exposition qu’on voulait voir. Je me demande si la fonction majeure de toutes ces cochonneries informes d’« artistes » contemporains qui nous barrent la route n’est pas de faire paraître aimable, désirable, beau, merveilleux, vivant, dynamique, n’importe quel élément du monde auquel ils n’ont pas touché. Oui, ça doit être ça, dans l’économie divine, le but des œuvres d’aujourd’hui et la raison de leur survivance obscène. Trois briques dans un musée, avec le nom d’un imbécile à côté, rendent du même coup enivrantes de beauté toutes les briques qu’on peut trouver en liberté. Je connais depuis assez longtemps les cloportes qui s’occupent d’« art » pour savoir que celui-ci est partout où ils ne l’ont pas identifié.

Dubuffet l’a su avant moi. Je l’adore.

*Photo : SUPERSTOCK45031538_000001.Coll-Peter Willi/SUPERSTOCK/SIPA.

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