Entretien avec Hélène De Pooter, maître de conférences en droit public, université de Franche-Comté.


Causeur. Votre thèse[1], soutenue en 2013, commence par une description prémonitoire de la pandémie de Covid : un voyageur contracte un virus à l’étranger, asymptomatique à son retour, il le transmet autour de lui. L’épidémie se propage à toute vitesse, les hôpitaux sont débordés, il faut fermer les écoles et interdire les rassemblements.

Hélène De Pooter. Les spécialistes des maladies infectieuses n’ont pas été surpris par l’émergence de cette nouvelle maladie et sa propagation. Dès 1995, les États ont réfléchi à un texte destiné à appréhender une telle situation. L’épidémie de SRAS de 2002-2003 a accéléré les discussions. Le nouveau Règlement sanitaire international (RSI), adopté en 2005, est entré en vigueur en 2007 dans 196 pays, dont la France. C’est un succès, car le texte est ambitieux. Les États y acceptent des obligations importantes en matière de surveillance et de notification des maladies infectieuses.

Il n’a pourtant pas empêché la pandémie.

Un texte en soi ne peut rien empêcher. C’est son application qu’il faut apprécier. Or, le RSI n’a pas été correctement appliqué, en particulier par la Chine. À mon avis, le texte garde toute sa pertinence. Le renégocier pour l’améliorer serait risq

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Été 2020 – Causeur #81

Article extrait du Magazine Causeur

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