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Covid-19: Mais pourquoi le Japon s’en sort-il si bien?

En partenariat avec la revue "Conflits"

Covid-19: Mais pourquoi le Japon s’en sort-il si bien?
Tokyo, Japon, janvier 2021 © Hiro Komae/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22534394_000001

Sans confinement ni restrictions des libertés fondamentales, la gestion de la pandémie au Japon suscite l’incompréhension des médias occidentaux. Retour sur les causes et les raisons d’un nombre de morts exceptionnellement bas dans un pays qui aurait pu sembler d’abord abandonné au vent pandémique.


 

Article du The Japan Times. Traduction de Conflits.

NDLR : Nous publions cet article de l’un des plus anciens journaux du Japon pour avoir un autre point de vue sur le coronavirus, celui du Japon, et comprendre comment l’épidémie est vue et gérée dans d’autres parties du monde. La géopolitique étant affaire de vision et de regard, il est important de se mettre à la place des autres pour comprendre comment eux voient le monde…

Le 1er janvier, le nombre total de cas de coronavirus dans le monde était de 83 748 593 et le nombre de décès de 1 824 140. Au Japon, les chiffres correspondants étaient de 230 304 et 3 414. Fait inhabituel, au Japon, la maladie a tué plus de personnes en automne-hiver qu’au printemps. Néanmoins, pour équilibrer et mettre les choses en perspective, il convient de noter que plus de Japonais sont morts de 25 autres causes en 2020. Le Covid-19 n’a représenté que 0,3 % de tous les décès. Il y a eu sept fois plus de suicides et 40 fois plus de décès dus à la grippe et à la pneumonie. Le Japon était également l’un des rares pays à ne pas connaître de surmortalité due au Covid-19.

Le Japon a attiré l’attention du monde entier pour n’avoir ni imposé un verrouillage ni testé de façon obsessionnelle les personnes asymptomatiques. Comme Tomoya Saito le dit dans ces pages, « Encourager les personnes présentant des symptômes légers ou inexistants à passer des tests PCR n’aurait rien révélé à part isoler les cas faussement positifs ». L’indice de rigueur a été élaboré par l’école Blavatnik de l’université d’Oxford en collaboration avec Our World in Data pour évaluer la rigueur de neuf mesures de confinement, dont la fermeture des écoles et des lieux de travail et l’interdiction de voyager, 100 étant la plus stricte. L’indice du Japon est resté inférieur à 50 jusqu’au 8 décembre, alors que tous ses partenaires du G7 sont restés pour la plupart au-dessus de 50.

Vue aérienne du Diamond Princess dans le port de Yokohama, le 21 février 2020 © Masahiro Sugimoto/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22430703_000036
Vue aérienne du Diamond Princess dans le port de Yokohama, le 21 février 2020 © Masahiro Sugimoto/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22430703_000036

Cette situation a créé une pandémie de peur face à la menace d’un tsunami de morts Covid-19 qui ravagerait le Japon. Au début de l’année dernière, le bateau de croisière Diamond Princess a accosté à Yokohama. Avec plus de 700 des 3 711 personnes à bord infectées et 14 morts, on craignait que le Japon ne soit le théâtre de la prochaine grande épidémie du virus. Kentaro Iwata, expert en maladies infectieuses à l’université de Kobe, a décrit le navire comme un « moulin à Covid-19 ». Un article paru dans le Washington Post le 20 février a déclaré que la réaction du Japon face à ce navire était « complètement inadéquate », et cet article a rapporté le 10 mai que 57% des Japonais étaient mécontents de la réaction de leurs autorités au coronavirus.

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Au début de l’été, alors que Tomoya Saito écrivait que le Japon avait « réussi à minimiser les décès liés au Covid-19 sans introduire un verrouillage strict ou une politique de tests à grande échelle » et qu’il poursuivait plutôt une approche centrée sur les groupes, une grande partie des médias occidentaux critiquait sévèrement l’échec du Japon à verrouiller le navire et prédisaient des décès de masse. Des articles du New York Times (7 avril), du Washington Post (11 et 21 avril, 25 mai, 11 août), du New Statesman (22 avril) et du magazine Science (22 avril) ont déclaré que le Japon avait manqué « sa chance de maîtriser le coronavirus ». Sa gestion du coronavirus était jugée « trop peu, trop tard », caractéristique d’un « confinement trop léger », digne d’un « kabuki pandémique » et ou d’un « manuel de stratégie trumpien » « idiosyncrasique » sur le virus. Les experts médicaux ont recommencé à débiter des scénarios alarmistes avec la deuxième vague en hiver. L’une des raisons de leur appréhension était l’histoire troublée du Japon avec les vaccins et son processus d’approbation prudent pour les nouveaux vaccins. Mais cet article a noté que « le succès relatif du Japon dans la gestion de la pandémie » signifie qu’un déploiement urgent de la vaccination est moins prioritaire.

Les Japonais ne devraient pas prendre les critiques occidentales trop au sérieux. Les grands médias se sont donné pour mission d’encourager le scénario du confinement. Les pays comme la Suède et le Japon qui s’écartent du scénario approuvé font l’objet d’une colère particulière pour leur irresponsabilité frisant le manquement criminel au devoir. Les exemples de meilleurs résultats sans le large éventail de coûts liés à la santé, à la santé mentale, aux moyens de subsistance, à l’économie et aux libertés civiles des confinements sévères devraient être les bienvenus. Au lieu de cela, de nombreux commentateurs semblent vouloir que les pays du blocus échouent afin de se sentir justifiés.

Malheureusement pour eux, il y a peu de données empiriques pour soutenir les modèles mathématiques abstraits sur lesquels…

>>> Lire la fin de l’article sur le site de la revue de géopolitique Conflits <<<


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Rédacteur en chef de Conflits, il dirige le cabinet de formation Orbis Géopolitique.

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