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Testings de SOS Racisme : la méthodologie à la plage

Échantillons ciblés, testeurs militants et dénominateurs mystérieux : autopsie d’un testing estival


Testings de SOS Racisme : la méthodologie à la plage
Touristes sur la Promenade des Anglais à Nice. © Syspeo/SIPA

Cet été, SOS Racisme a testé des plages privées et des boîtes de nuit de la côte méditerranéenne. Verdict médiatique : 17 % des premières et près d’un tiers des secondes discrimineraient les clients noirs ou arabes. Huit plaintes ont suivi. Mais lorsqu’on examine la sélection des établissements, les conditions des tests et jusqu’au calcul des pourcentages, le beau laboratoire antiraciste perd soudain de son lustre.


Il fait chaud, la Côte d’Azur est pleine et SOS Racisme part à la plage. Pas exactement pour bronzer. Les 24, 25 et 26 juillet, des groupes perçus comme noirs, arabes ou blancs se présentent successivement sur des plages privées et dans des établissements de nuit de Montpellier, Palavas-les-Flots, La Grande-Motte, Marseille, Aix-en-Provence, Nice et Antibes. SOS Racisme annonce ensuite que plus d’un « testing probant » sur six dans les plages et près d’un sur trois dans les établissements de nuit révèle une discrimination. [1]

Les exemples produisent leur effet. À Montpellier, un groupe noir se voit répondre qu’une discothèque est complète ; des groupes arabe puis blanc entrent ensuite. À Nice, un groupe noir se voit annoncer 200 euros, tandis que le groupe blanc entre au tarif ordinaire de 15 euros. Huit plaintes pénales ont depuis été déposées auprès des parquets de Nice, Montpellier et Marseille. [2] Ces observations établissent incontestablement une différence de traitement. Elles n’en établissent pas encore nécessairement la cause. Exiger d’un groupe une table à 200 euros là où un autre entre pour 15 peut parfaitement constituer le véhicule d’une discrimination raciale. Cela peut aussi être la manière détournée dont un physionomiste écarte un client ou un groupe qu’il juge indésirable pour une tout autre raison. Le procédé n’en devient pas plus élégant ; sa causalité, elle, reste à établir. L’observation appelle donc une explication. Elle ne la contient pas.

À La Grande-Motte, le détail est particulièrement instructif. Dans son communiqué du 28 juillet, SOS Racisme indique que les groupes perçus comme noirs et blancs ont tous deux obtenu des transats au premier rang ; seul le groupe perçu comme arabe a été relégué au troisième. Le résultat n’oppose donc pas simplement des clients « racisés » à un groupe blanc : deux groupes racisés connaissent eux-mêmes des traitements différents. [1] Le 17 août, lorsque l’association annonce ses plaintes, le groupe noir disparaît du récit. Il ne reste plus que le groupe arabe, auquel on aurait indiqué que les transats de première ligne étaient indisponibles, puis le groupe blanc, auquel « ces mêmes transats » sont proposés quelques minutes plus tard. [2]

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Les deux présentations sont compatibles factuellement. La seconde est simplement beaucoup plus conforme au récit binaire que le testing est censé illustrer. Le sujet commence ici : comment passe-t-on d’une différence de traitement à l’identification de sa cause, puis à un chiffre capable de faire écrire qu’« une boîte sur trois » discrimine ? Entre les deux se trouve un objet peu télégénique : la méthode.

Une vraie méthode, donc de vraies exigences

Le testing n’est nullement une invention fantaisiste de SOS Racisme. Les expériences de terrain de ce type sont utilisées depuis longtemps en économie et en sciences sociales : comparer des situations aussi semblables que possible et ne faire varier que la caractéristique dont on veut mesurer l’effet. Justement.

En 2011, Romain Aeberhardt, Denis Fougère et Roland Rathelot consacraient dans Économie et Statistique un commentaire entier aux possibilités et aux limites de ces méthodes. Son titre pourrait presque servir au présent article : « Les méthodes de testing permettent-elles d’identifier et de mesurer l’ampleur des discriminations ? » [3] SOS Racisme assure de son côté que les groupes utilisés en boîte de nuit sont de composition similaire, appartiennent à la même tranche d’âge et sont habillés conformément aux standards des établissements. Son site présente le profil test et le profil blanc de contrôle comme accomplissant la même action « dans les mêmes conditions ». [4] Sur le papier, très bien.

Une boîte de nuit n’est pas une paillasse

Une porte de discothèque possède pourtant cette fâcheuse particularité de se trouver dans le monde réel. Le physionomiste apprécie en quelques secondes l’âge apparent, la tenue, la manière de parler, l’attitude, l’éventuelle alcoolisation, la composition du groupe, ce qui s’est passé dans la file, la connaissance ou non de l’établissement, les réservations, l’affluence et la clientèle déjà présente. Même en donnant exactement les mêmes consignes aux testeurs, standardiser ce qu’ils font ne standardise pas nécessairement ce que le physionomiste en perçoit. Il peut avoir observé un groupe pendant trente secondes et ne découvrir le suivant qu’une fois celui-ci arrivé devant lui.

Son attention peut avoir été accaparée par un habitué, un collègue ou un incident. Une situation objectivement semblable peut donc fournir au décideur des informations différentes. Et la situation elle-même peut changer entre deux passages. Trois clients viennent de quitter l’établissement : le physionomiste sait qu’il peut désormais faire entrer trois personnes sans dépasser sa jauge ; ceux qui attendent dehors n’en savent rien. À l’inverse, si rien n’a changé, l’explication devient évidemment beaucoup moins convaincante.

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Encore faut-il que le protocole permette de le documenter. Aeberhardt, Fougère et Rathelot pointent une difficulté voisine avec les testings faisant intervenir de vrais acteurs. Un acteur noir ne pouvant évidemment pas devenir l’acteur blanc du test suivant, de légères différences de dynamisme, d’élocution ou d’enthousiasme restent attachées aux individus. Elles deviennent systématiques plutôt qu’aléatoires ; le signe et l’ampleur du biais sont alors difficilement prévisibles. Leur solution : multiplier le nombre d’acteurs. [3] Pour conclure qu’une seule variable explique un résultat, encore faut-il avoir sérieusement neutralisé les autres. Le physionomiste gère une salle ; SOS Racisme teste une hypothèse. Avant d’attribuer le résultat à la seconde, le protocole doit montrer qu’il ne s’explique pas par les contraintes de la première.

Combien d’éprouvettes dans le laboratoire ?

Une difficulté supplémentaire concerne donc les testeurs eux-mêmes. Elle ne permet nullement d’affirmer qu’ils ont biaisé le résultat : nous n’en savons rien. Elle impose simplement de demander quelles précautions ont été prises pour éviter que les particularités d’un petit nombre de personnes restent systématiquement attachées aux groupes comparés. La question est d’autant plus légitime que Le Parisien précise que les participants de la campagne 2026 étaient tous des bénévoles de SOS Racisme. [5] Combien de testeurs distincts ont incarné chacune des trois catégories ? Les trinômes ont-ils changé d’un établissement à l’autre ? L’ordre des passages a-t-il été alterné ou randomisé ? Le protocole rendu public par SOS Racisme ne le précise pas. [4]

La littérature académique montre pourtant jusqu’où peut aller la précaution. Dans une expérience publiée en 2021 dans The Economic Journal — portant sur les décisions de chauffeurs de bus australiens, et non sur les discothèques — Redzo Mujcic et Paul Frijters ont mobilisé 29 testeurs entraînés, répartis entre quatre groupes, avec un script réduit à une phrase, des consignes portant sur le comportement non verbal et des contrôles aléatoires. Les testeurs savaient participer à une expérience universitaire, mais n’avaient pas été informés de la question de recherche précise. Les auteurs présentent justement la connaissance de l’objectif de l’étude comme une critique classique des audits réalisés avec des acteurs. [6]

Ils reconnaissent d’ailleurs eux-mêmes qu’il est impossible de savoir avec certitude si certains participants n’ont pas deviné l’hypothèse. Autrement dit, ce biais est possible ; cela ne signifie pas qu’il a effectivement joué dans les testings de SOS Racisme, encore moins dans quel sens. La question sérieuse est donc plus modeste : quelles mesures ont été prises pour le contenir ? Dans ce laboratoire particulier, les éprouvettes ne sont pas suspectées d’avoir triché. On aimerait simplement savoir combien il y en avait et si elles ont tourné.

Choisir d’abord les suspects

La constitution de l’échantillon pose une autre question. Lors de sa campagne estivale de 2023, SOS Racisme expliquait ouvertement à Brut sélectionner des établissements à partir de plusieurs sources : signalements recueillis par sa permanence juridique, repérage effectué par les comités locaux et avis Google faisant état de problèmes. [7a] La campagne 2026 semble conserver au moins une partie de cette logique : interrogé par TF1 Info, le directeur général de SOS Racisme, Grégory Abelli, indiquait que la permanence juridique de l’association avait permis de recueillir plusieurs signalements concernant ces pratiques. [7b]

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C’est parfaitement rationnel si l’objectif consiste à détecter des cas et à constituer éventuellement des dossiers judiciaires. La police ne perquisitionne pas davantage des logements tirés au sort dans l’annuaire. Mais dès lors que des signalements préalables participent à la sélection, la représentativité devient une question centrale si la proportion obtenue est ensuite reçue comme une estimation de fréquence. Une enquête ciblée peut parfaitement répondre à : « Trouve-t-on des discriminations parmi des établissements dont certains ont déjà suscité des soupçons ? » Elle ne répond pas, à elle seule, à : « Quelle proportion des boîtes de nuit discrimine ? » La nuance tient en une ligne. Elle disparaît très bien dans un titre.

Le mystère du dénominateur

Et puis il y a l’arithmétique. Au total, la campagne porte sur 23 plages privées et 17 établissements de nuit. Franceinfo indiquait le 28 juillet que quatre plages privées et quatre établissements de nuit avaient fait l’objet d’un constat de discrimination. [8]

Pour les plages :
4 / 23 = 17,4 %.

Voilà les 17 % annoncés.

Pour les établissements de nuit :
4 / 17 = 23,5 %.

Pas 30 %.

SOS Racisme emploie cependant une formule légèrement différente, et beaucoup plus intéressante : « près d’un testing probant sur trois ». [1] Pour obtenir environ 30 % avec quatre cas, il faudrait un dénominateur voisin de treize.

Sauf élément du rapport complet qui nous échappe, les deux pourcentages publics ne se reconstituent donc pas sur une base présentée de la même manière : pour les plages, le calcul retombe immédiatement sur l’ensemble des 23 établissements ; pour les boîtes, les quatre cas rapportés à 17 établissements donnent 23,5 %. Combien de testings de boîtes ont été considérés comme « probants » ? Certains ont-ils été écartés ? Selon quels critères ? Ou le numérateur utilisé par l’association diffère-t-il de celui rapporté par Franceinfo ? Le communiqué ne permet pas de trancher. Le dénominateur : cet empêcheur de raconter des histoires en rond.

Détecter n’est pas mesurer

Le plus embarrassant est peut-être que la littérature scientifique avait déjà posé exactement la question il y a quinze ans : détecter une discrimination est-il la même chose qu’en mesurer l’ampleur ? Aeberhardt, Fougère et Rathelot répondent clairement non. Sous certaines conditions, un testing permet de tester l’existence d’un processus discriminatoire. Mais en mesurer l’ampleur suppose notamment que les situations soumises au test soient représentatives du marché dont on prétend parler. [3]

Les auteurs reprennent également une distinction formulée par James Heckman : le testing mesure d’abord une discrimination potentielle, celle qui surviendrait si le groupe étudié se comportait comme les chercheurs ont imaginé qu’il se comporte. Or cette mesure peut différer sensiblement de la discrimination réellement subie dans le marché considéré. [3] Ils recommandent enfin de calibrer ex ante le protocole par un calcul de puissance statistique. Une puissance de 80 % est généralement présentée comme le minimum exigible ; la taille nécessaire de l’échantillon dépend notamment de l’effet recherché et du plan expérimental. [3]

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Quel calcul de puissance a donc été retenu ici ? Avec combien d’établissements de nuit effectivement « probants » ? Combien de testeurs ? Combien de répétitions ? La question est d’autant moins théorique que SOS Racisme fournit lui-même un argument en faveur de la réplication : l’association reconnaît que des plages de Nice et d’Antibes testées deux jours de suite n’ont pas reproduit les mêmes comportements d’un jour à l’autre. [1] Cela ne démontre nullement que la discrimination constatée un jour n’existait pas : un salarié peut discriminer ponctuellement et deux salariés agir différemment. Cela montre en revanche que le comportement observé varie avec le contexte. Plus le résultat est variable, plus il faut d’observations pour en estimer la fréquence. Un passage peut documenter un fait. Il suffit beaucoup moins à établir une pratique stable.

Beaucoup de casquettes pour une seule association

SOS Racisme ne prétend d’ailleurs pas être un laboratoire neutre. Son propre site distingue le testing à visée judiciaire du testing à « visée politique », destiné au plaidoyer, à la sensibilisation et à l’interpellation médiatique et politique. L’association qualifie elle-même le testing d’« acte politique ». [4] C’est son droit. Mais cela réclame d’autant plus de transparence lorsque le même dispositif se pare ensuite du vocabulaire de l’objectivation scientifique. Le laboratoire a ceci de particulier que le chercheur, l’accusation, le service de communication et le bénéficiaire institutionnel du résultat occupent ici le même bureau.

L’association choisit les terrains, organise les tests, qualifie leurs résultats, les communique aux médias, porte plainte et réclame ensuite davantage de formation, de sensibilisation, de poursuites, de sanctions et d’intervention publique. Son communiqué du 28 juillet formule précisément plusieurs de ces demandes. [1] Rien de tout cela ne démontre que ses conclusions soient fausses. Cela signifie simplement qu’elles devraient être particulièrement vérifiables. Richard Martineau résumait le conflit d’incitations avec moins de précautions en 2017 : demander à un militant antiraciste si son pays est raciste revient, selon lui, à demander à un vendeur d’assurances si vous avez besoin d’une assurance. [9] La formule est méchante. Le problème d’incitation qu’elle décrit l’est beaucoup moins.

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SOS Racisme ne manque jamais de racisme. C’est une chance : c’est précisément ce qu’il est chargé de trouver. La plaisanterie devient moins légère lorsqu’une partie de cette activité bénéficie de fonds publics. Une convention pluriannuelle conclue avec l’État pour 2022-2024 prévoyait ainsi une subvention de 230 000 euros par an à SOS Racisme pour soutenir ses actions de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+. [10] Il n’y a rien d’anormal à financer publiquement la lutte contre les discriminations. Mais lorsqu’une organisation produit des chiffres destinés à orienter le débat et l’action publique, demander le protocole qui les produit n’est pas lui faire un procès politique. C’est le minimum.

Ce que la justice valide — et ce qu’elle ne valide pas

SOS Racisme rappelle volontiers que le testing est reconnu par le droit. C’est exact. La Cour de cassation a admis dès le 11 juin 2002 que les juges ne pouvaient écarter les éléments produits lors d’une opération de testing au seul motif de leur mode d’obtention ; leur valeur probante doit être appréciée contradictoirement. [11] Puis l’article 225-3-1 du Code pénal a consacré le principe en 2006 : le fait qu’une personne sollicite un bien ou un service dans le but de démontrer une discrimination n’empêche pas la constitution du délit, « dès lors que la preuve de ce comportement est établie ». [12] Les derniers mots ont leur importance.

Le droit valide le procédé. Il ne transforme pas automatiquement toute différence observée en discrimination établie, encore moins un échantillon réduit en estimation statistique de tout un secteur. SOS Racisme avance de son côté une objection sérieuse : la réponse pénale serait très faible. La contribution du ministère de la Justice au rapport 2025 de la CNCDH recense seulement huit condamnations pour une infraction de discrimination à caractère raciste en 2024. [13] L’association ajoute que plusieurs plaintes fondées sur des testings, malgré des vidéos, témoignages et autres éléments matériels, ont été classées sans suite ces dernières années. [2]

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Deux lectures sont possibles. La première est celle de SOS Racisme : les discriminations seraient insuffisamment poursuivies et sanctionnées. La seconde est que certains dossiers jugés probants par ceux qui les ont constitués ne franchissent pas le seuil probatoire des parquets. Sans examiner les procédures une par une, impossible de trancher. C’est précisément pourquoi il faut distinguer l’accusation, la preuve et la mesure.

Prendre le racisme au sérieux

Les discriminations existent. C’est précisément pourquoi leur qualification mérite mieux qu’un raccourci causal. Une différence de traitement peut constituer un indice puissant. Elle ne dispense pas d’établir ce qui l’a produite. À affaiblir cette exigence, on ne risque pas seulement de qualifier à tort une situation : on risque également d’amoindrir la force des accusations lorsqu’elles sont, elles, solidement établies. SOS Racisme veut « objectiver » les discriminations. Prenons l’association au mot.

Qu’elle publie le protocole complet, le mode de sélection des établissements, le nombre de testeurs par catégorie, leur rotation, l’ordre des passages, les éventuelles répétitions, le calcul de puissance, le nombre de tests jugés non probants et les données permettant de reconstruire ses pourcentages. Sollicitée la veille sur plusieurs de ces points méthodologiques, SOS Racisme ne nous avait pas répondu au moment où nous adressions cet article à la rédaction. Car une expérience sérieuse ne se distingue pas d’une démonstration militante parce qu’elle possède des groupes témoins, des caméras et des pourcentages. Elle s’en distingue par une propriété beaucoup moins confortable : elle doit être construite de manière à pouvoir donner tort à celui qui l’a conçue.


[1] SOS Racisme, « Un testing de SOS Racisme révèle la persistance des discriminations dans les plages privées et les établissements de nuit », 28 juillet 2026. Le communiqué donne les 23 plages privées, décrit les cas de La Grande-Motte, Montpellier, Marseille et Nice, emploie les expressions « plus d’un testing probant sur six » et « près d’un testing probant sur trois », reconnaît la non-reproduction de certains comportements d’un jour à l’autre et formule plusieurs demandes aux pouvoirs publics.

[2] SOS Racisme, « Discriminations dans les établissements de loisirs : SOS Racisme dépose huit plaintes pénales après sa campagne nationale de testings », 17 août 2026. Cinq plaintes ont été adressées à Nice, deux à Montpellier et une à Marseille. Le communiqué précise le contenu annoncé des dossiers probatoires et présente une seconde version synthétique du cas de La Grande-Motte.

[3] Romain Aeberhardt, Denis Fougère et Roland Rathelot, « Commentaire : les méthodes de testing permettent-elles d’identifier et de mesurer l’ampleur des discriminations ? », Économie et Statistique, n° 447, 2011, pp. 97-101. Voir notamment les développements sur les différences comportementales systématiques entre acteurs, la « discrimination potentielle » au sens de Heckman, la représentativité des situations testées et le calcul de puissance ex ante.

[4] SOS Racisme, « Les testings », présentation officielle de la méthode. L’association distingue un testing à « visée judiciaire » et un testing à « visée politique », destiné notamment au plaidoyer et à l’interpellation des pouvoirs publics, et qualifie le testing d’« acte politique ». Elle expose également le principe de comparaison entre profil test et profil blanc de contrôle.

[5] Le Parisien, « SOS Racisme dépose huit plaintes contre des plages privées et établissements de nuit pour discrimination », 15 août 2026. Le journal décrit trois groupes successifs et précise que tous leurs membres sont des bénévoles de SOS Racisme ; il reprend également les 23 plages et 17 discothèques testées.

[6] Redzo Mujcic et Paul Frijters, « The Colour of a Free Ride », The Economic Journal, vol. 131, n° 634, 2021, pp. 970-999. L’expérience porte sur 1 552 interactions avec des chauffeurs de bus australiens et mobilise 29 testeurs entraînés, un script très court et des contrôles comportementaux. Les auteurs indiquent expressément que les testeurs ne connaissaient pas la question de recherche précise et discutent la connaissance de l’objectif comme une limite classique des audits avec acteurs.

[7a] Brut, « Avec SOS Racisme pendant leur testing estival », 25 juillet 2023. Anaëlle Gunslay, chargée de mission de SOS Racisme, y explique que le choix des établissements s’appuie notamment sur les signalements reçus par la permanence juridique, le repérage des comités locaux et les avis Google. Le reportage montre également le briefing des groupes avant les passages.

[7b] Mehdi Telli, TF1info, « Un tiers des boîtes de nuit et une plage privée sur six de la côte méditerranéenne épinglées par SOS Racisme », 28 juillet 2026. Grégory Abelli, directeur général de l’association, indique que la permanence juridique de SOS Racisme avait recueilli plusieurs signalements concernant ce type de pratiques.

[8] Franceinfo, « Un rapport publié par SOS Racisme révèle que 17 % des plages privées et 30 % des établissements de nuit testés ont pratiqué des discriminations », 28 juillet 2026. L’article indique que 40 établissements ont été testés — 23 plages privées et 17 établissements de nuit — et que quatre établissements de chaque catégorie ont fait l’objet d’un constat de discrimination. Les 23 plages et 17 discothèques sont par ailleurs confirmées par Le Parisien.

[9] Richard Martineau, « Racistes ! Racistes ! Racistes ! », Le Journal de Montréal, 27 juin 2017. La chronique ouvre sur la comparaison entre le militant antiraciste interrogé sur le racisme et le vendeur d’assurances interrogé sur le besoin d’assurance.

[10] Gouvernement français, « Une première convention pluriannuelle avec SOS Racisme », 19 juillet 2022. La convention d’objectifs 2022-2024 prévoit une subvention annuelle de l’État de 230 000 euros, soit 690 000 euros sur trois ans.

[11] Cour de cassation, chambre criminelle, 11 juin 2002. Dans plusieurs affaires concernant des testings à l’entrée de discothèques, la Cour rappelle que les moyens de preuve ne peuvent être écartés au seul motif qu’ils auraient été obtenus de manière illicite ou déloyale et qu’il appartient aux juges d’en apprécier contradictoirement la valeur probante.

[12] Code pénal, article 225-3-1, créé par l’article 45 de la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances. Le texte consacre la possibilité de solliciter un bien ou un service afin de démontrer l’existence d’un comportement discriminatoire, sous réserve que la preuve de ce comportement soit établie.

[13] Ministère de la Justice, contribution au rapport 2025 de la CNCDH sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, publiée en 2026. Le document recense huit condamnations pour une infraction de discrimination à caractère raciste en 2024.




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