La soirée Forsythe-Inger n’est pas vraiment une réussite. Mais les œuvres des chorégraphes américain et suédois sont surtout portées par le talent remarquable des danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris. De grands artistes.
Il fut un temps où William Forsythe, devenu philosophe, semblait ne plus pouvoir agiter ses danseurs sans se référer à Lyotard, Derrida ou Bachelard. Il avait créé quelques ouvrages magnifiques, fait exploser la danse académique en lui conférant une modernité sauvage et éblouissante dans la veine de ce qu’avait lancé avant lui l’Américaine Karole Armitage. Le juste succès suscité par ses chorégraphies spectaculaires et ravageuses et la gloire qui s’en suivit lui donnèrent à penser qu’il lui fallait absolument rehausser son statut d’artiste en vue par une dimension d’intellectuel pensant. C’est alors qu’il entreprit des pièces d’un mortel ennui, d’une prétention risible, agrémentées de propos informes et sibyllins. Signées par un autre que lui, elles auraient fait fuir les foules, au Châtelet où il se produisit alors. Mais comme elles étaient frappées de son nom, il y eu longtemps des gens pour continuer à crier au génie tout en s’emmerdant ferme avec l’aveuglement
