Après quelques semaines, la lutte finale aura donc été remise à plus tard : c’est plutôt la fin de la lutte. Sans même un Grenelle de consolation, les tambours CGT et les trompettes CFDT ont replié leur attirail de kermesse et libéré leurs otages sans obtenir de rançon.

Pendant que la majorité des travailleurs se levait plus tôt que d’habitude pour essayer, par la route ou par le rail, d’aller travailler, c’est-à-dire d’échanger sa modeste utilité contre les moyens de sa subsistance, une minorité de fonctionnaires qui ne voit pas plus loin que le bout de ses avantages acquis tentait d’extorquer le maintien de ses privilèges contre la preuve de sa capacité de nuisance.

Ainsi, on a vu les marins corses − qui s’y connaissent en extorsion de fonds − obtenir dans une certaine discrétion que leur régime spécial ne soit pas touché par la réforme. On peut s’interroger sur la difficulté de leur travail. Vieillit-on plus vite en assurant la liaison Nice-Calvi sur un promène-couillons trois fois par semaine qu’en partant des mois sur un chalutier pêcher le thon jusqu’en Islande ? La réponse est non, mais la question n’est pas au désordre du jour.

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