Journaliste à Europe 1 et sur la chaine d’info Cnews, où elle anime sans langue de bois deux heures de direct, auteure d’un roman à succès sur les enfants français du djihad, Dans son cœur sommeille la vengeance (Plon), Sonia Mabrouk publie un livre où elle s’interroge sur le bon sens perdu. Reprenant le titre d’une très belle chanson de Charles Trenet, Douce France, elle nous met devant une évidence: en France, on fait n’importe quoi !


Ce coup de gueule devrait susciter des réactions assez fortes. C’est le but d’un texte rugueux.

La démission de nos clercs

Sonia Mabrouk ne fait pas dans le politiquement correct. Elle n’est pas sous moraline. Ayant grandi en Tunisie, où elle a fréquenté le lycée français – elle écrit de très belles pages sur son adolescence -, la journaliste possède cette capacité de pouvoir porter un regard distancié et critique sur la société française. Un peu comme le font Usbek et Rica, les deux voyageurs persans, à propos de la civilisation européenne, dans le roman épistolaire de Montesquieu, Les lettres persanes. Elle évoque de nombreux thèmes : la culture, l’école, les médias, les terroirs, la souveraineté, l’islam, etc. Sonia Mabrouk n’hésite pas à parler de choc de civilisations, concept qui dérange les censeurs médiatiques. Elle ne va pas jusqu’à parler de choc frontal entre les civilisations islamiques et occidentales, mais elle souligne : « Une chose est sûre : nous assistons à un face à face entre islam et chrétienté, ou plutôt entre islam et Occident. »

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Quelques lignes plus loin, elle rappelle que « par essence, l’idéologie islamique est nataliste et prosélyte ». Les Frères musulmans, confrérie présente en Europe depuis les années 1960, ont mis au point un projet politique visant à imposer l’islam radical partout en Europe. Face à cela, de nombreux responsables politiques, personnalités du show-biz, journalistes, ou encore intellectuels, se sont tus ou ont carrément encouragé cette soumission, pour reprendre le titre du roman de Michel Houellebecq.

Chirac, ami du bon sens ?

Mabrouk cite l’historien britannique Arnold Toynbee : « Les civilisations ne sont pas assassinées : elles se suicident. » La journaliste en appelle à un véritable sursaut de la civilisation occidentale afin de permettre une renaissance de la chrétienté. Vaste programme. Elle cite des auteurs aujourd’hui sur la liste noire des islamogauchistes qui tentent d’imposer leur idéologie : Fustel de Coulanges, Maurice Barrès, Ernest Renan. À propos de ce dernier, je me souviens de l’une de ses phrases : La France se meurt, ne troublez pas son agonie. » Ce qui n’est guère éloigné de l’affirmation de Pierre Nora que cite Sonia Mabrouk : « La France est sortie de la grande Histoire.»

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L’auteure prend en exemple le bon sens dont aurait fait preuve le président Jacques Chirac dans certains dossiers chauds, comme celui de la guerre en Irak imposée par le vice président américain Dick Cheney. Elle écrit : « Jacques Chirac restera sans doute le dernier président solidement doté de ce sens commun. » Pour les affaires corréziennes, c’est une évidence… Ce que je sais de Chirac, à propos de nos racines chrétiennes, de nos liens indéfectibles avec le christianisme, c’est qu’il a refusé d’inscrire une référence à la chrétienté dans le préambule de la constitution de l’Europe.

Cet antiracisme devenu fou

Le livre de Sonia Mabrouk déclenchera peut-être un sursaut salvateur chez nos compatriotes. Elle assène certaines vérités qu’il est bon de rappeler. Elle démontre, par exemple, que « l’antiracisme poussé au paroxysme est en train de miner nos sociétés. » Elle affirme, après une démonstration où rien n’est laissé au hasard, surtout pas le choix des mots, qu’elle « ne croit pas au multiculturalisme, du moins en France. » je vous laisse découvrir ses autres vérités, pleines, selon elle, de ce bon sens que les penseurs de gauche, encore eux, ont voulu discréditer. Elle exhume notamment cette phrase de Roland Barthes : « Le bon sens, c’est le chien de garde des équations petites-bourgeoises.»

Reconnaissons à Barthes le sens de la formule. C’est plus élégant, même si c’est creux, que « les gars qui fument des clopes et roulent en diesel », phrase méprisante de Benjamin Griveaux, visant les électeurs de droite. Ils sont insensés, ces gars-là.

Sonia Mabrouk, Douce France, où est (passé) ton bon sens. Lettre ouverte à un pays déboussolé. Plon.

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