Le patron des députés LR, Damien Abad, a dévoilé au Parisien le 19 octobre des propositions pour endiguer l’islamisme et protéger les professeurs. Alors que l’électorat conservateur français est ulcéré par la politique de la bougie, la droite essaie de se faire une petite place. 


L’assassinat de Samuel Paty à quelques centaines de mètres du collège dans lequel il enseignait, pour avoir montré des caricatures, a bouleversé la France. Reste maintenant a trouver des solutions pour éviter qu’un autre professeur ne soit tué par un fou d’Allah. La classe politique s’agite. Par la voix de Gérald Darmanin, le gouvernement promet d’expulser 231 étrangers fichés S et d’interdire le CCIF (Conseil Contre l’Islamophobie en France) et l’association humanitaire islamiste Baraka City.

Lundi, Marine Le Pen à quant à elle réclamé la mise en place d’une « législation de guerre », et même Mélenchon a osé parler d’islamisme, avant de s’en prendre à la communauté tchétchène qu’il avait déjà vilipendée suite aux évènements de Dijon…

Damien Abad polémique dans le Parisien

Du côté des Républicains, c’est donc Damien Abad, président du groupe LR de l’Assemblée nationale, qui s’est livré à des propositions. Pour lui, la question n’est pas nouvelle : il avait mis en place un groupe de travail sur le projet de loi sur le séparatisme, lequel doit être dévoilé le 9 décembre par la majorité. L’actualité l’a poussé à dévoiler plus tôt certaines de ses propositions. D’abord, il a proposé de faire entrer Samuel Paty au Panthéon. Mais comme beaucoup dans son parti, il a souligné que « les rassemblements et les hommages, nécessaires, ne suffisent plus ». Il appelle donc à « crever l’abcès », encore de mise quand il s’agit du problème islamiste en France.

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Le président du groupe LR a dévoilé au Parisien les propositions d’urgence que son parti entend porter après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine. Pour la rentrée du 2 novembre, Damien Abad demande que tous les collégiens et lycéens « aient des débats sur ce qui s’est passé » vendredi dernier. Et le député LR a prévu une réponse si des propos tendancieux étaient tenus : « En cas de manifestation d’une forme ou d’une autre de soutien à cette action barbare, il faudra convoquer les parents et un conseil de discipline ! »

Il ne s’agit pas d’agir que dans le cadre de la rentrée. Damien Abad souhaite « la mise en place d’un numéro vert d’urgence relié à une cellule interministérielle Éducation nationale/Intérieur pour que les enseignants puissent signaler toutes les atteintes à la laïcité ». Ce qui devrait aussi permettre de mieux les protéger, alors que les établissements ne sont pas toujours au soutien, ou à l’écoute de leurs professeurs. Le député veut contraindre les établissements à « interdire les menus confessionnels » et mener une enquête administrative « préalable à l’embauche de tout agent du service public ». Enfin, Damien Abad veut « instaurer des cours sur les valeurs de la République et la laïcité », mais surtout que « ces cours soient sanctionnés par une épreuve obligatoire au brevet pour être certain qu’ils soient donnés ». Dans les collèges à problèmes cela s’annonce sportif.

Attaques contre l’immobilisme du gouvernement

Problème: ce que le président Macron appelle « le séparatisme », ne se cantonne pas au milieu scolaire. Il s’agit de lutter, de contrer, la propagation de l’intégrisme islamique dans le pays.

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Damien Abad craint ainsi que la loi contre le séparatisme n’aille pas assez loin. A l’assemblée nationale, il s’est surtout distingué en rappelant les refus du gouvernement et de la majorité à adopter certaines dispositions envisagées par LR pour contrer l’islamisme depuis trois ans. « Expulser les étrangers fichés pour radicalisation et terrorisme de notre territoire national ? Refusé ! Fermer les 100 mosquées salafistes et les salles de prières radicalisées ? Refusé ! Expulser les imams radicalisés ? Refusé ! Etc… » La liste était longue.

Dans le Parisien le député LR confirme vouloir fermer l’ensemble des salles de prières et mosquées radicalisées, et même changer la Constitution pour pénaliser la consultation de sites djihadistes ou permettre la rétention des individus radicalisés sortis de prison après y avoir effectué leur peine. Les Républicains, souvent inaudibles politiquement, coincés entre le Rassemblement National et la République en marche, parviendront-ils à se faire entendre dans la lutte contre l’islamisme ?

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