Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy publient Quand la psychose fait dérailler le monde (Gallimard, Tract).


Anciens élèves de l’ENS, Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy sont normaliens et géopolitologues. Grand reporter international, Renaud Girard est le chroniqueur de politique étrangère du Figaro. Pendant plus de trente ans, il a couvert sur le terrain la majorité des conflits et des crises de la planète. Jean-Loup Bonnamy est professeur agrégé de philosophie.

Causeur. Votre essai fustige l’émotion désordonnée à la suite de l’épidémie de coronavirus venue de Chine. Nous voici reconfinés. Faisons-nous toujours fausse route, selon vous ?

Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy. Oui, plus que jamais. Et ce pour au moins deux raisons.

La première raison est la faible efficacité sanitaire du confinement pour lutter contre le Covid-19 et sauver des vies. L’Argentine est confinée depuis le printemps et le nombre de morts du Covid y augmente encore. Au contraire, Taïwan (21 millions d’habitants) n’a pas confiné et n’a eu que sept morts ! Vouloir arrêter une épidémie avec le confinement, c’est comme vouloir arrêter la mer avec ses bras. Le virus est une création de la nature. Si l’épidémie s’est arrêtée partout en Europe en mai (y compris en Suède, pays qui n’a pas confiné), c’est en grande partie pour des raisons naturelles. Si elle reprend aujourd’hui (sauf en Suède pour le moment), ce n’est pas à cause d’un «relâchement» des Français ni d’un déconfinement trop rapide ni d’une perte de contrôle, mais pour des raisons naturelles. C’est un fait bien connu que dans les régions tempérées comme l’Europe (ce n’est pas le cas dans les autres types de climats), les virus respiratoires sont plus contagieux et plus violents à la saison hivernale. C’est d’ailleurs cette saisonnalité des virus respiratoires qui nous a permis d’annoncer dans notre livre (avec raison, hélas) la survenue d’une deuxième vague et la saturation pour l’automne de notre système hospitalier. Et c’est pour cette même raison que nous ne croyons pas au confinement. 

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La deuxième raison de notre critique du confinement est bien sûr économique et sociale. Le premier confinement a déjà jeté un million de Français en plus dans la pauvreté. Les bénéficiaires de l’aide alimentaire ont augmenté de 30%. Si le confinement était un essai médicamenteux, on l’arrêterait tout de suite à cause des effets secondaires terribles ! Il ne s’agit pas d’opposer économie et santé, car les crises économiques dégradent notre santé et tuent aussi.

Les médias jouent un rôle extrêmement pervers dans toute cette affaire

Surtout, le confinement et ses effets économiques menacent notre système hospitalier. En effet, c’est l’activité économique qui, grâce à des impôts et à des charges, finance notre système hospitalier. Si on contracte l’activité, il y aura moins de rentrées fiscales et donc moins d’hôpitaux, moins de lits, moins de respirateurs avec des soignants moins nombreux et moins bien payés. Pour sauver notre système hospitalier, il faut déconfiner au plus vite ! 

Le président Macron, qualifié de « président des riches » depuis son élection, décide pourtant de faire passer la santé des Français avant l’économie. Pourquoi ?

Le président de la République n’a aucune envie de se retrouver avec 400 000 morts du Covid, comme le lui pré

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