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Qui veut la peau du Puy du Fou?

L’histoire n’est pas le domaine réservé des historiens de gauche

Qui veut la peau du Puy du Fou?
Emmanuel Macron, ministre de l'économie, en visite au Puy du Fou aux côtés de Philippe De Villiers, 19 août 2016, Les Epesses © SEBATIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Dans Le Puy du Faux (Les Arènes, 2022), quatre historiens accusent le célèbre parc de Vendée fondé par Philippe de Villiers de falsifier l’histoire. Le journaliste Hervé Louboutin, qui participa à la création du parc à la fin des années 1970, prend la plume pour déconstruire les déconstructeurs…


Quarante-cinq ans après le lancement en Vendée du spectacle du Puy du Fou sur la colline inspirée des Epesses, et l’ouverture de son parc historique à ciel ouvert, on trouve encore des universitaires ou prétendus tels pour juger péremptoirement que la saga vendéenne « déforme l’Histoire »!

Ce qu’ignorent évidemment les deux millions de spectateurs qui parcourent les allées de ce grand village chaque saison et qui emportent avec eux, dans leurs mémoires et dans leurs rêves, un supplément d’âme, qu’aucun autre spectacle ou parc d’attractions n’est capable de prodiguer à l’envie.

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Ayant été mêlé de près aux prémices de l’aventure dès 1977, et n’ayant cessé depuis lors de fréquenter assidûment la communauté puyfolaise, j’ai ouvert le livre desdits universitaires intitulé Le Puy du Faux paru aux éditions « Les Arènes » avec une once de circonspection tant la ficelle me paraissait un peu grosse, pour tout dire, à avaler et surtout à digérer…

Un militantisme, sous couvert d’histoire

Messieurs Besson et Lancereau, Mesdames Ducret et Larrère, signataires du pamphlet annoncent dès la première page leurs réelles intentions en expliquant qu’ils revendiquent pour eux-mêmes la « Science légitime » et l’ « Histoire autorisée » tout en s’en défendant dans un souci d’humilité, cela va sans dire! Professeurs à Arles, à la Réunion, et à Toulouse, nos quatre têtes pensantes ont parcouru les allées du Parc et les tribunes de la Cinéscénie pour y débusquer la « propagande » que le créateur de la dite épopée aurait diffusé en filigrane pour tromper les braves gens!

Nos censeurs, élèves de la pensée des maîtres sorbonnards ont, à l’évidence, reçu mission de leur commanditaire de casser le Puy du Fou. En saluant d’abord son génie conceptuel et en débinant ensuite le fil conducteur de son récit qui cumulerait trois péchés capitaux : la nostalgie, le passéisme et le catholicisme.

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Quelques têtes de chapitres suffisent à le comprendre aisément: « l’illusion du vrai », le « passé dépassé », « princesses et chevaliers », « peuple et élites », « Dieu et la Nation » et tutti quanti… En fait, leur petit livre laborieux, écrit comme des mémoires de thèse, n’intéressera pas grand monde tant il est suffocant d’idées reçues et de poncifs ennuyeux. À force de découper en rondelles le récit historique, on le prive du souffle qui le porte et du substrat qui le fait vivre !

Nos historiens en goguette laissent trop percer leurs a priori et leur idéologie pour nous convaincre de la grande loyauté de leur démarche réelle qui est, principalement, de jeter un voile d’opprobre sur la saga vendéenne qui n’a que faire de leurs aigreurs – universitaires ou pas!

Car la réalité du Puy du Fou est beaucoup plus simple. Il s’agit seulement, la nuit et le jour, de raconter une belle histoire de France à un public français et étranger, de toutes conditions sociales et de toutes convictions, pour le faire rêver et lui donner envie de continuer cette découverte ailleurs, ici et là, en lisant ou en marchant. Simplement.

Un succès populaire qui dérange

Nos deux historiens et nos deux historiennes auraient dû laisser parler leurs cœurs. Avec simplicité et franchise. Du haut de leur chaire sentencieuse et prétentieuse, ils pérorent somme toute dans le vide en oubliant l’essentiel. Celui d’un immense succès populaire depuis un demi-siècle dont le succès ne faiblit pas, par la grâce d’un récit captivant et d’une représentation hors pair. Notre quarteron en mission aurait dû méditer la sentence de Jean Cocteau avant d’affuter leur plume vengeresse: « L’Histoire c’est du vrai qui se déforme. La Légende c’est du faux qui s’incarne »

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Le Puy du Fou est d’abord et avant tout un lieu de communion et d’émotions partagées. Un spectacle populaire. Pour donner et redonner le goût de l’Histoire comme les meilleures émissions de télévision le font encore, parfois, aujourd’hui. Cette enquête sur le Puy du Fou écrite à quatre mains, en à peine deux cents pages, sonne faux. Elle ne convainc pas. Elle est même ennuyeuse. Car elle demeure finalement, de bout en bout, un très mauvais procès d’intention…

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Journaliste et éditeur.

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