Une bougie de plus pour Philippe Sollers. Pascal Louvrier se souvient de l’auteur de Femmes, roman prophétique.


28 novembre, malgré le froid et la grisaille, je pense à Sollers comme si c’était un soleil au-dessus de nos têtes devenues molles. C’est le jour de son anniversaire. Je me souviens, en 1982, nous étions sur le bac entre l’île de Ré et le continent. Sollers, pantalon blanc et chemise bleue, avait dans son sac le manuscrit de Femmes. Il avait allumé une cigarette de sa main baguée, bagues différentes de celles qu’il porte aujourd’hui, et m’avait dit: « C’est une bombe portative. » C’était la fin de l’été, ou pas loin. Il changeait en plus d’éditeur. Adieu Le Seuil, vive Gallimard, « la banque centrale ».

Déclaration de guerre au féminisme

Femmes, c’est son chef-d’œuvre. Description de notre époque, celle où l’on est attaqué de toutes parts, c’est-à-dire les hommes qui fréquentent les chemins de traverse, les rizières du non-conformisme. Femmes, en avance de plus de trente ans. Désormais le cauchemar est quotidien, les caméras tournent en permanence, les images circulent à la vitesse de l’éclair, les réseaux sociaux condamnent plus vite que Robespierre et ses idéologues zélés. La moraline est partout, les stocks sont illimités. L’hystérie collective est aux commandes, partout. Les artistes sont réduits au silence par les terroristes de l’horizontalité.

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