Notre-Dame, Hidalgo, guerre économique américaine, petits pois : notre nouveau numéro est sorti.


« Emmanuel Macron se livre à un consternant numéro de manager cherchant à motiver ses cadres – « Plus belle ! Plus vite ! Plus neuve ! » Ainsi ramène-t-il l’événement Notre-Dame à sa réelle, sinon à sa juste place : une occasion de se mettre en scène, dans le rôle du bâtisseur et du sauveur de l’entreprise France. Le chantier sera fini dans cinq ans, fermez le ban « , s’en amuse Elisabeth Lévy. Cinq ans, voici le délai imposé par le président pour reconstruire Notre-Dame en mieux. Une étrange coïncidence avec les Jeux Olympiques 2024 qu’Anne Hidalgo assume et revendique. Tout cela nous a inspiré un numéro entier de Causeur autour de « Notre-Dame des touristes ».


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Pour Alain Finkielkraut, « L’incendie de Notre-Dame n’est ni un attentat ni un accident, c’est une tentative de suicide. Confrontée aux cargaisons de touristes et encerclée par la laideur, la cathédrale a voulu mettre fin à ses jours. Si nous ne savons pas nous montrer dignes du malheur qui nous frappe, elle recommencera. » Bigre ! Tout aussi perplexe, l’historien des religions Jean-François Colosimo estime que si Emmanuel Macron a réagi à l’incendie de Notre-Dame par une première adresse sobre et habitée, il a ensuite cédé aux mirages de la communication et du bougisme en collant à l’agenda olympique. D’après l’amoureux du patrimoine Jonathan Siksou, 90% des incendies qui frappent les monuments historiques se déclarent lors des chantiers de rénovation. Avant Notre-Dame, le Ritz, la Maison de la Radio et le Palais de Chaillot en ont fait les frais. Dans tous les cas, le manque d’entretien impose des travaux d’envergure durant lesquels la moindre négligence peut allumer la mèche. A croire que tout se perd. Inquiétant…

Interrogeant l »historien de l’architecture Jean-Baptiste Minnaert, Pierre Lamalattie nous rappelle l’apport décisif de Viollet-le-Duc à la restauration de Notre-Dame au XIXe siècle. Pessimiste, Alexandre Gady considère que la précipitation présidentielle n’annonce rien de bon car une restauration à l’identique exige une réflexion poussée sur l’identité profonde de l’édifice. Quant à Olivier Rey, ce grand lecteur de Pasolini fubris l’ubris de notre temps et espère que la Notre-Dame restaurée ne soit ni macronisée ni « upgradée ».
Notre avenir est-il écrit outre-Manche ? Au Royaume-Uni, de plus en plus d’églises détenues par des congrégations deviennent des mosquées ou des centres islamiques, désaffection des fidèles et poussée démographique obligent. Ana Pouvreau et Mark Porter ont mené l’enquête.

Coté actualités, Erwan Seznec a exploré le cerveau d’Anne Hidalgo, ou plutôt crapahuté dans les médandres de la ville de Paris, où alliés communistes, lobbystes multicu et LGBT se taillent la part du lion.

Passons du coq à l’âne.  Dans la guerre économique qu’ils nous livrent, les Etats-Unis disposent d’une arme fatale : l’extraterritorialité de leur droit. Sous couvert de mesures anti-corruption ou de lois d’embargo, Washington assujettit les grandes entreprises étrangères. Pour contrer cette guerre économique, la France a transposé des pans entiers du droit américain. Une stratégie risquée, nous dit le spécialiste Olivier de Maison Rouge.

Last but not least, notre besace culturelle est bien remplie. Dans leur Grand livre du pop, le collectionneur Jean-Bernard Hebey et le journaliste Christian-Louis Eclimont dissèquent la culture pop des années 1945-1975. Sur fond de capitalisme triomphant, ce mouvement protéiforme (musique, peinture, cinéma, design) a marqué la prise de pouvoir des jeunes baby-boomers insouciants sur leurs aînés. Pendant que Jérôme Leroy nous présente les nouveaux Manchette du polar hexagonal, Paulina Dalmayer nous guide dans les couloirs du musée d’Orsay. Une expo sur le modèle racisé aux accents décoloniaux. Tout un programme…
Enfin, Emmanuel Tresmontant nous fait goûter les exquis petits pois des Baux-de-Provence, un caviar vert qui se déguste cru. A bientôt les fines bouches !

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