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Mila renvoyée: “Que nos politiques regardent la situation en face!”

Dans cette affaire pour l’instant ils ont perdu

Mila renvoyée: “Que nos politiques regardent la situation en face!”
Mila. Image: capture d'écran twitter / Quotidien / TMC

Le Point vient de révéler que l’établissement militaire qui avait consenti à accueillir Mila en février a décidé de l’exclure. L’ado avait initialement été exfiltrée de son lycée de l’Isère en raison de menaces de mort, suite à des propos sur l’islam. Son père a écrit une lettre, publiée sur le site du journal. Alors qu’aucun élève de son ancien établissement n’aurait jamais été sanctionné, Céline Pina réagit


Cette enfant n’a fait qu’exercer un droit de critique sur une religion. Depuis elle vit un enfer et sa vie est menacée.

Face à cela, les politiques ont choisi de mettre la poussière sous le tapis et les institutions l’abandonnent. On découvre dans cette lettre comment Mila a été traitée dans son internat et on se demande ce que l’on peut attendre d’adultes, militaires ou professeurs qui sacrifient un être humain et l’abandonnent à des fous furieux pour gagner un peu de temps pour eux, sans même se rendre compte qu’ils sont sur la liste des personnes à abattre. Demandez-donc aux soldats en opérations extérieures si les islamistes sont des gens que l’on arrête en leur livrant des otages? Ils ont un projet politique et ils haïssent ce que nous représentons: le choix de la raison pour nous gouverner, l’égalité des droits et les libertés publiques. Ils focalisent sur Mila mais nos vies ne valent rien à leurs yeux.

En sacrifiant Mila, la France ne sauvera personne. Pas un seul d’entre nous. Au contraire, elle fera même monter le niveau de violence: la faiblesse de l’adversaire accentue la prédation et accélère les passages à l’acte, mais surtout elle les installe dans la durée.

Si nos gouvernants et notre président avaient un peu de dignité et de courage, ils auraient commencé par virer la personne qui exerce la charge de proviseur de son lycée. Un adepte du « pas de vague » si on en croit ce courrier. Exclure ce type de personnalité des fonctions dirigeantes voire de l’institution serait un message qui en soit constitue un positionnement de l’institution. Et il faut le faire en invoquant l’incapacité de faire face à ses devoirs et obligations. Cela remettrait les pendules à l’heure chez les carriéristes.

Il est indispensable que nos dirigeants lancent des procédures judiciaires et internes pour sanctionner tous les lycéens qui l’ont menacée de mort, avec enquête sociale sur les enfants et les familles, amendes et suspension des aides sociales à la clé (une piste à creuser dans le cadre de la loi séparatisme), et expulsion ou retrait des titres de séjour de la famille si le lycéen n’est pas Français, comme des sanctions lourdes s’il est inexpulsable.

Et il faut que cela touche les personnes scolarisées dans son lycée et qui ont participé au harcèlement. On n’imagine pas tout ce que les sanctions de proximité changeraient si les gens voyaient à quel point épouser les causes des islamistes posaient des difficultés à leurs adeptes. Là c’est le contraire: ceux qui se sont comportés en nervi des islamistes paradent. La force a gagné contre la loi, les adultes baissent les yeux devant eux, ils ont gagné. Il est temps là aussi de remettre quelques pendules à l’heure.

Mais surtout, si nos politiciens étaient des hommes d’État, alors cette jeune fille serait à l’étranger, dans une école d’art ou en formation artistique, à nos frais. Et s’il faut prendre en charge sa famille aussi, faisons-le et soyons en fiers. S’il faut pour la protéger un temps dissimuler son identité, organisons-nous. La meilleure réponse à la menace islamiste dans cette affaire est de transformer cela en une opportunité pour Mila et sa famille, d’assumer tous les frais car à travers elle nous assumons ce que nous sommes en tant que peuple et nous soutenons une Marianne en herbe.

Certes, « si le gouvernement fait cela, il reconnait qu’il a perdu », ce qui dans le milieu politique sert à justifier l’inaction au nom de la préservation de l’image. Mais que nos politiciens regardent la situation en face, dans cette affaire pour l’instant ils ont perdu. Tout le monde l’a vu et les islamistes ont noté à quel point nos politiques étaient lâches et pour certains, dont Ségolène Royal, prêts à leur céder.

Face à l’islamisme, aujourd’hui, notre gouvernement ne peut pas protéger Mila, pas plus que son peuple. Il n’a pas pu protéger Samuel Paty. C’est un fait. Mais poursuivre sur cette voie n’est pas inéluctable. Pour mettre fin à la logique des assassinats politiques, il faut arrêter avec le « en même temps » et assumer un fait très simple : refuser d’accepter l’islamisation des mœurs au nom de l’accueil d’une population immigrée n’est pas du racisme. Si pour accueillir nous devons sacrifier ce que nous sommes, alors les Français ne l’accepteront pas et c’est tout à fait normal. À ce titre notre problème principal ne sont pas les discriminations mais bel et bien la violence politique. Pour justifier celle-ci, les islamogauchistes évoquent racisme et discriminations, sauf que cela ne se vérifie pas : les actes anti-musulmans sont bien moins nombreux que les violences subies par les juifs et les chrétiens, et le racisme en France existe certes, mais est plutôt résiduel sauf dans les banlieues où monte la haine raciale, mais là aussi elle est cultivée par les mouvements politiques décoloniaux, alliés des islamistes.

Bref le gouvernement n’a pas à s’excuser de protéger son peuple et une enfant du peuple des islamistes. Il n’a pas à compenser un combat légitime en ouvrant une plateforme de dénonciation des discriminations. Laquelle va aussitôt être instrumentalisée contre la République par des mouvements idéologiques qui pourront ainsi attaquer leurs adversaires et faire croire qu’une dénonciation postée par un gugusse sur une plateforme équivaut à une reconnaissance de l’infamie de la personne ainsi dénoncée.

En revanche, si ce gouvernement veut agir pour la République, il peut rétablir la discipline et l’exigence au sein de l’école de la République, afin que les mérites puissent être reconnus et l’ascenseur social remis en route par exemple. Pour cela il va falloir aussi regarder en face l’état d’un corps enseignant loin d’être composé de hussards noirs de la république. À ce titre il faut relire le rapport qui raconte l’attitude de certains collègues de Samuel Paty et la cabale que certains profs ont voulu mener contre lui, il est éclairant sur la pénétration de l’idéologie des islamistes dans les discours, y compris au sein de la salle des profs : respect des religions, accusation de racisme larvé, attention disproportionnée portée à tout scandale fait au nom de l’islam. Et c’est souvent l’antiracisme dévoyé des indigénistes en mode Bouteldja/Obono qui a assuré la livraison et la légitimation de cette propagande dans les facs et les instituts de formation.

Certes exfiltrer Mila est un terrible aveu d’impuissance, mais cette impuissance est une réalité. Même face à la décapitation d’un professeur, une partie de la classe politique fait semblant d’ignorer que la multiplication des assassinats politiques parle des déclinaisons d’un affrontement de civilisations et non d’une accumulation de faits divers sanglants. Nous n’échapperons pas à la violence en mettant la tête dans le sable alors doit-on sacrifier une enfant pour que des politiciens puissent continuer à se palucher l’ego et faire croire qu’ils contrôlent quelque chose ? Quel curieux sens des réalités. La réponse est non. Et c’est un choix politique. Le plus humiliant pour les islamistes serait que leur acharnement se transforme en opportunité pour Mila et se retourne contre leurs petits télégraphistes, qu’ils pourrissent la vie des lycées ou des quartiers.


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Ancienne conseillère régionale PS d'Île de France et cofondatrice, avec Fatiha Boudjahlat, du mouvement citoyen Viv(r)e la République, Céline Pina est essayiste et chroniqueuse. Dernier essai: "Ces biens essentiels" (Bouquins, 2021)

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