Au temps du corona, Causeur poursuit sa mission : informer, débattre, réagir. Malgré le confinement, vous pourrez acheter ce numéro largement consacré à la crise sanitaire et à ses conséquences futures en le commandant directement sur notre site ou dans les maisons de presse qui restent courageusement ouvertes. Covid-19, Marcel Gauchet, clientélisme des maires, Rassemblement national, Jean Giono : notre numéro d’avril vous ouvre ses portes.


Quelle mouche nous a tous piqués ? A tort ou à raison, en quelques semaines, nous sommes devenus Chinois. Par peur du Covid-19, dont la virulence n’a d’égale que la volatilité, une bonne partie de la planète, et singulièrement la France, s’est résignée à vivre cloîtrée. La bonne parole de nos politiques, qui nous annonçaient hier encore une bonne grippe et craignent aujourd’hui l’apocalypse sanitaire, donne l’impression d’un dogmatisme qui navigue au gré du vent. Dans ses habits neufs de médecin malgré lui acquis au « produisons français » et (provisoirement) réconcilié avec les frontières, Emmanuel Macron semble s’être déchargé sur les technocrates de la santé. Or, comme s’en émeut Elisabeth Lévy, « que la parole des médecins ait aujourd’hui la préséance, on le comprend. Elle ne saurait être exclusive (…) Si nous restons tous chez nous 24 heures sur 24, privés du droit de se dégourdir les jambes et de sortir Médor, le virus cessera de circuler, mais nous deviendrons tous fous, sans compter que des dizaines de milliers de Français, qui continuent à bosser, perdront leur emploi ou leur outil de travail ». Eh oui, « entre les approuveurs et les complotistes, il doit y avoir de la place pour une critique raisonnable ».

Sacré Raoult !

Depuis le début de la pandémie, l’administration médicale a donc pris le pas sur le gouvernement des hommes. Anne-Laure Boch dénonce ce putsch des blouses blanches qui accomplit le vieux rêves des totalitarismes : confier le pouvoir à une technocratie médicale aux moyens titanesques. Le trublion Didier Raoult essaie de secouer le cocotier en proposant un traitement à base de chloroquine. Trop précoces, les résultats de ses expériences n’autorisent aucune conclusion hâtive mais le grand infectiologue marseillais pourrait avoir raison contre ses pairs trop prudents. Son ancien élève Charles Seyrol décrypte les tenants et les aboutissants du débat.

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Plus globalement, l’heure sera bientôt venue de retenir les leçons de la crise pour construire le monde d’après. À cet égard, dans un entretien-fleuve avec Elisabeth Lévy, le philosophe Marcel Gauchet se garde bien de tout triomphalisme. L’exécutif ne sachant plus à quels saints se vouer, dès que le virus aura le dos tourné, le règne des économistes risque de succéder au gouvernement des médecins et le conformisme libre-échangiste reprendra de plus belle.

Pour Alain Finkielkraut, la sagesse n’a jamais été aussi malmenée que ces dernières semaines. D’aucuns imputent en effet aux gouvernants la responsabilité de l’hécatombe mondiale, oubliant le tragique de l’histoire.

Hervé Juvin n’en démord pas moins : dans un monde sans frontières, la dissolution de l’État et de la nation nous a conduits au sous-développement. Cette fuite en avant tuera tant que nous n’aurons pas substitué le savoir-vivre écologique au culte du marché.

Le RN migre vers la gauche

Chapitre actualités, oublions un instant l’épidémie en cours. Cap sur le Pas-de-Calais et les municipales avortées. Au premier tour des municipales, Bruay-la-Buissière a mis en tête le jeune député RN Ludovic Pajot. Certes épargné par l’immigration, ce bastion socialiste du bassin minier, tristement célèbre sous son ancien nom de Bruay-en-Artois, subit les effets de la désindustrialisation et le chômage. Reportage signé bibi. En toute logique, on peut se demander si à force de devenir étatiste, antilibéral, républicain, le Rassemblement national aurait trop dérivé vers la gauche…

Comme nous le rappelle Céline Pina, le premier tour des élections municipales a confirmé l’emprise des islamistes sur de nombreuses banlieues françaises. Alliés aux caïds de la drogue, ils s’infiltrent aussi bien à droite qu’à gauche pour mettre les villes sous coupe réglée.

Giono et Lacretelle

Enfin, Jérôme Leroy commémore le cinquantenaire de la mort de Jean Giono (1895-1970), le seul écrivain païen de langue française. Un volume de Gallimard permet d’explorer différentes facettes de son œuvre lumineuse dont la nature est le cœur vivant. Mention spéciale à Patrick Mandon qui s’est entretenu avec Anne de Lacretelle. En hommage à son père proche de Proust, la fille du célèbre écrivain publie Tout un monde, Jacques de Lacretelle et ses amis. Ce beau portrait d’un homosexuel amoureux de sa femme, hédoniste ascète de la plume et philosémite ami des Morand ressuscite une époque révolue. Cent ans après, nos années 20 commencent bien mal. Courage, en plein confinement, rien n’est perdu, fors l’honneur !

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