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Emmanuel Macron néglige l’Espagne de Pedro Sánchez

Une relation à sens unique

Emmanuel Macron néglige l’Espagne de Pedro Sánchez
Pedro Sanchez et Emmanuel Macron à l'Elysée, le 27 mai 2019. Shutterstock40711837_000011 Alfonso Jimenez/REX/SIPA

Tournée vers l’Allemagne et l’Angleterre, la France ne se préoccupe pas de l’Espagne. Ce pays ne rentre pas dans la perspective géopolitique française, alors que du côté de la péninsule la France est beaucoup commentée.


Entre anniversaire des « gilets jaunes », tensions sociales diverses et grève multisectorielle le 5 décembre, le président de la République française, Emmanuel Macron, a renoncé à se rendre en personne à la COP25, qui se déroulera à Madrid du 2 au 13 décembre 2019.

La capitale espagnole a récupéré l’organisation de cet événement mondial, qui rassemblera près de 25 000 personnes au palais des congrès de l’IFEMA, à la suite des troubles qui agitent le Chili. Un véritable défi à relever en quatre semaines seulement.

Trajectoire diplomatique au long cours

L’absence du chef d’État français n’est pas dramatique pour l’Espagne. Il sera représenté par de nombreux ministres, diplomates et technocrates et il n’est pas dit que des décisions transcendantes soient prises. Néanmoins, ce faux bond de la part de Paris renforce un sentiment de mépris ou, à tout le moins, d’ignorance à l’égard de Madrid. Une longue trajectoire de rencontres manquées.

Les relations transpyrénéennes ont souvent été compliquées depuis le début de la Cinquième République: Charles de Gaulle n’a jamais pu se rendre en visite officielle en Espagne durant son mandat, pas plus que Georges Pompidou, en raison de la dictature franquiste; Valéry Giscard d’Estaing est parvenu à repousser l’entrée officielle de l’Espagne et du Portugal dans la CEE pour des raisons de politique intérieure ; François Mitterrand a d’abord refusé de collaborer avec les autorités espagnoles dans leur lutte contre le terrorisme basque ; José María Aznar et Jacques Chirac se vouaient un mépris réciproque et les relations se sont tendues avec l’engagement espagnol dans la guerre en Irak ; Nicolas Sarkozy a eu des mots très durs sur l’état économique de notre voisin ibérique après le déclenchement de la crise de 2008 ; enfin, la tentative de rapprochement tentée par Mariano Rajoy à l’égard de François Hollande n’a guère été couronnée de succès, ce qui a poussé le président du gouvernement à se tourner vers Angela Merkel.

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L’élection d’Emmanuel Macron n’a pas permis d’améliorer les rapports qu’entretiennent les deux nations. Bien au contraire, jamais notre voisin pyrénéen n’a aussi peu intéressé les autorités politiques françaises, notamment au plus haut niveau.

Traditionnellement, Paris et Madrid se retrouvent dans le cadre de sommets franco-espagnols (Cumbres Francoespañolas), qui se déroulent alternativement en France et en Espagne. En 2009, Nicolas Sarkozy s’était rendu outre-Pyrénées avec son épouse et y avait rencontré la famille royale espagnole dans le cadre d’une visite d’État. Deux ans plus tard, François Hollande recevait Mariano Rajoy au palais de l’Élysée en présence d’une grande partie de leurs gouvernements respectifs. Malgré les désaccords entre les deux exécutifs, Madrid, Paris puis Málaga avaient accueilli à leur tour de telles réunions en 2013, 2014 et 2017. Depuis lors, plus aucun sommet de ce genre n’a été programmé et il ne semble pas pour le moment que 2020 doive déroger à la règle. Emmanuel Macron ne…

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Nicolas Klein est agrégé d'espagnol et ancien élève de l'ENS Lyon. Il est professeur en classes préparatoires.

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