Un acteur en majesté, un polar bourguignon gouleyant et une merveilleuse reprise, c’est le tiercé gagnant et francophone d’un mois de cinéma polyphonique comme il se doit.
Art brut
L’Art d’être heureux, de Stefan Liberski
Sortie le 30 octobre
Le film pourrait s’appeler L’Art d’être Benoît Poelvoorde et tiendrait ainsi sa promesse. Il s’intitule plus platement L’Art d’être heureux, mais on ne lui en veut pas car, justement, brille en son centre un acteur-roi, un phénomène d’écran dont chaque apparition relève du funambulisme détraqué : au fil des scénarios et des réalisateurs, ça passe ou ça casse, ça frise le génie pur ou ça s’écrase dans le cabotinage. On dit Poelvoorde « fragile » (euphémisme) en dehors des plateaux, en feignant de croire qu’il est « fort » quand on dit « Action ! » (« Pourquoi faire ? » dixit Depardieu). C’est cette éventuelle faiblesse qui rend son jeu improbable, imprévisible et incroyable. Depuis 1992 et l’iconoclaste C’est arrivé près de chez vous, de Rémy Belvaux et André Bonzel, l’acteur belge alterne les tournages de films d’auteur, de comédies réussies et de pochades sans nom. Sans lui, Podium de Yann Moix ne serait qu’une épure de bonne idée. Il en est de même pour Les Randonneurs et Le Vélo de Ghislain Lambert, tous deux de Philippe
