La porte-parole des Républicains Lydia Guirous et l’ancienne journaliste de Charlie hebdo Zineb El Rhazoui partagent un même diagnostic et un engagement sans faille contre l’islamisme. Par delà-droite et gauche, le combat contre l’islamisme des Frères musulmans est la mère de toutes les batailles culturelles.


Dans sa conférence de presse du 25 avril dernier, Emmanuel Macron déclarait vouloir lutter contre « l’islam politique » qui veut faire « sécession ». Lydia Guirous le prend au mot, et publie une tribune dans le Journal du dimanche pour lui demander de passer aux actes, d’ordonner la dissolution de toutes les organisations affiliées aux Frères musulmans, notamment « Musulmans de France » ex-UOIF, et de suivre l’exemple de la Grande-Bretagne, de l’Égypte et des Émirats Arabes Unis en déclarant la Confrérie organisation terroriste. Cet appel est particulièrement bienvenu, et mérite d’être abondamment relayé.

Guirous, une chance pour la France

Certes, j’entends d’ici ceux qui accuseront la porte-parole de LR d’opportunisme électoral. Ce serait oublier qu’elle s’est saisie d’un discours dont elle n’a pas fixé la date, et qu’elle mène cette lutte depuis longtemps. Née en Algérie, Lydia Guirous a la lucidité vigilante de ceux qui savent ce que furent les années noires de la guerre civile contre les islamistes. Son courage est le chant d’un cor dans les montagnes, écho de la Kahina, reine et héroïne des Aurès.

Française, passionnément française sans idéaliser la France mais sachant aimer ce qu’elle a de plus grand, elle est farouchement attachée à l’universalisme de nos valeurs. C’est par conviction que celle qui a écrit Allah est grand, la République aussi est candidate sur la liste d’un jeune philosophe amoureux de la culture, pleinement conscient du devoir de transmettre, qui sait qu’on va à Athènes en pèlerin et non en touriste, et qui propose d’inscrire dans les traités européens les racines gréco-latines et judéo-chrétiennes de notre civilisation, ainsi que l’héritage des Lumières. Preuve, si besoin était, que l’affirmation de cette identité n’est pas rejet égocentrique de l’autre, mais simplement conscience de ce que nous sommes et donc de ce que nous avons à partager.

Certes, l’islam littéraliste théocratique ne se limite pas aux Frères musulmans. Il est aussi dans les réseaux wahhabites de l’Arabie Saoudite, le Tabligh, les Talibans, le Milli Gorüs d’Erdogan…. Mais en France, c’est sans doute la Confrérie qui a le plus répandu son influence, directe ou indirecte, s’appuyant en premier lieu sur cette association « Musulmans de France » dont le nom même est une tentative de confiscation de la foi de nos concitoyens musulmans. Sans oublier, complices ou idiots utiles, toutes les nébuleuses « anti-islamophobie » et « indigéniste », du CCIF au PIR en passant par l’UNEF, Sud Éducation et Al-Jazira+.

La confrérie totalitaire

Certes, la mention du nazisme pourrait évoquer une reductio ad hitlerum. Mais il n’en est rien. Si la stratégie d’influence des islamistes ressemble à celle du communisme stalinien ou maoïste, en particulier dans le monde universitaire, leur idéal est de type fasciste. Ce aussi parce qu’ils avaient conscience de leur proximité idéologique que les islamistes et les nazis étaient alliés, comme le résume Zineb El Rhazoui: « La quasi-totalité des organisations ou régimes islamistes qui existent aujourd’hui sont sortis de la matrice de la secte des Frères musulmans, cette mouvance créée par Hassan el-Banna (qui) n’a jamais caché sa grande admiration pour Hitler. Par ailleurs, la simple observation de ce qu’est l’islamisme en 2019 nous permet de constater qu’il ne s’agit pas là d’une spiritualité individuelle, mais plutôt d’un bloc identitaire qui possède nombre des caractéristiques méthodologiques des fascismes. »

Certes, on peut débattre de la nature terroriste des Frères musulmans. Rappelons simplement que s’ils préfèrent l’influence ils ne reculent pas devant la violence, et que s’il y a des nuances, des rivalités, des oppositions entre la Confrérie et d’autres groupes islamistes, ils sont tous les têtes d’une seule hydre. Tous veulent étouffer la conscience pour la soumettre à un dogme arbitraire. Tous refusent que le Coran entre dans le champ de la critique éthique et rationnelle. Tous partagent les fondamentaux idéologiques qui inspirent, encouragent, justifient le terrorisme djihadiste. Tous rêvent d’instaurer partout un régime théocratique totalitaire, où les individus et les peuples seraient à jamais écrasés par les moindres prescriptions de la charia.

Les deux étendards de l’islamisme

Ceux qui ont promu le « hijab de running » de Decathlon – c’est Lydia Guirous qui est à l’origine de la campagne qui les a fait reculer – ceux qui jugent impudiques et impures les femmes non-voilées, ne sont pas forcément des terroristes au sens juridique. Ce chauffeur qui aurait refusé l’accès à son bus à une jeune femme selon lui trop peu couverte, ceux qui en Angleterre font masquer des tableaux qu’ils jugent blasphématoires, ne sont pas a priori des poseurs de bombes. Ils sont pourtant de facto leurs alliés.

Le terrorisme n’est pas un ennemi, c’est un mode d’action, comme les embuscades. On ne fait pas la guerre aux embuscades, ni au terrorisme, mais à un ennemi qui les utilise. Et qui peut varier ses méthodes : terrorisme, mais aussi influence culturelle, économique, politique, harcèlement du « jihad judiciaire », entrisme au sein des associations et des partis, etc.

La réflexion juridique est nécessaire, mais secondaire par rapport à cette prise de conscience : les Frères musulmans sont nos ennemis. Ils travaillent à la destruction de notre civilisation et à l’abolition de nos libertés, dont ils exploitent la lettre pour mieux en saper l’esprit et les retourner contre les valeurs qui les rendent possibles et les sociétés qui les garantissent.

Une voix tunisienne éclairée

C’est la raison pour laquelle la première des propositions de Lydia Guirous est la plus importante. La France dispose de l’arsenal juridique nécessaire pour dissoudre sur son sol les diverses émanations des Frères musulmans : il est légalement possible de leur appliquer les outils de lutte contre les dérives sectaires et/ou les groupes factieux. C’est une opportunité, et un devoir.

Ainsi que nous en avertit l’islamologue tunisien Yadh Ben Achour : « La burqa est une croix gammée, une lapidation potentielle. Toutes deux sont porteuses d’un message clair : « Donne-moi la liberté que je la tue. » à moins d’accepter cette sentence de mort, un démocrate doit se défendre. La loi ne peut être conçue uniquement pour limiter le pouvoir démocratique. Elle doit le protéger contre ceux qui le haïssent. »

D’une républicaine l’autre

Le texte de la porte-parole de LR n’est pas un défi, mais une invitation au chef de l’État pour qu’il ne se contente pas de présider la République, mais qu’il la serve et la défende. Qu’il transcende les clivages partisans, au nom de l’intérêt général et d’une cause qui doit rassembler les républicains de tous bords. Pour emprunter ses termes: « Nous ne sommes pas dans la basse politique politicienne, mais face à l’avenir de la France. Quel pays laisserons-nous à nos enfants? Auront-ils le bonheur de vivre en France, libres et égaux ? C’est l’enjeu de ce combat, qui est le combat de notre siècle. »

Ce n’est pas pour rien que ce qu’a écrit Lydia Guirous rejoint ce que déclarait Zineb El Rhazoui. Ce n’est pas par hasard que ces deux femmes courageuses, lucides, authentiquement humanistes, républicaines et universalistes, se retrouvent sur l’essentiel. Ce qu’elles défendent est infiniment plus important que tous les désaccords qui séparent leurs familles politiques. Ce n’est pas une posture. L’une et l’autre sont mères, et se battent aussi pour la liberté et la dignité de leurs filles. « Je veux que ma fille puisse marcher fièrement partout en France, y compris dans ces territoires aujourd’hui perdus pour les femmes. » dit Zineb El Rhazoui. « Nos aînés ont mis en échec le nazisme, notre génération a le devoir de mettre en échec l’islamisme. Ce sursaut de civilisation doit être impulsé rapidement avant que la nuit islamiste ne s’abatte sur nos enfants. » écrit Lydia Guirous. Du plus profond de mon instinct de père je partage leur inquiétude et leur détermination.

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