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Taïwan, précédents historiques et risques militaires

En partenariat avec la revue "Conflits"

Taïwan, précédents historiques et risques militaires
La présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, en compagnie de la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, dans le bureau présidentiel à Taipei, le 3 août 2022 © TAIWAN PRESIDENTIAL OFFICE/AP/SIPA

La Chine répète de plus en plus fortement qu’elle est décidée à «réunifier» le pays en annexant Taïwan. Et tout le monde remarque que le terme «pacifiquement» a disparu…


Comme il semble que Taïwan ne puisse pas se défendre sans les États-Unis, une guerre à grande échelle est tout à fait possible, si ce soutien se matérialise. Cela me rappelle des souvenirs historiques désagréables.

De nombreux précédents de mauvais augure

L’argument « c’est le même peuple, et il doit donc être rassemblé sous notre autorité », a beaucoup servi, y compris dans l’histoire récente de l’Europe. Je vais me borner à cette dernière. C’est en effet ce genre de discours qui a été une cause de grand affaiblissement de l’Europe. Cela commence par la guerre de la Prusse contre la France en 1870, avec l’annexion de l’Alsace-Lorraine. Ses habitants ont eu beau élire des représentants à Berlin répétant que c’était contre leur gré, il leur a été objecté: « vous êtes de civilisation et de langue germanique, donc des Allemands. Donc que ça vous plaise ou non votre place est dans notre empire (le deuxième Reich) ». Or cette guerre de 1870 est largement à l’origine de celle de 1914–1918 qui a détruit démographiquement l’Europe. Conflit qui est lui-même à l’origine de la guerre « revancharde » de 1939–1945. Et on se souvient que les années 1930 ont vu le rattachement de l’Autriche et des Sudètes (Allemands de Tchécoslovaquie) à l’Allemagne, « parce que faisant partie du peuple allemand ».

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Aujourd’hui, la Russie a annexé la Crimée pour la même raison (elle est peuplée de Russes) et soutient les sécessionnistes du Donbass (Ukraine orientale) parce que leurs habitants sont russophones dans une république bilingue (russe et ukrainien) dans laquelle l’ukrainien a en principe un rôle prépondérant. Mais revenons au monde chinois.

Pourquoi Taïwan ?

Taïwan n’a pas toujours été chinoise, et la population initiale existe toujours, même si elle est maintenant très minoritaire.

Il y a eu en effet plusieurs vagues de colonisation chinoise, la dernière a lieu à l’occasion du repli de l’armée du Kuomintang dirigée par le président légitime de la Chine, Tchang Kai-Check, accompagnée de civils. Légitime ? En tout cas davantage que Mao, ce qui l’a amené à dire qu’il était le seul représentant de la Chine. Le temps a passé, la Chine communiste a été reconnue, Taïwan ne l’est plus comme un pays distinct à la suite des pressions chinoises, mais, de facto, des relations quasi diplomatiques demeurent avec le monde occidental.

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Remarquons que Taïwan a gagné la guerre économique, puisque ce sont des sociétés de ce pays qui ont activement participé au décollage industriel de la Chine. Cela a illustré l’efficacité de son système libéral et capitaliste. Mais psychologiquement, c’est un épisode que le gouvernement chinois voudrait bien faire oublier. Et nous voyons tous les jours, notamment à l’occasion de la proclamation du centième anniversaire du parti communiste chinois, que Pékin a l’habitude de réécrire l’histoire à sa façon.

Et la reprise en main de Hong Kong par la Chine communiste ne peut que crisper la…

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