«Jeunes», «incivilités», «violences urbaines»: toutes ces expressions de la novlangue technocratique de gauche servent à masquer une réalité qui est l’intifada, parfois larvée, parfois explosive, menée par une partie de la jeunesse musulmane, issue de l’immigration, contre les agents des institutions de la République.


L’identification aux Palestiniens en lutte contre l’occupant israélien n’est pas un hasard: le combat est le même. Il fait rage en France, mais aussi dans d’autres pays européens.

Traumatismes choisis

La «peste émotionnelle» est une formule du psychiatre Wilhelm Reich qui désigne parfaitement cet enchevêtrement de peurs collectives, de rancœurs ressassées, d’histoires mythiques et de traditions orales enseignées depuis le plus jeune âge, qui constituent la source véritable du conflit ou, tout au moins, l’information qui permet de le faire durer indéfiniment. En effet, la réalité n’est pas constituée, comme on le pensait au XIXème siècle, seulement de matière et d’énergie, mais aussi pour une bonne part d’information. On ne doit pas négliger l’importance de cette information transmise par les symboles, les récits déformés et tendancieux de l’histoire, les propagandes, et les religions dans leur version instrumentale. La mise en avant des faits, des fautes et des erreurs de l’histoire alimente l’esprit de revanche et la crispation sur les « traumatismes choisis » et entraîne le rejet de l’autre et sert de prétexte à une culture victimaire fondée sur les préjugés et les blessures transmises.

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Contrairement à ce qu’on dit parfois, ce ne sont pas seulement la pauvreté, la misère, le chômage, le désespoir qui sont à l’origine de la violence et du fanatisme, mais plutôt un sentiment de vide intérieur qui finit par trouver une forme de résolution dans une idéologie. Le vrai problème vient donc de la violence et la destructivité. Considérer l’autre groupe comme essentiellement inhumain, monstrueux et mauvais par essence, c’est lui dénier le droit à l’existence. L’idéologie religieuse sert de prétexte à cette violence.

Il serait indispensable de s’intéresser à l’état réel de cette jeunesse, fer de lance de cette « intifada », y compris dans ses aspects psychopathologiques. Il serait important de regarder de plus près ce qui se passe dans les familles, entre les parents et les enfants, les frères et les sœurs, à ces enfants agressifs et autoritaires, à ces souffrances familiales et au sentiment de vide intérieur qui ne sont pas seulement causées par la paupérisation et le chômage.

Fantasmes

Les raisons pour lesquelles une partie importante de ces jeunes gens vivent leurs relations à la société française sur un mode paranoïaque dans lequel l’autre est vu sans nuance, « tout noir » alors qu’on est soi-même « tout blanc » tiennent beaucoup à une problématique familiale et sociale d’une part, politique d’autre part.

La diminution de l’image de la force paternelle introduite par les révolutions techniques et industrielles ainsi que la doxa pseudo féministe véhiculée par les médias et bon nombre d’intervenants sociaux a mis en cause l’identification des fils aux pères humiliés. Ces pères qui n’ont plus de travail ou qui ont un t

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Charles Rojzman
Essayiste et fondateur d'une approche et d'une école de psychologie politique clinique, " la Thérapie sociale", exercée en France et dans de nombreux pays en prévention ou en réconciliation de violences individuelles et collectives.
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