Quand on aime la peinture de Philippe Cognée, on a la certitude qu’elle n’aurait pas pu être différente, comme si elle coulait de source. Elle résulte pourtant d’une longue et incertaine maturation. Né en 1957 en Loire-Atlantique, le jeune Philippe passe son enfance en Afrique. Son père, enseignant, lui achète des boîtes de couleurs. Il soutient ce fils jusqu’à l’entrée de ce dernier aux Beaux-Arts de Nantes. Dans cette école, le jeune homme se cherche, mais ne se trouve pas vraiment. Il est effacé et timide. Il touche à tout, mais n’accroche pas à grand-chose. Il se tourne aussi bien vers les enseignants traditionnels que vers des professeurs porteurs de nouvelles conceptions. Contrairement à nombre de ses camarades, il ne se met dans le sillage d’aucune personnalité. Il traîne. Il sort d’ailleurs de cette école deux ans plus tard que prévu. Quelques années après, il séjourne à la Villa Médicis, à Rome. C’est un peu le même scénario qui se reproduit. Sa peinture figurative liée au souvenir de l’Afrique le contente peu et il s’installe dans un certain marasme.

Les périodes d’insatisfaction et de stagnation ont souvent une importance critique dans une vie d’artiste. C’est durant ces temps qu’un créateur se hisse au-dessus de lui-même ou, au contraire, s’affaisse dans la banalité. Avec Philippe Cognée, c’est le premier terme de l’alternative qui se produit. Il s’intéresse de plus en plus à la photo, qui lui ouvre les yeux sur des lieux et des objets exprimant l’ambiance de l’époque. Il fait des recherches et des essais sur la matière picturale. À partir des années 1990, il trouve sa voie. Une exposition collective organisée par Hector Obalk et intitulée « Ce sont les pommes qui ont changé » marque le début de sa grande notoriété.

Philippe Cognée se caractérise d’abord par le fait qu’il est l’un des rares artistes actuels à pratiquer une peinture à la cire. Encore la pratique-t-il d’une façon et avec une virtuosité qui n’appartiennent qu’à lui. Cela commence par une petite cuisine assez artisanale. Il fait fondre au bain-marie de la

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est écrivain.Dernier ouvrage paru : Précipitation en milieu acide (L'éditeur, 2013).