La sentence est tombée. Les cinq groupes de travail[1. « Connaissance reconnaissance », « Faire société commune dans une société diverse/Égalité réelle », « Habitat », « Mobilités sociales », « Protection sociale ».] installés en juillet par le Premier ministre pour proposer les axes de refondation de la politique d’intégration ont remis leurs conclusions. La France est reconnue coupable des pires ignominies, et elle ne bénéficie d’aucune circonstance atténuante. Nous savons à présent à quelle sauce l’identité française sera mangée. Jean-Marc Ayrault « salue la grande qualité de ces travaux et remercie l’ensemble des personnes qui y ont  contribué ». Ce travail illustre un bel esprit de coopération : les ministres concernés ont été étroitement associés à la composition des groupes.  Une saisissante homogénéité se dégage des différentes contributions, comme si la diversité, célébrée  de toutes parts, ne devait surtout pas concerner les opinions.

Il est reproché à l’École de la République d’avoir enseigné « jusqu’aux années 1960, une histoire “qui avait pour tâche de communiquer l’amour de la patrie par une représentation du passé autour de la seule France” ». Circonstance aggravante : encore de nos jours, « l’histoire enseignée se réfère à des figures incarnées qui demeurent très largement des “ grands hommes ” mâles, blancs et hétérosexuels. » De plus les enseignants, otages de « stéréotypes et préjugés » auraient opéré une hiérarchisation des élèves en fonction de leurs origines ethno-raciales.

.*Photo : LANCELOT FREDERIC/SIPA. 00616979_000002.

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