Sous doute en passe de quitter la place Beauvau, le catastrophique Christophe Castaner pourrait bien conserver un poste dans le prochain gouvernement d’Emmanuel Macron.


Émeutes communautaristes, règlements de compte, groupuscules islamo-gauchistes à la manœuvre, slogans antisémites, haine de l’hétérosexuel blanc et de l’occident… De quoi s’étonne-t-on ? De ce que Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, ait dit, au micro de Jean-Jacques Bourdin, être prêt à mettre un genou à terre « pour vaincre le racisme » ? Qu’il ait ainsi trahi et la police et la nation ? Qu’il soit même allé, comme le rapporte un journaliste de Valeurs Actuelles, jusqu’à imaginer une scénographie de cet agenouillement avec des policiers et des gendarmes volontaires dans la cour de l’hôtel Beauvau ?

Il faut vraiment suivre l’actualité avec une cervelle de papillon de nuit pour, le nez collé sur l’écran de télévision, être surpris par une telle mise à mal de la France au sommet de l’État. Un peu de mémoire suffirait à éclairer les événements si les commentateurs avaient été sensibles dès le début à l’inconséquence de ce ministre, s’ils avaient été capables d’en mesurer la gravité.

Castaner annoncé sortant

Car Monsieur Castaner n’a aucune idée du sérieux qu’exige la fonction de ministre. Combien de preuves faut-il verser au dossier quand la première était suffisamment éloquente pour le discréditer définitivement ? Avait-on besoin d’attendre qu’il envisage de s’agenouiller devant des minorités qui conchient la France pour savoir à qui nous avions affaire ? Ne l’avait-il pas conchiée lui-même lorsqu’il s’était porté en 2017 candidat à la tête de la République en Marche ? Souvenons de sa profession de foi du 14 novembre 2017. Il était alors porte-parole du gouvernement et briguait la présidence de La République en Marche (LREM). Extrait : 

« Cher.e.s ami.e.s, engagé.e.s auprès d’Emmanuel Macron, nous sommes des adhérent.e.s, des parlementaires, des référent.e.s, des élu.e.s de collectivités locales ; nous sommes issu.e.s de la ruralité, de la ville, de la banlieue ou de l’outre-mer ; nous venons de la société civile : professions libérales, chef.fe.s d’entreprises, salarié.e.s du privé et du public ; nous venons de la droite, de la gauche ou du centre ou connaissons notre premier engagement politique. Certain.e.s d’entre nous ont fondé ce Mouvement aux côtés d’Emmanuel Macron, d’autres l’ont rejoint en marche… »

Quel rapport y a-t-il entre l’écriture inclusive, dont Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, le même jour, devant les députés de la nation, critiquait l’usage, et un genou à terre devant des racialistes ? C’est la question des esprits faibles, notamment de tous ces politiques prompts à se cacher sous la table, à droite comme à gauche. 

Pas à la hauteur

N’y aurait-il donc aucun rapport entre un ministre qui met un genou à terre devant une minorité de féministes et ce même ministre qui, deux ans et demi plus tard, s’agenouille devant une autre minorité d’activistes ? Un tel rapport ne saute peut-être plus aussi aisément aux yeux depuis que la gauche a entraîné la droite et le pays tout entier dans cette défiguration grotesque de la langue française.

Aussi, en jetant leurs menottes, les policiers n’ont-ils fait que montrer au pays que le pouvoir était allé au bout de ce qui avait commencé avec cette profession de foi dont la rédaction contrevenait à l’article 2 de notre Constitution : « La langue de la République est le français ». Dès le début du quinquennat, et même avant, la trahison était en marche ! 

Monsieur Castaner doit-il quitter la place Beauvau ? Tout le monde le pense, tant son attitude et ses propos furent incompatibles avec sa fonction. Si son prédécesseur, Gérard Collomb, est parti, c’est qu’il avait sans doute compris que le Président avait secrètement besoin, à ce poste, d’un homme qui soit ministre de l’Intérieur et, en même temps, ne soit pas à la hauteur de la fonction. Un homme à son image.

Castaner, Ndiaye et le président

N’est-il pas en effet celui qui se sépare violemment de son chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, et qui, en même temps, se noie en bras de chemise dans le regard d’un jeune antillais torse nu, doigt d’honneur en sus dans une autre photo ? N’est-il pas celui qui rend des hommages vibrants dans la cour des Invalides à des soldats tombés pour la France et qui, en même temps, livre la cour du Palais de l’Élysée à un DJ arborant sur son T-Shirt un message qu’il croyait sans doute en accord avec les lieux : « Fils d’immigrés, noir et pédé » ? N’est-il pas celui qui s’habille en tenue de marin à l’Ile Longue ou d’aviateur à Istres, et qui, en même temps, supprime le défilé militaire du 14 juillet ? N’est-il pas celui qui déclare la guerre au coronavirus jusqu’à s’enivrer du mot dans un entretien fleuve et qui, en même temps, se refuse avec un entêtement aussi insensé qu’idéologique à fermer les frontières du pays ?   

Gérard Collomb craignait que le côte à côte communautariste ne se transforme en face à face ethnique. Qu’un ministre de l’Intérieur cesse enfin de taire cette crainte, qui depuis des années était celle d’observateurs lucides et courageux, était un avertissement qu’il n’était plus possible de ne pas prendre au sérieux. Mais le Président Macron est un enfant, il ne sait où finit le jeu, où commence le sérieux. Luc Ferry, Emmanuel Todd, d’autres encore, l’ont dit. Le premier a même commenté l’inconséquence du pays en ces termes : « On a mis un gamin à l’Élysée et on va le payer très cher »1 Aussi rien n’est moins sûr qu’Emmanuel Macron ait envie de grandir, et de se grandir en se débarrassant de son ministre de l’Intérieur. Ne lui faudrait-il pas alors se débarrasser également de sa porte-parole ? 

« Malheur, à toi, pays dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin ! Heureux toi, pays dont le roi est de race illustre, et dont les princes mangent au temps convenable, pour soutenir leurs forces, et non pour se livrer à la boisson ! » Ces lignes tirées de l’Ecclésiaste sont un véritable enseignement politique. Que les Français les méditent ! Le réel a toujours le dernier mot… qui peut être terrible.

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