Quatre ans après l’attentat de Charlie, trois ans après ceux de Bruxelles, le djihadisme ne fait plus la une des magazines. Pourtant, à Paris comme à Bruxelles, l’immigration massive et l’échec de l’intégration favorisent l’islamisation du Vieux continent. 


Amnésiques et contents de l’être. Pour les bons esprits qui pensent que le danger islamiste est un fantasme de réacs en quête de buzz – voire de revanche postcoloniale –, la révolte des ronds-points a été une divine surprise. Alors que les chaînes d’info ne voyaient plus la vie qu’en jaune, tout autre sujet a littéralement disparu des écrans. Et puisque ce qui n’est pas médiatisé est réputé ne pas exister, divers éditorialistes se sont succédé sur ces mêmes écrans pour se rengorger d’avoir eu raison. On vous l’avait bien dit, les gens se fichent de vos questions (nauséabondes et hors d’âge) d’identité, ce qui compte c’est la fiche de paie – quand on a la chance d’en avoir une. On vous l’avait bien dit, il n’y a pas de problème, sauf dans vos cerveaux malades.

Le délire excusiste

Marine Le Pen le rappelle dans l’entretien que nous publions, « sur les ronds-points, on parlait aussi d’immigration », de sorte que l’activisme de gentils macronistes a échoué à censurer complètement la question dans le grand débat. Face aux caméras, les gilets jaunes ont sagement évité les questions qui fâchent, comme s’ils avaient intégré l’interdit médiatique. Pour autant, soyons honnêtes, la défense des mœurs françaises ne semble pas avoir été au cœur de leurs préoccupations. Beaucoup n’abordaient la question migratoire que sous l’angle de son coût pour le système social – nombre d’immigrés ou d’enfants d’immigrés faisant partie de ses premiers bénéficiaires. Hors antenne ou à l’antenne, il n’est pas sûr que la laïcité, la liberté d’expression, le droit de déconner sur les religions et les périls qu’ils encouraient aient fait beaucoup causer.

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Depuis les attentats de 2015 et des années suivantes, des études et enquêtes fort sérieuses ont révélé qu’une forte minorité (un tiers environ) des musulmans français étaient entraînés par un séparatisme anthropologique et culturel à vivre dans un autre monde mental que celui de leurs compatriotes. La division entre « eux » et « nous », alimentée par le délire excusiste d’une certaine gauche (qui voit dans la répression policière la poursuite de la guerre d’Algérie), si elle ne conduit que rarement à pratiquer la violence, pousse presque toujours à l’excuser. Cette hallalisation des esprits constitue une véritable bombe à retardement politique, car elle menace le fondement de notre société, notre capacité à vivre ensemble avec nos opinions et croyances diverses, bien plus sûrement, quoi qu’on en dise, que les inégalités sociales. Je peux m’accommoder de l’existence de super-riches (en vérité, je m’en fiche éperdument), pas de territoires où la charia prévaut sur la loi et la burqa sur la minijupe, tandis que la Raison, raconte Erwan Seznec (pages 60-61), perd du terrain face à une conception littéraliste de la foi qui prétend que tout est dans le Coran.

Le joli conte multiculturel de l’accommodement paisible des différences

On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas, avons-nous répété. Nous nous sommes trompés. Riss, Val, Zineb El Rhazoui vivent dans la peur et sous haute protection policière, mais la France ne veut pas savoir ce qui se passe dans certains de ses quartiers – et dans l’esprit de certains de ses enfants. Les quatre ans de l’attentat contre Charlie Hebdo ont été célébrés dans un quasi-silence public que le président n

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Février 2019 - Causeur #65

Article extrait du Magazine Causeur

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