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Élection à l’UWW : le calendrier qui étouffe la campagne

Une élection sous haute tension


Élection à l’UWW : le calendrier qui étouffe la campagne
Amphore attique pseudo-panthénaïque à figures noires représentant deux lutteurs, premier quart du Ve siècle avant J.-C. Mark Landon, Wikimedia Commons, licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

Pour la première fois depuis plus d’une décennie, la présidence de la lutte mondiale devait faire l’objet d’une véritable compétition. Mais l’UWW a brusquement avancé l’élection de six semaines, alors même que les candidatures des deux adversaires de Nenad Lalović n’ont toujours pas été officialisées. De quoi faire naître le soupçon d’un scrutin taillé sur mesure pour le sortant.


Depuis près de deux mois, Causeur enquête sur la gouvernance de United World Wrestling (UWW), ses finances, certaines décisions de son Bureau et les conditions dans lesquelles son président, Nenad Lalović, entend briguer un troisième mandat. Nos révélations et les questions adressées aux dirigeants de la fédération semblent désormais produire leurs premiers effets : le fonctionnement interne de l’UWW fait l’objet d’une attention croissante et la compétition pour sa présidence est sortie de l’ombre. C’est dans ce contexte, en pleine controverse sur la légalité et la légitimité d’un troisième mandat de Nenad Lalović, que la fédération internationale de lutte vient de porter un coup supplémentaire à sa démocratie interne.

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Nenad Lalović a pris la tête de la fédération en 2013, après le départ de son prédécesseur, avant d’être élu en 2014 alors qu’il était seul candidat, puis réélu sans opposition en 2021. Ainsi, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, l’élection devait donc être réellement disputée. Trois candidats, dont le président sortant, se sont déclarés début juillet. L’UWW devait vérifier leurs dossiers, puis publier la liste officielle. Or, plus de six semaines après, l’UWW n’a toujours pas publié la liste des candidats retenus. Au 19 août, la rubrique « Candidates for Bureau elections & Policy on Campaigning » de la page officielle du Congrès de 2026 porte toujours la mention « n/a ».

Pourtant, l’article 14.1 de la Constitution de l’UWW prévoit que le Bureau examine les demandes, propose au Congrès un ou plusieurs candidats et motive sa décision. Les deux concurrents de M. Lalović restent donc privés d’une reconnaissance officielle de leur candidature, une incertitude qui limite nécessairement leur capacité à faire campagne auprès des fédérations appelées à voter.

Une élection avancée à marche forcée

Et puis, le 18 août, coup de théâtre : l’UWW décide de convoquer un congrès extraordinaire le 8 septembre pour élire son président. Le scrutin devait se tenir le 23 octobre à Astana, pendant les Championnats du monde, conformément à la pratique habituelle. Le site de l’UWW rappelle que le Congrès, son organe suprême, se réunit lors des Mondiaux.

Sans entrer dans les contestations juridiques que cette décision pourrait susciter, le procédé pose un grave problème démocratique. En amont, l’UWW retarde la reconnaissance des candidatures. En aval, elle avance l’élection de plus de six semaines et ne laisse aux adversaires du sortant que quelques jours pour présenter leur programme et convaincre les fédérations. L’UWW compte 189 membres affiliés, chacun disposant en principe d’une voix s’il est à jour de ses cotisations. Comment deux candidats dépourvus des moyens et du réseau accumulés par un président en fonction depuis 2013 pourraient-ils s’adresser à près de 190 fédérations dans un délai aussi court ?

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Après les interrogations soulevées dans Causeur sur le troisième mandat de M. Lalović, les finances de l’UWW et certaines décisions de son Bureau, ce nouveau calendrier nourrit le soupçon d’un scrutin organisé pour avantager l’homme en place. Une fédération internationale ne peut réclamer la confiance du mouvement olympique tout en donnant l’impression de verrouiller sa propre élection.



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est historien et directeur de la publication de Causeur.

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