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Un elfe du Père Noël est devenu maire de New York et distribue des cadeaux

Aux problèmes réels, des solutions souvent farfelues


Un elfe du Père Noël est devenu maire de New York et distribue des cadeaux
Zohran Mamdani lors d'une conférence de presse à New York. 5/8/2026. Matt Roberts/Shutterstock/SIPA

Zohran Mamdani, élu maire de la ville de New York l’année dernière et en fonction depuis le 1er janvier, représente l’avant-garde des nouveaux Démocrates d’extreme-gauche qui sont aussi membres des Socialistes démocrates d’Amérique. Ses mesures pour combattre la vie chère et les préoccupations qu’il ne cesse d’exprimer concernant Israël et la Palestine ne plaident pas pour un sens très fort des réalités.


« Les sorciers, lorsqu’ils font de terrifiantes conneries, on accuse toujours l’apprenti ». Jacques Prévert, Fatras.

Il y a quelques mois, fut élu contre toute attente, comme premier magistrat de la « Big Apple » (« la grosse pomme » en v.f.), Zohran Kwame Mamdani. Une « success story » bien américaine, une sorte de remake de « Rocky » et du « Karate Kid ». Lorsque cet homme, issu de l’immigration récente (il est né en Ouganda), de religion musulmane (chiite duodécimain pour être plus précis), déclara sa candidature, nul n’eût misé un kopeck, encore moins un dinar, sur ses chances de succès. Mais… « only in America ».

Obscur législateur de l’assemblée de l’État de New York, il remporta la primaire démocrate contre le favori, Andrew Cuomo, et l’élection générale contre ce dernier, qui s’était présenté à titre de candidat indépendant; manifestement, son passé de gouverneur de l’État aux mains baladeuses ne lui porta pas chance.

M. Mamdani a choisi de prêter serment sur le Coran. Rien de répréhensible, il n’est pas le premier élu musulman à le faire, même si la plupart des personnalités politiques américaines le font sur leur Bible, alors que les textes légaux n’imposent en rien une prestation de serment sur un quelconque livre où sont compilés des récits plus ou moins légendaires : il est possible de s’en tenir à une affirmation solennelle. Le nouveau premier magistrat a perdu une belle occasion de faire preuve de civisme pleinement œcuménique en n’optant pas pour cette dernière formule. 

Il a le mérite indéniable de soulever de vrais problèmes comme la vie chère, notamment en matière de logement. Cependant, on reste perplexe devant les « solutions » qu’il propose. D’abord le gel des loyers, une mesure qui n’a jamais remédié à la raréfaction des logements : elle décourage les investisseurs et mène à la dégradation des immeubles existants. La plus innovatrice, et sans doute la plus farfelue, est celle d’épiceries municipales aux prix sabrés puisque financées par… les fonds publics, une formule qui est loin d’avoir été couronnée de succès par le passé et qui soulève l’ire des entreprises privées, qui dénoncent une forme de concurrence déloyale. Cela dit, réaliste ou pas (la gratuité des transports en commun étant peut-être plus crédible), son programme relève en général des compétences municipales. A suivre.

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Par ailleurs, il n’est pas illégitime de la part d’un élu local de s’exprimer sur les grandes questions de l’heure, même internationales. M. le maire Mamdani consacre beaucoup de son précieux temps à s’exprimer sur des questions de politique étrangère bien choisies, et notamment sur Israël. Alors qu’il invoque des valeurs universelles, les atrocités perpétrées, par exemple, en république démocratique du Congo, semble être passées sous son radar. Il rejette les accusations d’antisémitisme. A chacun d’apprécier ses euphémismes, ambiguïtés et expressions qui sentent parfois le langage « codé » d’une part et les invectives de ses contradicteurs, d’autre part. Rien de nouveau sous le soleil politique.

Une déclaration récente retient l’attention. Il soutiendrait Israël comme État où règne l’égalité des droits et rejette l’idée qu’une religion soit privilégiée par rapport à une autre. La définition du « Juif » est une vieille énigme, mais il fait erreur lorsqu’il dit que l’« État des Juifs » (cf. « der Judenstaat » de Theodor Herzl en v.o., souvent mal traduit par « État juif » en v.f.) privilégie une religion sur d’autres, surtout musulmane en l’occurrence. C’est là ne pas comprendre que les Juifs constituent à la base un « peuple » (ou une « ethnie », une « nation », une « lignée », « a bloodline », comme l’on voudra), dont certains optent pour l’observance, plus ou moins rigoriste, d’injonctions religieuses ancestrales : on peut être Juif et athée, sur le plan culturel, et tout en étant friand d’andouillette de Troyes frites et, comble de la satanique hérésie, du cheeseburger avec bacon de McDo.

(A noter qu’il s’agit d’une nation maintenue essentiellement par l’enfermement dans des ghettos du peuple déicide imposé par les royaumes chrétiens pendant 2000 dans et par les sociétés soumises à la charia pendant 14 siècles; l’on peut conjecturer que, sans ces deux systèmes religieux totalitaires, les Juifs se seraient fondus dans les populations environnantes et seraient passés à l’histoire, à l’instar des Assyriens).

L’état conçu par Herzl, traumatisé par l’affaire Dreyfus, visait à donner une possibilité de refuge aux Juifs persécutés. Si donc les Juifs du monde ont droit de cité en Israël (comme un Allemand ethnique de Roumanie ou d’Ouzbékistan a le droit de s’établir en Allemagne), cela, en soi, n’implique pas une atteinte aux droits civiques des citoyens israéliens non-juifs consacrés par la lettre de la loi. 

(Celle-ci est-elle véritablement et scrupuleusement respectée et dans quelle mesure? C’est un autre débat, encore que, à titre comparatif, le M. le maire doit savoir que la vie quotidienne est un peu plus facile pour les non-Juifs en Israël que pour les Juifs en Irak ou en Syrie, par exemple).

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Par ailleurs, on est interloqué par le sort qu’il entendait réserver au premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, lequel fait l’objet d’un mandat d’arrêt lancé par la Cour pénale internationale. Pendant la campagne électorale, le candidat avait fermement promis qu’il mettrait en état d’arrestation le Premier ministre s’il se trouvait sur le territoire de la « Big Apple », faisant apparemment fi du droit : les chefs d’État se rendant aux Nations Unies jouissent de l’immunité, les Etats-Unis ne reconnaissent pas la CPI, et la police municipale n’a aucun pouvoir en la matière. Après avoir renouvelé cette promesse après son emménagement à la Gracie Mansion, il soumit, finalement, cette délicate question au service juridique de sa mairie, lequel conclut (ô surprise), que le NYPD n’avait aucune autorité en la matière.

Donc, peut mieux faire. Souhaitons bonne chance au sympathique successeur de Éric Adams. Un conseil : vu que nul n’est censé ignorer la loi, avant de prendre tout engagement ou de décréter quelque mesure que ce soit, il sera plus prudent dorénavant de les soumettre, à l’examen préalable des avocats municipaux, qui sont, précisément, des fonctionnaires rémunérés par les fonds publics. 

A 34 ans, c’est le métier qui rentre.



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