(Photo : When i was a bird - Flickr - cc)

Le titre de l’article du Parisien a de quoi faire frémir : Un serrurier tabassé par trois adolescents qui le croyaient juif. Une victime innocente donc, frappée injustement pendant le combat nécessaire mené dans nos banlieues contre la pieuvre sioniste. Autant il est normal et banal de tabasser des juifs. Autant il est inacceptable de s’en prendre aux goys qui n’ont rien à voir avec la race maudite…

C’est l’histoire de trois JNI (Jeunes non identifiés). Des mineurs de moins de 15 ans. Un jour à la récré ils entendent sur un portable une pub pour une serrurerie portant un nom à consonance juive. L’un d’eux appelle, demande à ce qu’on lui fasse un devis pour une porte blindée et donne une adresse en Seine-et-Marne. Un salarié de l’entreprise arrive. Les trois JNI, armés d’un couteau et d’une bombe lacrymogène, lui tombent dessus. Coups de poing, coups de pied. « Donne ton pognon, sale juif ! » Ils le dévalisent et prennent la fuite.

Cette affaire est en tout point lamentable. Et le malheureux serrurier est en droit de demander réparation au CRIF et à l’Etat d’Israël. Car c’est à cause d’eux — n’est-ce-pas ? — qu’il ne fait pas bon être juif en France. Et c’est à cause d’eux, c’est sûr, que des Français de souche sont victimes d’une ancestrale malédiction qui ne devrait pas les concerner. Il faut qu’ils soient protégés par l’Etat. On pourrait envisager pour les professions les plus exposées, celles qui sont amenées à se déplacer (tous les SOS-Electricité, Plomberie, Serrurerie, Médecins, Vétérinaires…) des badges spéciaux : un coq gaulois avec ces mots : « Je ne suis pas juif ».

Ce qui est affligeant également dans cette affaire c’est le total manque de discernement des trois adolescents. Mus par une solide intuition ils avaient compris que le juif est haïssable et que, en plus, il avait de la thune. Mais ils étaient sans doute trop jeunes pour comprendre que si le patron de la boîte était juif il était évident que ses employés, opprimés et exploités, ne pouvaient être que goys ! La prochaine fois ils le sauront : là, il s’agissait juste d’un coup d’essai maladroit qui leur sera pardonné…

Enfin, et c’est le dernier enseignement de cette intéressante histoire, se pose la question de l’identité des trois JNI. De la victime on sait qu’elle n’était pas juive. Mais eux ? Il y a un moyen, sournois certes, de les identifier. Les contrôles au faciès sont interdits mais pas les déductions à la Sherlock Holmes. Sur un des portables des trois adolescents figurait un message à l’orthographe douteuse à propos des juifs : « Je les (h)ai(s) ». Apparemment donc, eux non plus ne l’étaient pas !

 

Précision : Le titre de l’article a interpellé de nombreux lecteurs. Il s’agit d’une référence aux propos de Raymond Barre après l’attentat de la rue Copernic en octobre 1980…

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Benoît Rayski
est journaliste et essayiste
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