Cologne, 31 décembre 2015. Parmi les 30 suspects interpellés après les agressions de la Saint-Sylvestre, 25 sont originaires du Maroc et d'Algérie (Photo : Markus Boehm)

Tandis que la presse tient en haleine l’opinion publique avec le feuilleton des réfugiés du Proche-Orient, nul n’évoque plus le flux régulier des migrants des autres régions du monde, qui continuent d’affluer vers la France par centaines de milliers chaque année, sans compter, comme l’a récemment mis en lumière l’agence Frontex, le nouvel essor de l’immigration clandestine du Maghreb, encouragée par les bras grands ouverts d’une Angela Merkel dont l’Histoire finira par juger le haut degré d’irresponsabilité en la matière. En effet, les migrants ne font jamais que saisir les perches qui leur sont tendues par les élites de commandement des terres d’accueil. Celles-ci ont, avec le temps, installé sur un même territoire des populations qui ne vivent pas à la même heure.

La variable socio-économique

Depuis plus de trente ans, nos élites politiques, économiques, syndicales, associatives, médiatiques déversent des larmes de crocodile sur une courbe du chômage qui demeure inflexible, sans jamais daigner intégrer la variable de l’immigration dans l’équation, comme si aucun des migrants ne finissait par rejoindre le marché de l’emploi. Les statistiques enquêtes/ emploi de l’Insee indiquent pourtant que leur taux de chômage est double de celui des non-immigrés (période 1995-2010). Quant à celui des jeunes issus de l’immigration, selon une étude de l’OCDE de juillet 2015, il est de 50 % plus élevé que celui des « jeunes sans origine migratoire », selon l’expression de cette étude.

Contrairement au mensonge largement propagé, car des plus commodes, la variable socio-économique est pourtant loin de jouer le rôle de premier plan qui lui est prêté dans la dégradation de l’intégration, au fil du temps. Au demeurant, cela est parfaitement connu en haut lieu, comme en atteste cette conclusion extraite de l’enquête Pisa 2012 sur le suivi des acquis des élèves, qui figurait dans la version de travail d’une feuille de route portant le sceau de Matignon, et qui est passée mystérieusement à la trappe avant sa publication, début 2014 : « Plus préoccupants encore, les écarts entre élèves issus de l’immigration et les autres demeurent très importants, même corrigés des variables socio-économiques. »

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Malika Sorel-Sutter
essayiste, ancien membre du Haut Conseil à l’Intégration.essayiste, ancien membre du Haut Conseil à l’Intégration.
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