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Twitter files: Elon Musk révèle en direct comment Twitter a censuré les éléments de l’affaire de l’ordinateur de Hunter Biden

Les révélations sur les méthodes de tri de l'ancien Twitter ne font que commencer.

Twitter files: Elon Musk révèle en direct comment Twitter a censuré les éléments de l’affaire de l’ordinateur de Hunter Biden
Profile d'Elon Musk / 21/09/22 Photo: Jaap Arriens/Sipa USA/SIPA / SIPAUSA30323654_000008

Accusé de favoriser la désinformation, Elon Musk, avec l’aide du journaliste Matt Taibbi, dévoile preuves à l’appui l’affaire de Hunter Biden. Il souligne que sur Twitter, c’était la censure qui desservait la vérité.


L’excitation était à son comble sur le réseau social, le 2 décembre, à 17h précises, heure de New-York. C’est l’heure qu’a choisie Elon Musk, le nouveau président de Twitter, pour révéler en direct, sur son compte, le traitement qui fut réservé à l’affaire Hunter Biden par la précédente direction du réseau social. Des centaines de milliers d’usagers se sont donné rendez-vous pour dévorer chaque nouveau tweet du fil de discussion comme un chapitre de roman policier. Un scoop révélé en temps réel.

Le journaliste d’investigation Matt Taibbi, qui publie le rapport sur le compte d’Elon Musk, évoque « un conte à la Frankenstein sur un mécanisme conçu par les humains mais qui a totalement échappé au contrôle de son créateur ».

Il nous raconte que si Twitter se voulait au départ un réseau libre d’échange d’informations et d’opinions, le programme dut très rapidement imposer des limites à ce qui pouvait être publié, en particulier pour endiguer les spams et la fraude. Hélas, ils ne s’arrêtèrent pas là : des voix de plus en plus nombreuses s’élevèrent, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise, pour appeler à limiter considérablement la liberté des publications. Des célébrités comme des anonymes commencèrent à voir leur compte désactivé, à la simple demande d’un parti politique (les documents sont à chaque fois joints aux révélations pour appuyer les propos du journaliste).

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En effet, selon Matt Taibbi, les deux grands partis politiques américains avaient accès à ces outils de « désactivation ». En 2020, des demandes de censure émanant aussi bien de la Maison Blanche sous la présidence de Donald Trump que du cabinet de campagne de Joe Biden furent « reçues et honorées ». La direction de Twitter répondait aux requêtes par un simple mot : handled ; en Français : traité. Et comme le personnel était à grande majorité démocrate (98%, tout de même), les désactivations s’orientèrent rapidement vers la droite et les personnalités républicaines.

En octobre 2020, le New York Post publia un article sur les affaires en Ukraine du tumultueux fils du vice-président de l’époque, Joe Biden. Le magazine avait mis la main sur les emails échangés entre Hunter Biden et un important homme d’affaires ukrainien, siégeant au conseil d’administration d’une grande compagnie de gaz, Burisma, qui était ravi d’avoir pu rencontrer son influent père. Ces emails avaient été trouvés sur un ancien ordinateur portable de Hunter Biden, déposé chez un réparateur informatique de l’Etat du Delaware… Les propos échangés entre les deux hommes contredisaient les affirmations de Joe Biden selon lesquelles il n’était jamais intervenu dans les « affaires de son fils à l’étranger ». Il n’en fallut guère plus pour que les rumeurs de corruption se répandent, en pleine campagne présidentielle…

La direction de Twitter fit des pieds et des mains pour que cette information ne circule pas sur son réseau, alertant ses usagers qu’elle pouvait être « unsafe » (peu sure). Ils bloquèrent même la circulation de l’information par voie de messagerie, ce qu’ils ne s’autorisaient à faire jusqu’ici que pour lutter contre la pornographie infantile.

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Même la porte-parole de la Maison Blanche de l’époque, Kaleigh McEnany, vit son compte désactivé après avoir évoqué l’information. Des employés de Twitter remarquèrent des tensions entre les équipes chargées de la politique d’entreprise et les équipes de «sécurité en ligne». La décision d’enterrer complètement l’affaire fut prise au plus haut niveau, mais sans que le PDG de l’époque, Jack Dorsey, fut mis au courant. La responsable juridique, politique et financière de Twitter, Vijaya Gadde, joua un rôle-clé dans la censure de cette information. Cette même responsable fut plus tard licenciée avec fracas par Elon Musk, dès son arrivée à la tête du réseau social.

La publication de ces révélations n’a rien d’anodin : Musk répond avec force aux critiques qui l’accusent de promouvoir la désinformation en libérant la parole sur Twitter.

L’entrepreneur libertarien les nargue en leur rétorquant que la désinformation existait déjà sur le réseau social… mais par la voie de la censure. Grâce aux efforts zélés de l’ancienne équipe, de nombreux Américains ont longtemps cru que ces fameux emails étaient faux… En jetant le discrédit sur une information importante, la censure a une fois de plus servi le mensonge et non la vérité.

Sur son propre compte, le journaliste Matt Taibbi nous annonce que les révélations sur les méthodes de tri de l’ancien Twitter ne font que commencer…


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Metteur en scène et auteur dramatique.

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