Sam, aimable jeune homme d’origine africaine, est chauffeur pour Uber, la compagnie de VTC à laquelle on a fait appel pour rentrer au bercail. En bavardant avec lui, on apprend qu’il était jusqu’à récemment ouvrier en bâtiment. Pourquoi cette reconversion ? « Je ne pouvais pas m’en sortir, face à la concurrence de tous les ouvriers étrangers qui cassent les prix », confie-t-il. Lorsqu’on lui fait remarquer que l’arrivée d’Uber sur le marché français menace quant à elle les chauffeurs de taxi, il l’admet volontiers : « C’est vrai, mais il ne faut pas lutter contre la marée qui monte. » Sam n’a donc pas voulu s’épuiser à nager contre le courant. Il a simplement pris acte d’un phénomène contre lequel il ne pouvait rien, et s’est adapté en cherchant lui aussi à tirer profit du changement en cours. En l’occurrence, la libéralisation de la concurrence à l’échelle internationale, et d’abord européenne. Arrivé à destination, on songe à cet effet domino et à la meilleure manière de faire face aux grandes « marées » actuelles et à venir.

En réalité, le problème qui a poussé notre chauffeur à se reconvertir porte un nom précis : « travailleurs détachés ». Une expression qui rappelle ironiquement celle de « pièce détachée », et pour cause : des centaines d’entreprises étrangères fournissent désormais le secteur français du BTP non seulement en matériaux de construction mais aussi en ouvriers qualifiés, à la demande.

*Image : Soleil.

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