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Rendez-nous le pétomane

Étonnant, non?


Rendez-nous le pétomane
Capture d'écran de Pierre Desproges. © Ina/YouTube

Nous avions les pitres radiophoniques laborieux des matinales de France Inter. Nous avons désormais le bouffon ferroviaire de la CGT. La gauche se convertirait-elle donc en pépinière de comiques?


On est ravi de l’apprendre… Je dis comiques, pitres et non humoristes, car je m’en voudrais d’écorner la mémoire de ceux, assez rares d’ailleurs, qui méritent d’être qualifiés ainsi : Raymond Devos, en premier bien sûr, Pierre Daninos, Marcel Aymé, Michel Audiard, Alexandre Vialatte, évidemment, Pierre Desproges, absolument. (J’en oublie, qu’on me pardonne…) Desproges dont on rappellera non sans plaisir qu’il entra dans la carrière à L’Aurore, quotidien qui, très probablement, se verrait aujourd’hui voué aux gémonies par la bien-pensance et relégué dans l’enfer médiatique de l’extrême droite. Peut-être même se trouverait-il encensé de l’opprobre suprême de « fascisant ». On y prenait avec ardeur la défense des pieds noirs et on contestait avec un même entrain le bien-fondé de la décolonisation. Pensez donc ! L’horreur étalée sur quatre colonnes ! À la télévision, Desproges, c’était en particulier « La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède », un programme absolument inimaginable aujourd’hui sur les chaînes du service public. Trop décalé, trop subtil, et surtout trop libre. Or, voyez ce que c’est tout de même que les coïncidences, un des épisodes de la minute nous ramène tout droit à la pitoyable saillie du bouffon ferroviaire évoqué plus haut.


Titre de l’épisode : « Essayons en vain de cacher notre antisémitisme. » Étonnant, non ? (Ces mots concluaient chaque émission.) Nous y sommes en plein. Cela vaut, non pour le bouffon du train, pas assez finaud pour masquer la chose, mais pour sa cheffe, Madame la Secrétaire générale du syndicat CGT. On connaît le contexte. Le premier s’en prend à un passager juif du train de Limoges et, finement – mais si, mais si, finement – il fait allusion à une tout autre destination, la Pologne. En clair, Auschwitz ou Dachau. Ce que la seconde, je veux dire la première dame labellisée CGT, croit aseptiser en évoquant plus sobrement Vichy. Je suppose qu’elle s’est dit : « Oh la la ! Dépêchons-nous d’essayer de cacher notre antisémitisme ». Raté, bien sûr. Elle aurait dû s’y attendre, Desproges ayant prédit que ce ne pouvait être qu’en vain. Il n’empêche, l’envoi de son guignol syndiqué l’aura beaucoup amusée, témoin la figurine riant aux larmes dont elle a illustré son gazouillis. Quant à nous, nous ne retiendrions que les larmes, tant ces gens sont pitoyables. Tant ils charrient de mépris et de haine. Tant, sous couvert de prétendues vertus, ils véhiculent de médiocrité, de bassesse intellectuelle, morale. Et puis, aucun repentir venu de cette personne dans les heures qui ont suivi, du moins à ce que je sache. Au lieu de cela, la cheffe syndiquée a cherché à faire diversion en improvisant un acte militant chimiquement pur : « Total soutien aux journalistes du JDD en grève pour dénoncer la nomination d’un directeur de rédaction proche de Marion Maréchal Le Pen. L’extension de l’empire médiatique de Bolloré est un grave danger pour la démocratie. » Voilà tout ce qu’elle a trouvé à dire, semble-t-il. On notera qu’elle évite de mentionner Éric Zemmour comme proche du directeur pressenti. Il est vrai que venant après la boulette de son cheminot mal embouché, ça aurait fait beaucoup. Trop, sans doute.

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Naïvement, je pensais que le job des syndicalistes consistait à défendre les intérêts des travailleurs. Or, je ne vois pas très bien en quoi intervenir dans le casting d’une rédaction peut améliorer en quoi que ce soit la condition des classes laborieuses. Il faudra qu’on m’éclaire là-dessus.

Si j’avais du goût pour les plaisanteries faciles, je dirais que la madone de la CGT, ce faisant, se goure de ligne. Pas de gare, cette fois, mais de ligne. De même que c’est en vain qu’elle a tenté de cacher l’antisémitisme dont peut faire preuve son syndicat, sa tentative de diversion aura été tout aussi infructueuse. Il en faudrait en effet bien plus pour chasser le remugle des vomissures nauséabondes de son bouffon. Oui, nauséabondes. Ces insultes, ces ricanements insanes puent décidément trop. Alors, tant qu’à faire, qu’on nous rende le pétomane ! Son art pue tout autant, certes. Mais au moins peut-on y rire comme rient les enfants, de bon cœur. C’est-à-dire d’un cœur bon.


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