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Les Républicains en Marche: enfin la grande clarification

LR et LREM, ça sonne presque pareil

Les Républicains en Marche: enfin la grande clarification
Renaud Muselier membre des Républicains (LR) et Président de la région Sud (PACA) pose dans divers lieux de Marseille, 3 avril 2021 © Alain ROBERT/SIPA Numéro de reportage : 01012970_000086

Le paysage politique français est en mutation depuis 2015. La montée en puissance du RN, son ancrage durable dans l’électorat, couplés à l’apparition d’Emmanuel Macron, auront eu raison des clivages anciens et des partis politiques dits « classiques ».


Après avoir assisté en direct à la disparition du PS issu du Congrès d’Épinay, mort écartelé entre son centre et son aile gauche, allons-nous être les témoins de la fin des Républicains eux-mêmes héritiers de la synthèse voulue lors de la création de l’UMP?

Ce qui se produit en ce moment en région PACA est historique pour la vie politique française. Président LR de la région, ayant repris le fauteuil gagné par Christian Estrosi en 2015 contre Marion Maréchal-Le Pen, le Marseillais Renaud Muselier tente le tout pour le tout, probablement effrayé par la candidature de Thierry Mariani soutenue par le Rassemblement national. C’est fait : la liste Muselier composée de membre des Républicains a trouvé un accord direct avec Jean Castex et Emmanuel Macron. Il y aura donc, dès le premier tour, une liste des « Républicains en Marche » en région PACA. De quoi avaliser l’idée voulant qu’Emmanuel Macron ait été, en 2017, l’auteur d’un « 18 Brumaire du centrisme », attirant à lui la majorité des cadres de l’appareil Républicains.

Faire barrage au RN, comme toujours

Il est étonnant que les caciques des Républicains, ou les proches parents comme Xavier Bertrand, feignent être étonnés de ces petits arrangements provençaux entre amis. Étaient-ils absents quand des personnalités comme Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu ou Franck Riester prêtaient allégeance à Emmanuel Macron dans l’espoir – assouvi – d’obtenir de grands ministères ? Que faisaient Christian Jacob, qui a retiré l’investiture LR à Renaud Muselier, quand son parti et lui-même appelaient à voter Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle ? En un sens, les ralliés au macronisme – plus si triomphant que ça – sont les plus cohérents des cadres des Républicains. Ils ont compris que l’échiquier les obligeaient à déplacer leurs pions, à changer de stratégie pour ne pas être broyés entre deux colosses.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire cette déclaration assez comique d’Aurélien Pradié sur Twitter : « En Occitanie, nous montrerons l’exemple. Je l’ai dit depuis le premier jour, je le tiendrai jusqu’au dernier. Aucune alliance opportuniste. Aucune courte-échelle, ni aux macronistes qui ont abîmé la France ni aux énergumènes RN. Le courage est là ». Quel courage ? La position d’Aurélien Pradié est elle aussi purement conjoncturelle. La configuration politique en Occitanie est, en effet, très différente de celle que connaît aujourd’hui PACA. Monsieur Pradié n’a donc aucun intérêt à s’allier avec… Vincent Terrail-Novès, élu LR au Conseil Régional qui mène la liste En Marche. Pas si facile à comprendre. Ajoutez à ça que Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et soutien d’Aurélien Pradié, a salué la décision prise par Renaud Muselier.

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Cette situation en apparence complexe est d’une simplicité biblique pour peu qu’on connaisse, même vaguement, la psyché profonde du politicien moyen. Le choix de Renaud Muselier, pour des candidats opposés au Rassemblement national comme Xavier Bertrand, ou inexistants entre le Rassemblement national et les socialistes comme Aurélien Pradié, est une occasion idéale pour cette droite molle qui n’en a plus que l’appellation du ministère de l’Intérieur de se racheter à peu de frais un peu de consistance vis-à-vis de militants orphelins, qui comprennent enfin que l’état-major parisien des Républicains fait toujours la courte-échelle à Macron et à la gauche quand le Rassemblement national est en position de l’emporter.

La droite ne peut plus mépriser son électorat

Ces gens ont tout à gagner à ce que le « théâtre de l’antifascisme » mis en scène par François Mitterrand perdure. Qu’Emmanuel Macron soit le cyborg des usines World Company pour nous vendre un gloubi-boulga progressiste qui n’est que la continuation du Parti Socialiste d’avant, à peine teinté de quelques postures droitières destinées à appâter le chaland, n’est pas leur problème. Leur objectif est très clair: essayer de conserver un petit pré-carré politique, une place au chaud.

La clarification totale de la vie politique apparue en PACA est une opportunité rare pour que la classe politique soit, enfin, représentative de l’opinion générale du corps électoral. Ne nous y trompons pas, la France fait face à des défis existentiels dont elle pourrait ne jamais se remettre. Nous avons besoin d’un électrochoc salutaire.

Les Républicains se fracturent ? Profitons-en pour faire naître une droite qui n’a pas honte de l’être, nécessairement associée au Rassemblement national. La droite ne peut plus se permettre le luxe de mépriser un tiers de la population française. Une droite qui aura gardé de la droite le goût de notre civilisation, de la rigueur et de l’ordre… sans s’abandonner à l’idéologie globaliste et au mépris social.


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Gabriel Robin est journaliste rédacteur en chef des pages société de L'Incorrect et essayiste ("Le Non Du Peuple", éditions du Cerf 2019). Il a été collaborateur politique

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