La presse s’est récemment réjouie des résultats de la méga-enquête Inserm/ANRS indiquant que les Français font de moins en moins l’amour et rejettent de plus en plus les normes. Moins mais mieux ! assuraient nos journaux.
Dans les sacristies médiatiques, on a sablé le champagne. À en croire les résultats de la méga-enquête Inserm/ANRS sur les sexualités en France – le pluriel étant gage d’ouverture –, la lumière progressiste se répand dans les alcôves. Les Français baisent correct : inclusif, égalitaire, sans tabous, sans culpabilité. Surtout les jeunes, particulièrement les jeunes femmes, pionnières dans l’art très académique de casser les codes, mais vous pouvez aussi trouver un godemiché dans le tiroir de votre grand-mère – en attendant le jour béni où il trônera sur la cheminée, entre une photo de mariage et une gondole en plastique. Cette sexualité privée de normes à profaner dans l’ombre du fantasme est un brin déprimante. La chair sans le péché, c’est moins excitant, enfin j’imagine, j’ai lu ça dans les romans. Dans la nouvelle génération, la mutation anthropologique a eu lieu. Elle veut revenir au paradis perdu, au monde sans mal et sans mâle. Le roman, c’est très dépassé.
Premier constat, relégué dans les coins : les Français font moins l’amour. En 1992, 8 % des hommes
