À rebours d’une Espagne dirigée par les socialistes, la communauté autonome de Madrid a fait le choix de favoriser les libertés économiques : baisse des impôts, privatisations, réductions des dépenses publiques. Cela a permis un fort développement de la région, qui dépasse aujourd’hui la Catalogne. Un modèle pour le reste de l’Espagne ?


 

Le 20 décembre 2019, l’Institut national des Statistiques fait une annonce qui déchire le ciel économique espagnol : la Communauté de Madrid devient, selon les données consolidées de 2018, la première économie régionale du pays, devant la Catalogne.

La nouvelle ne surprend cependant pas les observateurs puisque cela fait des années que la Communauté de Madrid a dépassé en termes de produit intérieur brut par habitant son éternelle rivale. Par ailleurs, sa richesse totale n’a cessé de progresser au cours des dernières décennies. Dans presque tous les compartiments et secteurs, y compris dans ceux qui ont longtemps fait la fierté de la Catalogne (comme l’industrie pharmaceutique), Madrid la surclasse par conséquent.

Je me suis déjà étendu sur les raisons de ce sorpasso, démontant au passage certains mythes tenaces relayés par les secteurs indépendantistes catalans. Il me semble intéressant ici de souligner que cet essor de la Communauté de Madrid s’est accompagné d’un discours idéologique développé par les dirigeants de l’autonomie. Ce récit peut se résumer simplement : c’est grâce à la liberté que les Madrilènes ont pu prospérer.

Cette liberté s’exprime, selon les dirigeants régionaux et municipaux de droite, de deux manières :

  • accueillir les Espagnols et étrangers d’où qu’ils viennent sans leur poser de question sur leur identité ;
  • leur permettre d’entreprendre et de vivre du fruit de leur labeur par une politique libérale.

Ces choix économiques ne relèvent pas du hasard puisqu’ils sont liés à des courants donnés au sein de la droite espagnole et ont été rendus possibles par le fort degré de décentralisation des institutions espagnoles.

Esperanza Aguirre, défenseur du libéralisme

Esperanza Aguirre n’est pas la première présidente de la Communauté de Madrid issue des rangs du Parti populaire. La région est dirigée à partir de sa création, en 1983, par le socialiste Joaquín Leguina et c’est en 1995 que la droite s’empare de la Maison royale du Courrier (siège de la présidence de l’autonomie), en la personne d’Alberto Ruiz-Gallardón. Ce dernier reste en poste jusqu’en 2003, date à laquelle il devient…

>>> Lire la suite sur le site de la revue Conflits <<<

 

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Nicolas Klein est agrégé d'espagnol et ancien élève de l'ENS Lyon. Il est professeur en classes préparatoires. Il est l'auteur de Rupture de ban - L'Espagne face à la crise (Perspectives libres, 2017) et de la traduction d'Al-Andalus: l'invention d'un mythe - La réalité historique ...
Lire la suite