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Entrisme de l’idéologie sur le genre à l’école: ce qu’on sait

Entrisme de l’idéologie sur le genre à l’école: ce qu’on sait
© SOPA Images/SIPA

Non, ce n’est pas une légende! De nombreux exemples relevés par l’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires démontrent que la théorie du genre infiltre l’Éducation nationale. La propagande se répand d’abord là où elle ne devrait pas pouvoir mettre les pieds, à savoir l’école. Il n’est pas certain que le nouveau ministre de l’Éducation que Macron et Borne ont choisi y mette fin.


Dans son excellent article paru dans ces colonnes (“L’éducation nationale aux couleurs arc-en-ciel”), Gabrielle Périer a soulevé la question de savoir comment l’idéologie sur le genre avait pu pénétrer l’école. Elle souligne le rôle de plus en plus grand d’associations militantes invitées par des établissements scolaires pour venir « débattre » sur ces questions, et ce dès l’école primaire. Elle raconte l’étonnement d’une mère d’élève apprenant qu’une professeur de sa fille a distribué le premier jour des cours un papier dans lequel elle demandait à chaque élève de cocher « son » pronom (il, elle ou iel) ainsi que le prénom avec lequel il veut être appelé. Encore rares, il est à craindre que ces situations se multiplient. “L’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires” continue son travail d’information en révélant et en analysant ce qui se passe dans certains INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation) et, conséquemment, dans les écoles du primaire et du secondaire.

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« Sortie de la sexualisation »

Je résume ci-dessous quelques articles très complets de l’Observatoire du décolonialisme sur la formation des professeurs et ses conséquences – ses articles sont libres d’accès, je ne saurais trop conseiller aux parents d’aller y jeter un œil. Bienvenue dans le monde dégenré de l’Éducation nationale :

À l’INSPE de Lille, les futurs enseignants ont eu droit du 7 au 30 mars 2022 à une “programmation Culture & Recherche sur la thématique de la lutte contre les LGBTQIA+phobies”. En plus de représentants institutionnels, des militants d’associations sont venus expliquer aux étudiants comment « aborder la transidentité en classe ». Derrière cette première propagande s’en cache une seconde qui englobe le tout : les « normes sociales » et « l’hégémonie hétérosexuelle » auraient formaté les enfants – il convient donc maintenant de déconstruire les discours “hétéronormés” et de « désapprendre les clichés de genre » afin que ces enfants s’émancipent des normes en question. Interroger la « transition de genre » et comprendre ses conséquences néfastes vous range immédiatement dans la case phobique. Pour remédier à cela, un atelier de “bibliothérapie” invite à « faire un pas vers soi et vers l’autre » et met à la disposition des réfractaires des « livres jeunesse abordant l’homosexualité et la transidentité » – qu’après les avoir lus attentivement ils devront utiliser avec leurs élèves. Comme les futurs professeurs en cours de formation sont un peu neuneus, l’INSPE a fait appel à une… « facilitatrice graphique » chargée de gribouiller des dessins simplistes résumant l’essentiel de la présentation propagandiste sur le genre, l’hégémonie hétérosexuelle et les… « valeurs de la République ». Selon les intervenants, ces « valeurs » seraient mises en relief par une « sortie de la sexualisation » (?)… Enfin, les documents remis aux étudiants envoient vers le réseau Canopé de l’Éducation nationale où, dans la rubrique “Pour une éducation inclusive”, il est demandé aux enseignants de « ne pas mégenrer les élèves transgenres, y compris lorsque l’état civil n’a pas été modifié » (en clair, de les appeler par le prénom et avec le pronom qu’ils se sont choisis) et d’avoir une « approche moins binaire des personnes ». (1)

L’INSPE de Paris-Sorbonne profite d’une situation privilégiée. En effet, nous apprend l’article de E.H. dans L’Observatoire du décolonialisme, l’institut est proche d’une école primaire qui applique expérimentalement ses dernières trouvailles pour (dé)former les très jeunes élèves. Dans chaque classe, une affiche pour les élèves de CP et de CE1 promet de « casser les clichés » et figure un petit monde idéal où le garçon, libéré de sa masculinité toxique, saute à la corde, tandis qu’une fille, soucieuse de viriliser son image, a enfilé des gants de boxe. La parité Blancs/non-Blancs est scrupuleusement respectée. Des peintures des élèves couvrent les murs de la classe, et on aimerait bien savoir comment des enfants de six ans en sont arrivés à écrire tout seuls dans ces dessins saturés de couleurs arc-en-ciel : « Je m’appelle Félix et je porte des robes car je trouve ça joli et confortable » ou « Je m’appelle Martin j’aime joué а la poupée ». Les fautes d’orthographe garantissent l’authenticité de l’œuvre. Comme l’auteur de l’article, nous n’osons imaginer les terrifiantes « séquences pédagogiques » qui ont pu amener ces très jeunes enfants à se poser des questions sur leur genre et à les retranscrire dans ces délicieux tableaux – et qui relèveraient de la plus sinistre manipulation idéologique à destination des individus les plus influençables et les plus fragiles.

Des élèves invités à remplir des questionnaires à ne pas montrer aux parents

On s’étonnera à peine, après avoir lu de quelle façon sont formés les futurs professeurs, d’apprendre que la direction d’un collège Condorcet a invité “le Mag+”, association déjà connue pour ses événements « LGBT racisés en non-mixité », à venir disserter devant les élèves de 4ème et de 3ème sur « l’inclusion ». Ces élèves ont été sommés de venir écouter la bonne parole sans que les parents aient été tenus au courant de l’objet exact de cet événement. Sur deux semaines, ce sont 28 heures de cours qui ont été supprimées pour laisser la place à ces « débats ». Les élèves devaient remplir deux questionnaires qu’il leur était interdit de conserver. Et pour cause : le premier demandait à chaque élève de dire ce qu’il est : une fille, un garçon, un non-binaire, un autre genre ou “en questionnement” ; puis de cocher les termes dont il connaît la signification parmi une liste écrite en écriture inclusive contenant les mots lesbienne, transgenre, cisgenre, asexuel.le, hétérosexuel.le, etc. Le deuxième questionnaire, à remplir après le bourrage de crâne, demandait à l’élève s’il a bien compris « la différence entre sexe, identité de genre et orientation sexuelle » ; quels thèmes l’ont le plus intéressé (LGBTphobies, transidentité et non-binarité, religion (sic), etc.) ; quel impact cette intervention a eu sur lui (“J’aimerai m’investir pour l’une des causes”, “J’aimerai découvrir des associations” ou “Je vais l’oublier, ça ne m’intéresse pas”, etc.).

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On imagine les ravages de cette propagande à peine camouflée sur des élèves qui n’ont pas la maturité pour en déceler les enjeux. Le mimétisme adolescent aidant, les filles en particulier semblent atteintes par le mal transgenre. Plus actives sur les réseaux sociaux que leurs homologues masculins, influencées par les messages répétitifs et « anticonformistes », sensibles aux mots d’ordre des plus actifs militants trans (surtout s’il s’agit de « célébrités »), c’est souvent à plusieurs et en même temps qu’elles décident de changer de genre. Le processus du phénomène fait penser à celui des sectes : approche, séduction jusqu’à obtenir l’adhésion, puis sentiment d’appartenance à un groupe réservé aux « initiés », enfermement dans ce groupe, rupture avec la famille ou les amis qui critiquent ces changements, etc. Il est d’ores et déjà admis par des psys et des médecins que ce « phénomène transgenre » a eu et aura des conséquences dramatiques, psychiques voire physiques, sur des enfants qui, devenus adultes, voueront aux gémonies leurs aînés pour les avoir laissé faire n’importe quoi.

Si même Blanquer n’est pas parvenu à mettre le holà…

Le plus regrettable est que le ministère de l’Éducation nationale ait laissé cette idéologie s’installer dans la place et des associations lobbyistes prendre pied dans les formations des futurs professeurs. Les modules sur le genre ou la transidentité sous prétexte de lutte contre l’homophobie ou la transphobie s’y multiplient et diminuent d’autant le temps de formation nécessaire à l’apprentissage sur la transmission des savoirs. Les futurs professeurs ne sont pas seulement sensibilisés à la lutte contre l’homophobie, il leur est implicitement demandé de faire la promotion de la « fluidité de genre » et de remettre en question « l’hégémonie hétérosexuelle » et les « normes sociales » – en clair, de se soumettre à l’agenda de minorités voulant « déconstruire » tout ce qui constitue notre patrimoine anthropologique.

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Voilà un sujet sur lequel notre nouveau ministre de l’Éducation nationale devrait se pencher. En plus de l’interdiction de l’écriture inclusive, il serait souhaitable d’interdire aux associations idéologiques l’accès aux INSPE et à tous les établissements scolaires. Cela demandera du courage : de puissants lobbys et des syndicats de gauche toujours prêts à courber l’échine devant les mouvements rebellocrates – surtout si ceux-ci se targuent d’être « progressistes » – ne se laisseront pas bousculer facilement. Soit par pure idéologie, soit par paresse intellectuelle, chacun a d’excellentes raisons d’espérer que l’école ne remplisse pas sa mission première – transmettre des savoirs et permettre l’émergence d’individus intelligents et rationnels – et d’accepter qu’elle devienne une garderie dans laquelle sera distillée la propagande simpliste mais dévastatrice des thèses progressisto-wokistes. Il revient aux parents d’être attentifs à ce qui se passe dans l’école de leurs enfants sous couvert de « tolérance » et de « défense des minorités » – ils s’apercevront que le plus souvent il ne s’agit de rien d’autre que de propagandes « déconstructivistes » et, s’informant plus avant, ils mesureront les désastres prévisibles pour la société en général et pour leurs enfants en particulier, rendus fous par ces multiples manipulations. Il est grand temps que chacun s’en mêle et prenne ses responsabilités.


(1) Le Figaro a révélé le 4 avril 2022 que, lors d’un test d’anglais destiné à tous les élèves de 3ème, ceux-ci étaient invités à indiquer leur sexe : masculin, féminin ou… « autre » ! Heureusement, des parents attentifs soutenus par l’association “Juristes pour l’enfance” ont fait annuler l’option « autre » de ce formulaire et le ministère a reconnu une « erreur ». Mais était-ce réellement une « erreur », ou une nouvelle tentative d’accréditer les théories qui remettent en cause la binarité sexuelle à l’école ?


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Amateur de livres et de musique. Auteur de Lettre sur les chauves (éditions Ovadia, juin 2021) et de Les Gobeurs (éditions Ovadia, juin 2021).

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