À l’image du libéralisme, le progressisme a lui aussi ses « ultras ». Animés d’intentions louables en apparence, ils cachent mal leurs passions tristes: hypocrisie, vengeance, ingratitude, racisme, antisémitisme, bêtise crasse et mauvaise foi.
La mutation du concept de progrès en idéologie progressiste portait déjà en elle le ver du fanatisme. Non, toute nouveauté ne peut être sanctifiée, ni tout ce qui est ancien, bon à jeter aux orties ou à « déconstruire ». Il en va aujourd’hui du progressisme comme du libéralisme économique : parfois, trop, c’est trop. Obliger ainsi EDF à vendre à perte son électricité à des « concurrents » qui ne produisaient rien relevait du dogmatisme. Cet ultralibéralisme a désormais son pendant sociétal : l’ultraprogressisme. Ses sectateurs hurlent à l’énoncé suivant – « Tous les musulmans ne sont pas terroristes ; mais tous les terroristes sont musulmans » – mais applaudissent, émus, à cette affirmation : « Tous les violeurs sont des hommes donc tous les hommes sont des violeurs potentiels. » Les mêmes se battent contre l’expulsion de terroristes présumés, au nom d’un État de droit détourné de son objet. Défendre un seul individu, quitte à sacrifier l’intérêt de millions d’autres, constitue l’essence fanatique de l’ultraprogressisme – à l’instar « du monde rempli d’idées chrétiennes devenues folles »
