Entre Google, Amazon et les autres, le commerce en ligne se jouera bientôt dans le ciel. Avec la bénédiction de l’administration Trump. 


Pendant que la France en marche fait de la promotion des « mobilités douces » l’une des priorités de sa politique de transports – lançant notamment un hardi « plan national vélo » –, la FAA (Federal Aviation Administration) américaine annonce autoriser dix programmes-tests de livraison par drones. Après quelques années d’atermoiements, les autorités outre-Atlantique s’apprêtent ainsi à franchir le Rubicon technologique d’une nouvelle forme d’exploitation de leur espace aérien civil.

Amazon air is born

Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, avait prophétisé dès 2013 la conquête des cieux par des drones de livraison avant la fin de cette décennie. Fort de multiples essais en conditions réelles concluants, le nouveau service de la marque, baptisé Amazon Air, semblerait avoir atteint un niveau de maturité suffisant pour en permettre un déploiement commercial prochain sur le sol américain. Le géant de la distribution en ligne a en outre rejoint un consortium d’entreprises réunies dans l’optique d’établir un réseau aérien privé et autonome de contrôle et de régulation ; parmi les groupes participant à ce projet, on compte notamment son concurrent et allié de circonstance Google (dans le cadre du Projet Wing de sa maison-mère Alphabet), les industriels General Electric et Boeing, et la NASA dans un rôle de conseil et de supervision.

Quand l’administration Trump décolle

De l’avis général, un vent libéral nouveau souffle depuis plusieurs mois sur le Département des Transports américain, ce dernier n’étant autre que l’autorité de tutelle de la FAA. En plus de représenter une opportunité nouvelle de développement économique pour l’administration Trump, la technologie du drone civil apporterait une solution au problème de la « logistique du dernier kilomètre », qui constitue aujourd’hui l’un des freins principaux à la démocratisation totale du commerce en ligne.

Mais l’acceptation sociétale d’une telle mutation n’est pas chose acquise. Cohabiter paisiblement avec des nuées électroniques bourdonnantes à basse altitude exigera de la part de chacun des compromis inédits en matière de sécurité, de respect de la vie privée et d’esthétique. Notre désir d’immédiateté est probablement à ce prix.

Lire la suite