Dans un monde parallèle, l’inconscience des personnes âgées nous conduirait à une catastrophe sanitaire. Une nouvelle (au second degré) de Jérôme Leroy. Toute coïncidence avec l’actualité…


Depuis qu’il est devenu clair, pour autant qu’on puisse se fier aux dernières études des scientifiques, que le virus de la Covid 23 s’attaquait sous des formes graves en priorité aux moins de cinquante ans et que plus on avançait en âge, plus on avait une proportion importante d’asymptomatiques, nous assistons dans ce pays à une véritable cascade d’incivilités de la part de nos séniors. Et encore, incivilité fait-il partie de ce glossaire de la bien-pensance pour décrire ce qui est un véritable ensauvagement.

Salauds de vieux !

Les baby-boomers, non-contents d’avoir profité outrageusement des Trente Glorieuses, d’avoir vu leur pouvoir d’achat augmenter tout au long de leur carrière professionnelle, d’avoir pris leur retraite à taux plein à 55 ou 60 ans, de ne pas avoir connu l’angoisse du chômage, d’avoir accédé aisément à la propriété, d’avoir bénéficié des meilleures mutuelles, d’avoir trusté les places dans la presse, le cinéma, la politique, les conseils d’administrations pour ne surtout pas lâcher l’affaire et laisser la place à des jeunots de 45 ans;  non­-contents  d’avoir connu la révolution sexuelle sans le Sida, les côtes de bœufs maturées sans le regard noir des véganes, l’art sans la police intersectionnelle, les baby-boomers, donc, refusent de porter le masque ou alors en rechignant.

Qui n’a pas vu, dans le train, des vieillards ricanant retirer leur masque une fois le contrôleur passé ? Qui n’a pas subi avec angoisse ces joggers aux cheveux blancs, le regard méprisant, forçant la jeune mère de famille avec poussette à changer de trottoir en catastrophe ? Qui n’a pas vu, dans les parcs ces adolescents masqués obligés de ranger promptement leurs iPhone et de décamper alors que venaient s’installer volontairement près d’eux, un groupe de septuagénaires fumant ostensiblement des joints et  expirant la fumée vers eux en écoutant Sympathy for The Devil sur un ghetto blaster ?

C’est pourtant le seul effort qu’on leur demande, outre la CSG sur leurs retraites somptuaires : protéger les jeunes en évitant de leur postillonner au visage à tout bout de champ. Les amendes de 135 euros ne semblent rien y faire. C’est vrai qu’ils ont les moyens.

Un psychanalyste explique : « C’est un âge où l’on n’a pas la vie devant soi. La perception d’une mort prochaine désire faire de chaque instant un moment de bonheur. »

Finir en réa

Nous avons juste ici colligé quelques faits divers au milieu d’une multitude inquiétante. Le Dauphiné Libéré indique que Madame B de Grenoble, 76 ans, a mis gravement en danger ses deux petites filles, Prune et Térébenthine, 7 et 9 ans, qui lui avaient été confiés par les parents. Malgré les recommandations du père : « Tu ne retires surtout pas ton masque, maman », d’après les témoignages de Prune et Térébenthine, Madame B l’a retiré  en disant « Je supporte pas ce truc-là, mes chéries. Vous ne direz rien à vos parents, hein. De toute façon, si vous avez peur, montez jouer dans votre chambre et tant pis pour les crêpes. En plus, pour tout vous dire, j’attends trois copines pour un bridge et si vous croyez qu’on va jouer avec un masque, vous vous mettez le doigt dans l’œil. Je vais pas me laisser emmerder par des petites pisseuses. » Et alors que Prune, l’aînée, tentait d’expliquer à sa grand-mère qu’il y avait des cas graves même chez les personnes de son âge, Madame B a ri en disant : « Ouais, 3% maximum, tandis que pour vous deux, c’est deux chances sur trois de finir en réa. »

Madame B n’est hélas pas un cas isolé, une Tatie Danielle particulièrement gratinée. On signale ainsi, dans une dizaine d’Ehpads à travers la France, des cas de personnes âgées retirant leur masque lors de la visite de leurs proches et leur crachant au visage, comme l’a fait Monsieur F. d’Orléans, 93 ans qui aurait dit  à ses enfants : « Vous venez me voir deux fois par an, alors je vais vous laisser un souvenir. »

Que fait la police ?

Le syndicat Alliance s’avoue débordé. Un de ses représentants, sous couvert de l’anonymat, reconnaît que ses collègues se refusent à aller dans certains marchés bios pour contrôler le port du masque chez les anciens qui déambulent dans les allées avec un grand sourire aux milieux de jeunes urbains en quête d’une nourriture responsable. L’un de ces délinquants aux cheveux d’argent aurait déclaré au policier : « Tu veux que je les sente comment, les pêches ? Allez, bouge ! »

Le même représentant d’Alliance à également confié : « Les excès de vitesse sont en nette recrudescence et 95% d’ente eux sont dû à des plus de 65 ans dont certains se livrent à de véritables rodéos. »

Les appels au civisme, y compris du plus haut niveau de l’Etat, restent lettre morte. Au point qu’un virologue a proposé de laisser se contaminer les vieux entre eux. Mais ses collègues lui ont objecté que même dans ce cas, l’immunité collective ne serait pas atteinte et qu’on ne pouvait pas prendre le risque de voir les hôpitaux submergés par des centaines de milliers de personnes représentant les forces vives de l’économie.

« Le Nihilisme vieux » titrait récemment un éditorial du Figaro.  On ne saurait mieux dire.

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