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C’est gratuit, c’est l’État qui paie

Quand la "justice sociale" ruine la France

C’est gratuit, c’est l’État qui paie
Le Ministre délégué chargé des Comptes publics Olivier Dussopt (an centre), entouré de Sibeth Ndiaye et Richard Ferrand, Avignon, 3 octobre 2021 © Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage : 01041336_000015

La prochaine campagne électorale va continuer d’entretenir un dangereux mirage.


Depuis que très sincèrement, François Hollande répondait cela à une participante lors d’un débat télévisé, la France entière l’a cru sur parole. C’est gratuit, c’est l’État qui paie et quand il n’y a plus d’argent, il y en a encore…

La perception française du concept de la gratuité est devenue un boulet pour notre économie et indirectement le socle de toutes les révoltes, de toutes les incompréhensions ; le « toujours plus » entretient l’ignorance des règles économiques élémentaires que la période électorale rend inéluctable. Les candidats de tous bords ont une règle : promettre de distribuer pour être aimés et choisis. Redistribuer c’est encore mieux : un principe de justice pour justifier les impôts et le grand principe égalitariste mais spoliateur.

Nos entreprises étouffées

On promet aux entreprises des fonds crées par l’État, des subventions, des aides… bref tout ce qu’il ne faut pas faire. Messieurs les candidats, les entreprises vous disent « non merci ! » ; la seule chose qu’elles attendent, c’est que l’on cesse de les prélever, que l’on baisse leurs charges sans immédiatement créer indirectement un prélèvement compensatoire.

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Quand va-t-on accepter de dire aux Français que l’argent de l’État n’existe pas ? Ces cadeaux que l’on nous fait, ces remboursements, ces subventions proviennent exclusivement du fruit de notre travail, d’une façon ou d’une autre. Tout ce dont vous bénéficiez « gratuitement », vous l’avez payé et cher. Non, l’État n’a pas d’argent, il a juste la possibilité de s’endetter pour des années ; non l’État ne produit ni ne crée aucune richesse. Les services publics que les candidats nous vendent ou nous « offrent » sont déficitaires. Que vendent-ils que les entreprises ne pourraient produire souvent mieux et à de meilleures conditions ?

S’il n’existe pas la conscience et la conviction qu’à chaque fois que l’État dégaine son chéquier, nous devrons mettre la main à la poche un jour ou l’autre pour rembourser, nous continuerons d’entretenir un mirage.

L’abus de prestations sociales nuit gravement à la santé

Tout ce qui est gratuit n’a pas de valeur et c’est ainsi que nous consommons à outrance de la pharmacie par exemple ; le « qu’est-ce que je vous mets » du médecin qui rédige l’ordonnance est proprement scandaleux ; sortir une simple carte vitale à la pharmacie sans savoir pour combien on a acheté de médicaments est dangereux et pour l’équilibre de la sécurité sociale… et pour notre santé ! Nous battons tous les records de consommation de médicaments. En sortant de l’hôpital, chaque patient devrait se voir remettre une note faisant le total de ce qu’il a coûté, surtout s’il n’a rien eu à payer ! L’absence de conscience de cette prise en charge financière, avec le refus de responsabiliser chacun d’entre nous, est un des défauts majeurs d’une politique de panier percé qui rend le pays ingérable.

C’est une question d’éthique démocratique maintenant que d’arrêter d’acheter des voix à coup de promesses en milliards. La gratuité est financée dans les discours électoraux à coup de mesures menaces (« il faut faire payer les riches », « il faut prendre l’argent là où il est », « taxer les multinationales »), où le CAC 40 est l’objet de toutes les haines de l’extrême gauche et maintenant de l’extrême droite ! Un progrès cependant : la PME n’est plus dans la ligne de mire.

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Il faut revoir complètement les contours de la protection sociale, arrêter les usines à gaz nationales au coût incalculable supposées être au service de la collectivité, arrêter de distribuer des primes à tout va, que ce soit pour le prix de l’énergie ou des cantines scolaires…

Redéfinir les missions de l’Etat

Les économies de l’État ? Quoi supprimer ? pour qui ? que faire ? Ils ne savent pas ! Et à cette interrogation une seule réponse en préalable et une seule décision présidentielle à prendre : définir une fois pour toutes quelles sont les missions régaliennes de l’État. Quand on saura ce que doit vraiment financer l’État, et ce que l’on peut confier au privé (avec cahiers des charges bien sûr et contrôles), on pourra faire les économies qui s’imposent pour financer la sécurité, l’armée, la justice (autrement), la santé, à son vrai prix etc. Et renforcer les fonctionnaires dans des missions stratégiques utiles en supprimant bien sûr le statut de la fonction publique offert à tous, du jardinier de la préfecture à la secrétaire administrative sans spécificité.

Pas un candidat qui se soit exprimé clairement sur ce sujet : c’est présumé libéral. Et dans notre pays il vaut mieux être d’extrême droite que libéral ! Car être libéral c’est faire confiance à la responsabilité de chacun, à la concurrence, à l’éthique, et en un mot à la nation. Être extrémiste, actuellement, c’est renforcer le pouvoir de l’État dans un unique objectif monopolistique pour décider seul, pour notre bien évidemment et cela fait 20 ans que l’on voit le résultat de cette concentration du pouvoir quand il n’a pas lieu d’être.

Allez ! encore un effort chers candidats, lequel osera vraiment parler de limiter les missions régaliennes et de la vraie réforme de l’administration sur cette base ? « La folie c’est de faire toujours la même chose en s’attendant à de résultats différents. » Einstein

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Chef d'entreprise, présidente du mouvement ETHIC.

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