Dans un entretien au Figaro, le directeur du Centre des études arabes et orientales se montre peu optimiste.


Auteur du best-seller Les Territoires conquis de l’islamisme, Bernard Rougier a livré lundi au Figaro une interview assez peu réjouissante.

Évoquant des communes telles qu’Aubervilliers, Roubaix, Champigny ou Sevran, il y décrit un « écosystème salafiste » dont la mosquée, mais aussi le marché, la librairie islamique, la sandwicherie hallal ou même… le collège (!) constituent les principaux points de diffusion idéologique. Quant au club de foot, « la présence des non-musulmans n’ [y] est pas souhaitable » !

Un système qui, nous dit Rougier, « inculque un recodage religieux de la réalité sociale et institutionnelle et dénonce l’islamophobie présumée de la société française ». Il souligne aussi les collusions entre salafistes et « maires de gauche comme de droite » qui n’hésitent pas à confier des responsabilités municipales à des membres d’associations ouvertement antirépublicaines.

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Sans oublier le soutien d’une partie de la gauche, de l’extrême-gauche et de l’impayable mouvance « décoloniale » ! Incontestablement, l’œuvre de rupture de la société entreprise par les salafistes ne manque pas de complices non-musulmans, y compris dans le monde universitaire où « l’islamo-gauchisme est très puissant ». Face à ce constat, Bernard Rougier préconise d’une part un volet répressif (sanctions accrues contre les propos antirépublicains, renforcement du renseignement territorial) et d’autre part un volet préventif, avec « de nouvelles formes de sociabilité » et « l’encouragement de discours pour ringardiser les islamistes ».

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Mais comment développer la sociabilité et la mixité dans des quartiers dont, déjà, certains habitants « déménagent pour échapper à la pression islamiste » ?

Comment tenir un discours anti-salafiste – fût-ce sous forme de sketches humoristiques ou de caricatures – quand la Justice est si prompte à y voir « racisme » ou « incitation à la haine » ? Difficile…

Mais ce n’est qu’en répondant à ces questions que nous pourrons éviter ce « séparatisme » récemment découvert par M. Macron.

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